III. — LA MACHINE A CORROIVIPRE
Les créatetirs de la Franc-Maçonnerie, voulant fonder une société dont le but devait rester ignoré, bien qu'elle se manifestât elle-même, devaient constituer en elle un organisme dissimulateur du but qu'ils voulaient atteindre, et dissimulateur à ce point que la mise en mouvement de cet organisme produisît, pour ainsi dire, automatiquement, des apparences contraires aux réalités, c'est-à-dire des mensonges. S'ils n'avaient pas réussi à faire cela, la Franc-Maçonnerie n'aiurait pu atteindre la fin qu'elle s'était proposée, elle n'eût pas vécu.
Cet organisme, construit tout exprès pour créer l'illusion et, grâce à cette illusion, produire l'effet voulu, M. Copin-Albancelli, esprit observateur, qui sait voir et qui pénètre jusqu'à l'inlérieur des choses qui se présentent à ses yeux, en a percé le mystère. Il a démonté le mécanisme et il en expose toutes les pièces sous nos yeux!
Il a trouvé tout d'abord que la Franc-Maçonnerie a une double organisation, l'une visible, l'autre occulte, celle-là servant à dissimuler celle-ci. L'orga-
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nisation visible divise la Franc-Maçonnerie (universelle en grands gro^upements qui s'appellent ici fédérations, là, Grandes Loges ou Souverains Conseils. Le groupement le plus important et le plus connu qu'il y ait en France est le Grand-Orient de France. Ce sont des entités administratives, indépendantes. Ces grands groupements se subdivisent en groupements infiniment plus petits, qu'on appelle ateliers ou loges. Une loge est dirigée par ses officiers, c'està-dire par le Vénérable, le Premier et le Second Surveillant, l'Orateur et le Secré'.aire. On les appelle les Cinq Lumières. Ces officiers sont élus par les membres de la loge, chaque année, au mois de décembre, et pour un an seulement. Ils sont toujours rééligibles. Notons en passant qu'ils n'ont d'autorité comme officiers que dans leur loge. Partout ailleurs, ils sont obligés d'obéir aux officiers des ateliers dans lesquels ils pénètrent au simple titre de visiteurs, tout comme la foule des autres maçons.
Le Grand-Orient de France compte actuellement un peu plus de vingt mille adhérents, répartis entre quatre cents ateliers environ de cinquante membres en moyenne.
C'est aussi par l'élection qu'est constituée l'autorité administrative de la fédération entière. Tous les ans, au mois de décembre, chaque atelier nomme un délégué au convent qui se réunira à Paris au mois de septembre suivant. Le convent nomme un conseil de trente-trois membres qui est pour ainsi dire le .comité exécutif de la fédération du Grand- Orient. De plus, il examine les questions qui sont de l'intérêt général de la fédération. Parfois, il entre en rapports avec les fédérations ou puissances maçonniques étrangères. Enfin, il s'occupe, et avec plus d'ardeur qu'à tout le reste, des questions actuelles d'ordre politique et religieux.
Le Grand-Orient est administré par un Conseil de l'ordre. Ce Conseil de l'Ordre est la plus haute autorité administrative de la Franc-Maçonnerie française, dans laquelle il n'existe plus de Grand Maître.
Telle est l'organisation de la Maçonnerie, comme elle se présente à la masse de ses adhérents et au public.
Mais il y a chez elle un autre organisme moins connu^ celui des grades. Lorsqu'un profane est soumis à l'initiation, il reçoit, en même temps que la lumière, le grade d'apprenti. Après quelques mois, il peut, s'il est exact aux réunions, être admis au grade de compagnon; puis, après un autre délai également assez court, à celui de maître. Mais ce n'est pas par l'élection qu'il est nommé à ces différents grades. Ce n'est plus d'en bas, comme dans la hiérarchie administrative, qu'il reçoit la poussée; il est attiré d'en haut. Ce sont ses supérieurs en grade qui l'appellent à eux, s'ils le jugent digne.
Il faut ici faire cette remarque importante que le grade confère à celui qui le reçoit des prérogatives toujours existantes, dans quelque lieu maçonnique qu'il se trouve. Je veux dire que, tandis qu'un Orateur, un Premier Surveillant ou un Vénérable n*exercent les fonctions d'Orateur, de Premier' Surveillant ou de Vénérable que dans leur loge, un compagnon a le grade de compagnon partout; un Maître jouit également partout des prérogatives de la Maîtrise qu'il a reçue.
Presque tous les francs-maçons arrivent au grade de Maître et y arrivent rapidement. Le franc-maçon Maître est reconnu franc-maçon parfait.
Au-dessus de la maîtrise, il y a les hauts-grades,
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dont un cei-tain nombre de Maîtres ne connaissent même pas l'existence.
Comment y arrive-ton? Toujours par sélection.
Les Haut-gradés ont à eux des ateliers autres que les loges, et portant le nom de chapitres, conseils,aéropages. Mais ils n'en continuent pas moins à fréq;uenter les loges. Ils y sont même particulièrement obligés par les règlements. Lorsqu'ils y rencontrent tin Maître qiii leur paraît offrir les conditions requises, et qui a les trois ans de grade nécessaires, ils l'interrogent pnidemment et, s'ils croient pouvcir compter sur son acceptation, ils lui proposent de lui servir de parrain dans un atelier supérieur, dont les membres auront d'ailleurs à voter sur son admission. C'est ainsi que le principe de sélection exerce en Franc-Maçonnerie tin rôle considérable sans que s'en doutent les maçons de grade inférieur qui sont constamment observés, mais à leur insu. C'est ainsi que le principe d'élection n'est qu'une apparence mensongère. En réalité, c'est bien sur le principe de sélection qu'est constituée la véritable et secrète autorité maçonnique.
Les grades d'apprenti, de compagnon et de maître forment la base de la Maçonnerie. Sur cette base s'élèvent donc nombre de degrés. Ils ont été trentetrois au Grand-Orient; huit seulement sont actuellement en usage. Les plus connus sont le Rose-Croix (18« degré), le Kadosch (30® degré).
On peut donc se représenter la Franc-Maçonnerie sous la forme d'une pyramide dont les différentes assises vont en se rétrécissant de la base au sommet, car plus les grades sont élevés, plus est restreint le nombre de ceux qui en sont pourvus.
La société des apprentis, qui est au-dessous de toutes les autres, est non seulement dominée, mais pénétrée par toutes. Les grades supérieurs peuvent s'introduire chez eux comme il leur plaît, et même les apprentis ne peuvent se réunir qu'en la compagnie d'un maître qui les surveille, les inspire, leur apporte les suggestions que lui-même a reçues de plus haut.
Au second éta^e se trouvent les compagnons. A leur initiation à ce grade, on leur a fait prononcer de nouveaux serments, on les a menacés de la malédiction des maîtres s'ils révèlent n.on seulement aux profanes, mais aux apprentis, ce qui est particulier au grade de compagnon. Ce grade constitue donc iine société secrète superposée à la première.
Arrivé au second étage, le compagnon continue à être ohservé par les maîtres et les haut gradés sans qu'il puisse s'en douter, et, lorsqu'il en est jugé digne, il est appelé à devenir maître.
Apprentis, compagnons, maîtres consti!uent la maçonnerie inférieure, appelée maçonnerie bleue qui se réunit dans les Loges.
Au-dessus de ces Loges, les ateliers supérieurs, forment une maçonnerie superposée, également à divers étages, plus ou moins nombreux selon les rites, les temps et les nécessités du moment.
Le livre si curieux du Philalèthe (pseudonyme d'Anderson) the Long livers, dédié en 1720 aux grand ^naître, maîtres et gardiens et frères des Loges de Londres, indique fort bien dans sa préface que déjà il existait au-dessus des trois grades traditionnels (Apprenti, Compagnon et Maître) emp tintés aux free-
L'Église et le Temple. 28
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masons, une illumination et une hiérarchiz dont il ne révèle 'pas la nature (1).
Quels avantages l'autorité supérieure retire-t-elle de cette organisation? Le voici.
Un 'maçon du premier degré, un apprenti, a le droit de savoir tout ce que savent tous les autres apprentis. Il peut aller dans tous les autres ateliers où on travaille au grade d'apprenti, mais non dans aucun des ateliers où on travaille d'un grade supérieur au sien.
De même d'un maçon du second degré ou compagnon, de même encore, du maçon arrivé au grade de maître, 3^ degré. Il sait tout ce qui se. passe dans
1. La Franc-Maçonnerie n'est pas seulement, par sa constitution même, un organisme dissimilateur de ce qu'elle est, de ce qu'edle fait, de ce qu'elle poarsuit; elle a, de plus, construit une immense machine, montée pour projeter constamment à travers le monde entier toutes sortes de mensonges.
Cette machine, c'est l'ensemble des grandes Agences juives et des journaux d'informations qui portent partout les échos des nouvelles qu'elle leur dicte.
Toujours la première annonce des faits arrive aux lecteurs du monde entier présentés de façon à les prévenir, à former en eux des préjugés contre le vrai, contre le juste et le légitime, contre le bien. C'est dans les ghettos et dans les arrière-loges que cette manipulation est faite, et la nouvelle ainsi travestie s'impose même aux journaux à pavillon catholique, grâce au monopole de la juiverie.
Il en va des réputations comme des nouvelles. Par la presse, la Franc-Maçonnerie porte au pinacle les hommes les moins dignes d'estime en tout ordre de choses. Léon Gambetta est un des plus illustres exemples de la réputation mondiale que la secte parvient à donner aux siens. Son nom est inscrit dans les rues, sur les places de toutes nos villes, si petites qu'elles soient; son effigie est partout. Pour le plus grand nombre, il est grand patriote, grand politique, grand orateur, sauveur de la patrie, père de la démocratie. Inutile de dire ce qu'il fut en réalité, les lecteurs de ces pages sont assez instruits de l'histoire contemporaine pour ne point l'ignorer.
les ateliers où on travaille au grade d'apprenti, et dans ceux où on travaille au grade de compagnon, paisqu'avant d'être maître, il a fallu nécessairement qu'il commence par être apprenti d'abord et compagnon ensuite. Il a le droit d'aller dans tous les ateliers où on travaille aux grades d'apprenti et de compagnon. Il a même le devoir âJaller dans le 'plus grand nombre possible, afin d'entraîner les apprentis et les compagnons dans la voie où il est en avance sur eux d'un ou de deux degrés. Mais il ne sait absolument rien de ce qui se dit et se fait dans aucun des ateliers où on travaille à un grade supérieur au sien.
Le devoir imposé aux grades supéri^rs de fréquenter les ateliers où on travaille aux grades inférieurs, pour y porter les inspirations qu'ils reçoivent eux-mêmes, est considéré comme essentiel, indispensable à la transmission des dites inspirations.
Chaque maçon ignore donc absolument tout ce qui se dit et se fait dans les a'eliers supérieurs à ceux de son grade, car l'entrée d3 ces ateliers lui est rigoureusement interdite. De sorte que, de même que son grade est une société véritablement secrète pour les gradés inférieurs, les grades supérieurs au sien constituent des sociétés véritablement secrètes pour lui.
On comprend comment ceux qui composent le groupe supérieur, quel qu'il soit, et quels qu'ils soient eux-mêmes, peuvent faire circuler leurs volontés dans toute la pyramide des ateliers maçonniques. Lorsqu'ils ont élaboré ensemble un projet, lorsqu'ils ont pris une résolution, s'ils constatent que tel état d'esprit régnant dans la nation et se faisant sentir dans la Maçonnerie s'opposerait à la réalisation de leur projet, ils décident qu'ils vont s'attaquer à cet état
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d'esprit dans les groupes qui sont au-dessous d'eux, et ils le font avec toutes les chances de réussite, parce que leur groupe étant ignoré, leur entente l'est aussi.
On comprend aussi que les documents qui émanent des groupements supérieurs, tels que ceux saisis à Munich et à Rome, si peu nombreux qu'ils soient, doivent nous être d'une incontestable utilité pour l'étude profonde de la Maçonnerie, pour la connaissance de la voie dans laquelle elle est poussée et de la méthode qu'elle emploie.
0.1 co.nprenl enfin que celui ou ceux qai se trouvent au sommet de la pyramide, la tiennent tout entière. Par eux et vers eux se fait l'ascension; d'eux descendent les influences et les suggestions.
Il faut ajouter que la Maçonnerie dite des hauts grades a elle-même au-dessous d'elle, une Maçonnerie supérieure internationale; de sorte qu'elle n'est elle-même, en dépit de son titre, qu'une Maçonnerie subalterne. Elle sert de canal de transmission aux Loges des volontés supérieures et d'organisme de triage agissant sur les membres assemblés dans les Loges; mais au point de vue de l'ensemble de la secte qui couvre le monde de ses filets, elle est un li-eu de dépôt par lequel il faut passer « avant d'arriver à lun autre monde secret » dont elle n'est que « l'antichambre assez mal éclairée ». Ce sont les expressions de Piccolo-Tigre (1).
1. M. Copin-Albanceili a dit comment il fut amené à connaître l'existence des loges ténébreuses.
« J'avais remarqué, dit-il, l'influence extraordinaire de certains membres des loges où je fréquentais.
Ce fut un de ces personnages qui me fit signe un beau jour.
— Voulez-vous, me dit-il, venir chez moi, j'ai à vous parler? ' ' '>^^
Car, il est nécessaire de le savoir, la Franc-Maçonnerie française n'est pas seule constituée sur le type que nous venons de décrire trop brièvement. Dans tous les pays se trouve une organisation semblable et au-dessus de toutes ces organisations nationales, doit se trouver, se trouve une organisation
Et il me fixa un rendez-vous. J'acceptai et je m'y rendis.
L'entrevue prit tout d'abord une tournure que je n'avais pas prévue.
— Donnez-mci, dit mon interlocuteur, votre parole d'honneur d'homme, que rien de ce qui vous sera confié ici ne transpirera au dehors.
Je donnai ma parole d'honneur. Si je parais la violer, aujourd'hui, c'est qu'au fond de ma conscience j'ai décidé une fois pour toutes que l'intérêt supérieur de mon pays passait avant ces paroles d'honneur-là.
— Que pensez-vous de la franc-maçonnerie? me demanda brusquement mon interlocuteur.
— C'est, dis-je, une bien grosse question pour qu'on y réponde aussi vite.
— Eh bien! alors, me dit-on, avec un sourire, que pensez-vous de son œuvre?
Et sans me laisser le temps de répondre, mon interlocuteur continua.
— La franc-maçonnerie, vous l'avez jugée, n'est, à part quelques exceptions, quelques rares exceptions, qu'un ramassis d'imbéciles, de marchands de vins et de « sous-marchands de vins », au nombre d'environ 25.000. Car nous ne dépassons pas ce chiffre. Vous le savez fort bien. Et pourtant, ces 25.000 médiocrités, ces 25.000 imbécillités tiennent la France. Voilà leur oeuvre. Vous la connaissez également. — Comment elle s'est faite? C'est bien simple. Elle résulte du simple faU de son organisation et de la désorganisation de nos adversaires. Nous sommes organisés, ils ne le sont pas. Nous savons où nous allons, ils l'ignorent. Nous sommes secrets, caches, invisibles, ils sont visibles et sujets à tous les coups. En dépit de nos mauvais éléments, notre merveilleuse discipline nous a fait ce que nous sommes, les maîtres de ce pays, et nous allons, nous allons, nous allons toujours droit devant nous, à la conquête de toutes les institutions, de toutes les administrations, de tous les pouvoirs, sans que rien ne nous
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internationale à la tête de laquelle se tient oe qtie l'on .a justement appelé le Pouvoir occulte qui dirige l'action du tout vers le but voulu.
Au-dessous de ce Pouvoir, il existe donc trois Francs-Maçonneries superposées.
En bas, la Franc-Maçonnerie bleue, nettement visible, dont l'existence est connue des profanes depuis longtemps. Cette Maçonnerie inférieure n*a pour ainsi dire pas accès dans le Temple d'Hiram, elle est maintenue dans les parvis qu'on lui donne comme
arrête, pour cette raison bien simple, c'est que devant nous il n'y a rien...
» Eh bien ! s'écria tout à coup mon interlocuteur, maintenant que je vous ai dépeint la franc-maçonnerie, laissezmoi imaginer un autre mode d'association secrète. Elle serait d'abord très restreinte. Elle comprendrait, par exemple, mille adeptes au maximum. Chacun des membres aurait été éprouvé, sous tous les rapports : intelligence, énergie, habileté, souplesse, ténacité, etc., et cela, non seulement pendant des jours, ni pendant des mois, mais pendant des années — de longues, de patientes années. Ce n'est pas tout : à cet individu, mis pour ainsi dire en observation sous l'œil de l'Occulte, la puissance secrète qui l'environne aurait créé sans qu'il le sût des difficultés de toute espèce, uniquement pour vérifier et en quelque sorte pour expérimenter scientifiquement sa valeur. — Dites-moi donc ce que pourrait faire une pareille association d'hommes choisis dans de telles conditions?
— Elle serait, m'écriais-je transporté, la maîtresse du monde.
— Eh bien! reprit mon interlocuteur, je suis chargé de vous apprendre que cette association existe et de vous annoncer que vous en faites désormais partie...
« Je ne vous dirai pas, poursuivit M. Copin-Albancelli, quelle fut la stupeur et même l'effroi de mon interlocuteur quand, à ces mots, je me levai et lui déclarai tout net que je refusais, en m'appuyant sur les raisons qui me déterminaient à quitter la franc-maçonnerie elle-même, comme d'ailleurs toute association secrète, poursuivant, par des moyens plus ou moins puissants, des fins semblables. »
étant le Temple. Le Pouvoir occulte s'en sert pour opérer un triage qui a pour objet de mettre à part les sujets hypnotisables, susceptibles de devenir les sectaires dont le Pouvoir occulte a besoin pour arriver à ses fins. CeUx-ci forment la seconde Maçonnerie qui a à poursuivre un but partiel dont la réalisation préalable est indis;: ensable au but gêné: al que le Pouvoir occulte seul connaît. Ces buts partiels ne sont pas les mêmes dans tous les pays, parce que le Pouvoir occulte n'y dispose pas des mêmes moyens, ou parce qu'il n'a pas à y renverser les mêmes obstacles.
Au-dessus de ces deux Maçonneries logées dans le Temple, il en est une troisème cachée aux deux autres et qui se terre dans les cryptes du Temple. Elle est chargée des actions d'ensemble qui s'étendent à divers pays ou à tout l'univers (1).
1. Cette constitution de la Franc-Maçonnerie a servi de type à l'organisation d'autres sociétés secrètes créées sans doute par des Francs-Maçons. Comme indice, voici la question que M. Paul Laf argue, gendre de Karl Marx, 'posait en février 1908 :
« Que feriez-vous si vous veniez à découvrir dans la Confédération générale du travail une Société secrète, ignorée des Syndicats et composée de quelques syndiqués et de bourgeois, qui intriguerait pour faire marcher les Syndicats et la Confédération aux ordres d'un Comité secret, résidant à l'étranger, dont les affiliés, lors de la tenue des Congrès syndicaux et des séances du Comité confédéral se réuniraient secrètement pour prendro les décisions qu'on doit leur faire voter?
Et voici la réponse du même Paul Lafargue :
« L'Alliance des Frères Internationaux, Société secrète composée de quelq;ues internationaux et de bourgeois, et fondée par Bakounine pour faire, non la lutte de classes, mais « l'égalisation des classes » qui avait des Comités secrets en Italie, Espagne et Belgique, était organisée dans l'Internationale pour la diriger d'après les instructions du Comité directeur de Suisse, où trônait Bakounine. Les alliancistes arrêtaient en secret les résolutions qu'on devait
Celle-ci connaît-elle le véritable but dont le Pouvoir occulte poursuit la réalisation? Connaît-elle même ce Pouvoir et quels en sont les membres? On peut dire : Non, quant aux membres; mais quant à son existence, elle peut, comme nous, l'induirei des faits produits depuis un siècle et particulièrement en ces dernières années.
Comment le Pouvoir occulte est-il construit? D'après la logique générale du système, ce ne saurait être un homme. C'est un groupe d'hommes. Ainsi seulement peut être assurée la perpétuité de l'œuvre. Qui peut arriver à faire partie de ce groupe chef? Celui-là seul qui, après les sélections multipliées dont il a é é l'objet, présente toutes garanties qu'il sera, envers et contre tout, fidèle à l'idée qui est l'àme de cette extraordinaire création. Cela ne suffit point. Il faut encore qu'il soit dans une condition spéciale, et cette condition spéciale est, comme nous le verrons, d'être de race juive.
Pouvoir occulte. Plusieurs fois ce mot est revenu sous notre plume. Existe-t-il vraiment au faîte de la maçonnerie Un pouvoir qui se dérobe à tous les yeux ?
M. Copin-Albancelli a supérieurement trailé cette question dans son journal et dans ses livres.
Lorsque, dit-il, il s'agit de percer le mystère dont les fondateurs de la maçonnerie se sont enveloppés, une seule méthode est possible, une seule est scientifique, parce qii'elle est adéquate à l'objet de l'étude
prendre aux Congrès et aux Conseils de l'Internationale. » C'est au cours d'une polémique avec Emile Pouget, rédacteur en chef de la Voix du Peuple, que Lafargue fit ces révélations. La lettre a été publiée par M, Pouget, mais après en avoir retranché toute la partie qui visait les Frères internationaux.
qti'on poursuit : c'est le raisonnement. Ce raisonnement doit être établi sur l'induction et la déduction; cette induction et cette déduction devant elles-mêmes reposer sur des faits positifs et hors de contestation. Une autre voie serait de chercher des documents. Mais s'il s'en produisait, on pourrait dire avec assurance gue, dissimulation par essence, la secte les aurait fabriqués tout exprès pour tromper le public
et dérouter les chercheurs.
Raisonnons donc.
Il y a un grand fait qui domine toute la question, c'est l'existence même de la Franc-Maçonnerie. Eli© existe depuis des siècles. Quelqu'un l'a créée. Etant donné qu'elle est non seulement séculaire, mais internationale, ce quelqu'un dispose de moyens d'action puissants et universels. Depuis deux siècles au moins qu'elle fonctionne au milieu de nous, on ne sait encore ni comment, ni pourquoi, ni pour le compte de qui. On le cherche, on le soupçonne, mais c'est malgré elle et malgré les efforts qu'elle fait pour se maintenir dans le mystère, qu'on arrive à en savoir quelque chose. Si cette secte existe, elle a une raison d'être. Son fondateur avait un but, sans cela il ne se fût point mis en peine de créer un organisme si vaste, si compliqué. Mais ce qu'il faut considérer surtout, c'est qu'il est fait pour dérouter ses associés eux-mêmes et les aveugler tout en les faisant servir à l'accomplissement de ses desseins. La maçonnerie, en effet, nous l'avons vu, par sa double organisation, est constituée de façon à permettre à une autorité invisible de s'exercer sur elle de la même manière que l'autorité maçonnique s*exerce sur le monde profane. Tous les rouages de l'organisation maçonnique sont façonnés et agen-
ces pour transmettre de degrés en degrés depuis les arrière-loges les plus secrèt'es jusqu'au monde profane des suggestions, des idées et des volontés. En un mot toute la machine est constituée en vue du fonctionnement d'un pouvoir dirigeant, mais qui veut rester occulte. Prenons, pour exemple, la dernière affaire, l'affaire Ferrer. Une agitation universelle s'est produite tout à coup. Elle n'a pu s'exécuter sans qu'un mot d'ordre eût été lancé. Or, un mot d'ordre suppose une volonté et un mécanisme ordonné pour la transmission de cette volonté. Où est la volonté? On ne la voit pas. Et comme l'organisme de transmission est évidemment la Franc-Maçonnerie, il faut tconclure que la Franc-Maçonnerie est un corps ayant une tête, et que les autres membres de ce corps agissent sous l'impulsion que la tête leur donne et en vue des desseins que la tête a conçus. Cette tête, c'est le pouvoir occulte.
Un fait, entre mille autres, qui montre bien son existence et son action.
La chute de l'indépendance temporelle de la Papauté est due à un vaste complot international dont les fils aboutissaient aux loges d'Angleterre, de France, d'Allemagne et d'Italie. Ce complot eût été impossible à réaliser sans un plan conçu et une direction donnée par Un état-major mystérieux, agent d'une force cachée qui concentre dans ses mains la puissance de la haute maçonnerie, comme un général concentre l'action militaire.
La Révolution française ne s'explique pas en dehors de l'action de cet agent aussi mystérieux que puissant.
Lorsque vous lisez les quatre gros volumes de Taine sur la Révolution, vous êtes toujours tenté de vous demander s'il n'y a pas quelque chose der-
rière la page. Les faits, les événements, les choses, les gens, le drame, les acteurs, tout cela passe devant vous dans un tableau merveilleusement vivant, mais qui demeure, d'un bout à l'autre, un véritable logogryphe. Comment toutes ces émeutes éclatentelles ainsi à point nommé? Comment totit ce qu'il eût été élémentaire de faire pour le salut du pays et de la Monarchie n'est-il régulièrement jamais fait? Comment, au contraire, tout ce qu'il eût été élémentaire d'éviter n'est-il régulièrement jamais évité?
Taine ne vous donne que l'explication vague de r « Anarchie spontanée » dans laquelle, précisément, rien ne sent jamais le « spontané », tandis que tout y sent continuellement le « préparé ». A ces pages il manque un mot : pouvoir dirigeant, pouvoir occuUe.
Dans Une lettre pastorale, écrite en 1878, Mgr Martin, évêque de Natchitoches, aux Etats-Unis, parlant de la conjuration antichrétienne qui s'étend au monde entier, disait :
« En présence de cette persécution d'une univer- » salité jusqu'ici inouïe, de la simultanéité de ses » actes, de la similarité des moyens qu'elle emploie, » nous sommes forcément amenés à conclure l'exis- » tence d'une direction donnée, d'un plan d'ensemble, » d'une forte organisation qui exécute un but arrêté » vers lequel tout tend.
» Oui, elle existe, cette organisation, avec son but, » son plan et la direction occulte à laquelle elle » obéit; société compacte malgré sa dissémination » sur le globe; société mêlée à toutes les sociétés » sans relever d'aucune; société d'une puissance au- » dessus de toute puissance, celle de Dieu exceptée; » société terrible, qui est, pour la société religieuse » comme pour les sociétés civiles, peur la civilisation
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» du monde, non pas seulement un danger, mais le » plus redoutable des dangers. »
Grâce à l'organisme qtie nous avons décrit, ce groupe chef a dans la main toutes les Maçonneries visibles €t invisibles. Il exerce son influence à chaque degré. Des sphères supérieures, les volontés du Pouvoir occulte descendent dans les inférieures. Chaque étage a sa fonction; chaque pays a son rôle.
Conception étonnante et gigantesque! Organisme merveilleux qui met en jeu des êtres libres et les conduit sans qu'ils s'en doutent vers un but que la plupart réprouveraient s'ils le connaissaient! Œuvre qui serait impossible à un homme ou à quelques hommes venus de-ci ou de-là, mais qui n'est pas au-dessus des forces d'une race et d'une religion.