IV. - SUGGESTIONS
Piccolo-Tigre avait donné ce conseil aux membres des Ventes qu'il institu lit : « Infiltrez le venin dans les cœurs choisis; infiltrez-le à petites doses et comme par hasard. Vous serez étonnés vous-mêmes de votre succès. »
Comment et par quels moyens, faire cette infiltration? La Bévue maçonnique répond : Par des influences individuelles soignsusement couvertes. »
Ces influences s'exercent au dedans des loges et de là dans le monde profane.
Le Pouvoir occulte suggestionne les « ateliers », au sortir des ateliers les maçons suggestionnent le public. C'est ainsi qu'ont été répandues dès avant la Révolution les idées de liberté et d'égalité qui devaient la produire. De nos jours, nous avons vu préparer les voies à l'enseignement neutre par cette sentence : c'est le maître d'école qui a fait la victoire du Français. Cette autre sentence : « Nécessité du service militaire obligatoire pour tous » permettait d'enrôler les prêtres, faisait délester l'année, dé-
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serter les campagnes, corrompait la jeunesse et diminuait la natalité. Toutes choses voulues par le Pouvoir occulte pour les fins que nous dirons.
Comment ces suggestions et mille autres arrivèrent-elles à s'emparer de l'esprit public?
Pour répondre à cette question, voyons d*abord ce qui se passe dans les loges.
Nous savons que les fédérations maçonniques Bont divisées en groupes appelés ateliers et qui ne comprennent chacun qu'un nombre de personnes très restreint. Dans les grandes villes, les autorités maçonniques préfèrent voir les Francs-Maçons fonder plusieurs loges plutôt que de se réunir en une seule. C'est qfue la Maçonnerie est une société d'enseignement et il convient de n'avoir à instruire ensemble qu'un petit nombre d'adeptes.
Nous savons encore que les hauts gradés, bien qu'ils aient des ateliers spéciaux, sont obligés à la fréquentation assidue des loges. Là, rien ne les distingue de tous les autres maçons qui s'y trouvent et cependant ils ont reçu une initiation supérieure, ils appartiennent à un atelier d'ordre supérieur (1). Mais tous l'ignorent. Ils peuvent donc se mêler à la discussion des questions proposées, sans que l'on sache qu'ils ont à faire prévaloir l'opinion, qu'ils apportent toute faite, de plus haut. Eux-mêmes, les hauts gradés, ont été suggestionnés de la même façon par des
1. Les hauts gradés ne sont pas tous employés à ces missions, . mais seulement ceux qui sont reconnus comme les plus aptes à transporter les ins:.Dirations directrices ; ceux qui sont les mieux armés pour cela, par leurs aptitudes d'abord, par le Pouvoir occulte ensuite, ou par ses intermédiaires. Rien ne les désigne aux yeux des bas gradés. Ils portent dans les loges le simple cordon des maîtres, quelquefois même le tablier d'apprenti. Ils exécutent le pas en entrant dans le Temple. Ils jouent leur rôle humblement dans toutes les cérémonies auxqueles participent les maç'Ons du premier degré.
délégués de la maçonnerie supérieure appartenant à un atelier d'ordre supérieur^ mais dont ils ignorent l'existence, ou, en tout cas, dont les membres leur sont inconnus comme tels et qui, lorsqu'ils apparaissent chez eux, sont crus leurs pareils. Le Pouvoir occulte peut ainsi cultiver avec succès et incognito les intelligences qui sont venues se mettre à son école; d'autant mieux que parmi ceux qui ont été introduits dans les loges par les recruteurs, il se fait une sélection automalique, comme dit M. Copin-Albancelli, par élimination volontaire. Le Pouvoir occulte prit soin en effet de n'opposer aucun obstacle à la sortie de ceux qui, en raison de leur caractère ou de leur attachement aux principes reçus dans leur éducation, se montrent rétifs à l'enseignement qui leur est donné. Les maîtres n'ont donc^ devant eux que des écoliers dociles.
Que fait-on dans les réunions maçonniques? se fait demander l'ex-franc-maçon M. Copin-Albancelli, et il répond : « Dans les réunions maçonniques, on commence par écouter des prédications; eï plus tard, on en fait soi-même. Les loges sont des lieux où l'on est prêché et où l'on prêche. » Cette réponse ne doit pas surprendre; car dès lors qu'il s'agit pour le Pouvoir occulte de jeter des suggestions dans l'esprit des francs-maçons, il n'a qu'un moyen à sa disposition : la prédication.
Qu'enseigne-t-on ?
D'abord, et comme fondement à la doctrine qui viendra s'édifier sur cette base, deux suggestions maîtresses : 1° La Maçonnerie est une institution sublime, éternelle initiatrice de tout ce qui se fait de bon et de grand dans l'humanité; 2'' Cette association se heurte à un ennemi : le catholicisme — on dit d'abord : le cléricalisme. — D'où la conclu-
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sion : Puisque le catholicisme est l'ennemi de la Maçonnerie, il est l'ennemi de toutes les grandes causes auxquelles celle-ci se dévoue. En conséquence, quiconque ai.r.e ces grandes causes doit combattre le catholicisme.
Comment peut-on présenter la Franc-Maçonnerie sous un jour si beau, et le catholicisme sous un jour si déplorable? En faisant de la Franc-Maçonnerie l'organe et le défenseur de la Raison.
Qu'est-ce que cette déesse à laquelle la Maçonnerie a offert tant de sacrifices humains au jour où elle la faisait adorer dans la personne d'une prostituée? Nous connaissons des raisons individuelles, des intelligences humaines dans lesquelles se développent plus ou moins avec l'âge, l'étude et la réflexion, l'expérience, la science et la sagesse. Mais ces raisons individuelles sont toujours bornées, même chez les plus savants et les plus sages. La raison ainsi acquise par l'étude et l'expérience n'est autre chose qu'un reflet dans l'âme humaine de la raison infinie qui est Dieu. Est-ce Dieu et sa sagesse infinie que les Francs-Maçons veulent défendre contre le catholicisme sous ce nom : la Raison? Il suffit de poser la question pour la résoudre. La Raison qu'ils veulent nous faire adorer est un fantôme qu'ils habillent de grands mots éblouissants : science, progrès, civilisation, liberté, et à la poursuite duquel ils mettent toutes leurs dupes. Sous tous ces mots se cachent la contradiction aux vérités chrétiennes, l'opposition à la civilisation née des principes posés dans le monde par la prédication du Christ.
Quand l'état d'esprit voulu par la double suggestion que nous venons de dire est bien entré dans les têtes, on leur fait connaître une à une les causes
au succès desquelles tout bon franc-maçon doit travailler pour le triomphe de la Raison sur la Superstition et les moyens à prendre pour assurer la suprématie de la Raison et anéantir le catholicisme. A ces moyens, doivent collaborer tous les maçons dignes de ce beau titre.
Là-dessus viennent des études en commun dont les thèmes sont fournis par les intermédiaires suggestionnés de plus haut, ainsi que nous l'avons dit. Ce sont les différents aspects, les différents points d'une philosophie anticatholique, d'une science historique anticatholique, d'une économie sociale anticatholiqpe, et d'une morale anticatholique. L'étude de la question sociale, par exemple, permet de suggestionner toutes les idées quatre-vingt-neuvistes : la souveraineté du peuple, la liberté, l'égalité et tout le bagage démocratique (1).
1. « J'ai subi, dit M. Gopin-Albancelli, celte intoxication lorsque j'étais dans la Franc-Maçonnerie. On m'avait tout d'abord inoculé certaines pensées par lesquelles mon intelligence avait été séduite et comme chloroformée. L'opération s'était accomplie sans çfue j'eusse rien senti. Ma bonne foi était toujours demeurée absolument intacte, et, d'autre part, je m'imaginais toujours raisonner librement. En fait, je mâchais et remâchais un certain nombre d'idées générales qu'on avait transfusées en moi, et qui, justes et vraies en apparence et théoriquement, devenaient, dans l'application qui en était faite, fausses et destructrices. A mesure que s'effectuait cette inoculation, je perdais de plus en plus possession de moi-même. Ce n'était plus moi qui raisonnais. C'était quelque chose d'étranger gui raisonnait, ou plutôt qui déraisonnait en moi, comme l'absinthe déraisonne dans le cerveau de celui qui s'en est enivré. J'étais un halluciné, un hypnotisé, tout comme U nation. Et je n'ai qu'à me souvenir pour avoir la certitude que tous les autres Francs-Maçons étaient des hypnotisés comme moi. C'est si vrai que, si j'ai pu échapper aux suggestions qui avaient été jetées dans mon esprit, c'est en grande partie parce que j'eus la chance de me rendre compte, alors qu'U en était encore temps, du travail qui était opéré sur moi et autour de moi. Un jour il arriva
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Ainsi est formé afu sein de l'organisme maçonni(jue tin état de pensée anticalholique, non seulement sur les questions générales que nous venons d'indiqtier, mais sur chacune des questions actuelles qui se présentent, ou que le Pouvoir occulte soulève, telles la question de l'enseignement, du divorce, de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, etc., etc.
Mais pour le résultat auquel il tend, le Pouvoir occulte ne saurait renfermer son action dans l'enceinte de ses loges. Il faut qu'il crée également un état d'opinion conforme à ses desseins dans le « monde profane. » ,
Il a pour cela tout d'abord ses Maçons. Pris dans tous les milieux, ils font sentir partout autour d'eux le contre-coup de l'action qui est incessamment exercée sur leur esprit. Ils répètent ou font répéter dans les journaux et dans les conférences, dans les écoles et dans les lycées ce qu'ils ont entendu dire j)ar les prédicateurs du Pouvoir occulte. « Etre Franc- Maçon, disait le F.;. Lafferre au banquet du Couvent de 1903, c'est être apôtre. » Vous devez être apôtres, leur répète-t-on sans cesse. Ils n'y manquent point, et ils sont bien plus hardis pour répandre l'erreur que les bons pour défendre la vérité. Le journaliste dans ses articles, le publiciste dans ses écrits, l'auteur dramatique dans ses pièces, le chan-
qu'ayant une série d'articles à écrire pour la Revue de l'Hypnotisme, je fus amené à réfléchir sur les suggestions qui sont répandues dans les milieux sociaux, comme d'autres le sont dans l'esprit de certains sujets sur lesquels travaillent les hypnotiseurs. Je fus alors frappé de ce qui se faisait dans les loges et de ce que j'y faisais moimême, et je m'aperçus que nous étions des hallucinés qui, une fois suggestionnés par certains d'entre nous, en suggestionnaient d'autres ensuite. On nous parlait de raison et nous en parlions à notre tour; mais, en réalité, il ne s'agissait que de suggestions jetées dans nos esprits.
sonnier dans ses chansons, le pornographe dans ses dessins, le professeur dans ses cours, l'instituteur dans ses classes, tous répandent, sous différentes formes, l'enseignement qu'ils ont reçu, les idées dont ils ont été imprégnés, les mots d'ordre qui leur sont communiqués (1).
Il ne faut pas croire que ces missionnaires de la
1. Nous avons parlé ci-dessus de l'étude faite par MM. Cocliiix €t Charpentier sur la campagne qui a précédé les élections de 1789 en Bourgogne. Ils nous montrent comment la suggestion a agi, en ce moment, d'un bout à l'autre de la France et ce qu'elle a produit.
En 89 (écrivent-ils) la nation paraît se lever d'elle-même, agir de son propre mouvement, sans rien devoir aux talents ni à l'autorité de personne... (Le peuple) s'assemble sans être convoqué, signe des requêtes sans qu'on sache d'où elles viennent, nomme des députés sans avoir entendu de candidats, se soulève sans suivre personne.
Et pourtant cette armée sans officiers manœuvre avec un ensemble étonnant : on voit les mêmes démarches se faire au même moment dans les provinces que séparent mœurs, intérêts, dialectes mêmes, sans parler des douanes et des mauvais chemins. En novembre 1788 toute la France demande le doublement du Tiers aux Etats; en janvier 89 le vote par tête ; en mars, toute la France envoie 'aux Etats des doléances si semblables qu'on les croirait rédigées sur le même canevas, par le même pamphlétaire^ philosophe : car les paysans, eux aussi, parlent philosophie dans leurs cahiers, pour rester à l'unisson. Au milieu de ' juillet, au moment de la Grande Peur, toute la France se croit menacée par des brigands et prend les armes ; à la fin du mois, toute la France se rassure : il n'y avait pas de brigands. Mais la garde nationale était sortie de terre en cinq jours, elle obéissait au mot d'ordre des clubs, et les communes restent armées.
Et ce ne sont là que les grandes étapes du mouvement : même ensemble dans les détails. Si on voit une commune signer une requête au roi, « ce nouveau Henri IV » et à M. Necker, « notre Sully », on peut être sûr de trouver les habitants de telle autre commune, à l'autre bout du royaume, occupés à rédiger la même requête précédée du même comphment.
Les Français d'alors semblent obéir à une sorte d'harmonie préétablie qui leur fait faire les mêmes actes et prononcer les mêmes paroles partout en môme temps; et qui connaît les faits et gestes de tels bourgeois du Dauphiné 'ou
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doctrine maçonnique soient tous de mauvaise foi. Ils ont été fanatisés, aveuglés, de telle sorte que c'est parfois, souvent, avec conviction qu'ils prêchent leurs erreurs. Un grand nombre d'entre eux sont des croyants; ils croient à la mission de la Veuve, et ils s'en font les apôtres avec fanatisme. On est parvenu à leur persuader que la Science, le Progrès, la Civilisation exigent la destruction du Christianisme. Ils le croient. Et cette foi est une force considérable chez ces ingénus. « Il faut avoir vu, dit M. Copin-Albancelli, jusqu'où va leur hallucination. » De même que les hauts gradés sont délégués dans les réunions de la Franc-Maçonnerie bleue, de même des francs-maçons sont délégués dans cette mullitude d'associations qiie nous avons vu dépendre d'elle. « Notre commission, dit le compte rendu du congrès maçonnique d'Amiens en 1894, a estimé que ce moyen (d'action sur l'opinion publique par les suggestions maçonniques dans les sociétés à caractère inlifférent) devait être désigné d'une façon toute particulière à votre attention. Il vous procurera, en effet, à vous,; l'occasion de faire prédominer nos idées partout si nous avons le talent d'organiser ces sociétés tout en restant dans la coulisse. »
de r Auvergne, sait l'histoire de toutes les villes de France au même moment.
Ainsi, dans cette singulière campagne, tout se passe comme si la France entière obéissait au mot d'ordre du mi6ux monté des partis, et on ne voit pas de partis...
Il y avait un complot. Gomment et par qui fut-il formé? (A. Gochin et Ch. Charpentier, La Campagne électorale de 1789 en Bourgogne. Paris, 1904, pp. 5, 6, 7.)
Le F, : . Jouaust a par avance répondu à cette question de MM. Gochin et Charpentier — en ce qui concerne la Bretagne — qniand il a dit :
II ensemble, jusqu'alors incompris, avec lequel toutes les villes de Bretagne se soulèvent pour agir au même instant, dans le même but, s'explique facilement par la correspondance incessante des Loges si nombreuses dans cette province. » {Le Monde Mac.'., décembre 1859, p. 479.)
Le F. • . Docteur Savoire, rapporteur de la Commission de Propagande du Couvent de Paris 1900 a dit de même à propos de ces sociétés laïques :
«Il faudrait que la F.-. M.-, s'emparât de ces Associations, d'une manière occulte. Il suffirait qu'un certain nombre de F. • . M. • . entrassent dans le Conseil de chacune de ces institutions de façon à y exercer une influence 'prépondérante... »
Le F. • . B latin disait à ses co-maçons, au convent de 1892, « vous êtes un état-major, vous êtes des officiers qui n'avez pas encore suffisamment groupé les troupes que vous devez mener au combat. Ces troupes, vous ne pouvez les a^nener dans nos loges, mais il faut arriver à réunir autour de vous toutes ces masses du suffrage universel qui ne demandent qu'à être disciplinées par vous. » Un an avant que le F. • . Blatin prononçât ces paroles, le congrès des loges du Midi nous apprenait que, dans cette partie de la France seulement, « la libre-pensée comptait déjà six cents groupes dont la formation était due pour la plus grande partie à la Franc-Maçonnerie. » Il s'agit ici non plus des sociétés neutres, mais de celles qui ont elles-mêmes un caractère anticlérical, telles que la « Ligue de l'enseignement», les « Unions amicales de solidarité », les « Amicales d'instituteurs », les « Cercles d'études », les « Bibliothèques populaires », etc., etc. (1).
1. M. Jean Bidegain, dans son ouvrage Masques et Visages maçonniques, page 303, écrit :
« La Franc Maçonnerie a créé de toutes pièces :
La Société républicaine des Conférences populaires ;
Le Comité d Action pour les réformes républicaines ;
La Ligue d'Action républicaine ;
Les unions de la Jeunesse républicaine ;
Les Unions fraternelles.
L'Esprit de la secte anime les Sociétés dont les noms sidvent :
Ces sociétés neutres ou libres-penseuses, ont été constituées par la Maçonnerie, et elles ne le savent pas; elles sont dirigées par les représentants de cette société secrète, et elles l'ignorent; c'est de ses idées qu'elles sont nourries, et elles ne s'en doutent pas. C'est bien la réalisation du vœu formulé par la Revue maçonnique : « Il faut mer d'influences individuelles soigneusement couvertes. »
La Franc-Maçonnerie, sans qu'on y prît garde, a donc créé autour d'elle une multitude de sociétés dans lesquelles elle répand ses suggestions, de même que le Pouvoir occulte les répand chez elle. Ces sociétés sont ses armées en mâme temp? que sa couverture protectrice, de même qu'elle est l'armée et la couverture protectrice du Pouvoir occulte (1). Com-
La Ligue des droits de ï homme ;
La Ligue de l'Enseignement ;
Société nationale des Conférences populaires ;
Association Foly technique ;
Société des Universités populaires ;
Société pour V Instruction élémentaire ;
Union démocratique pour V éducation sociale ;
Cercle populaire d- enseignement laïque ;
Patronage laïque d'enseignement populaire et d'éducation morale et civique ;
Les Foyers du Soldat ;
Les Foyers du Marin ;
La plupart des Patronages laïques, des Deniers ou Sous des Écoles, des Caisses des Ecoles et des Bibliothèques populaires.
1. Outre les sociétés ci-dessus nommées, il en est d'autres directement affiliées à la Franc-Maçonnerie sans en être cependant. Voici sur ces sociétés des renseignements précis et authentiques empruntés au Bulletin maçonnique d'avril 1892, p. 26.
Des collectivités adhérentes. — Article 1er. — Toutes les associations ayant une organisation permanente et un fonctionnement régulier, telles que sociétés de librepensée, patronages, ligues d'enseignement patriotique ou de défense d'intérêts matériels ou moraux, sociétés de prévoyance, de secours mutuels et philanthropiques de toute espèce, sociétés compagnoniques, syndicats professionnels,
ment, par ces milliers de sociétés, et par les suggestions incessantes qui leur sont faites, le Pouvoir occulte n'arriverait-il pas à détruire de fond en comble la façon de penser d'une nation? Enlever au Français
associations corporatives, bibliothèques populaires, etc., peuvent devenir groupes adhérents de la Franc-Maçonnerie à titre collectif.
Art. 2. — Toute association qui voudra devenir groupe adhérent de la Franc-Maçonnerie en fera la demande à une loge choisie par elle, sur laquelle elle sera souchée.
Art. 3. — L'admission ne sera définitive qu'après avis conforme de la grande loge symbolique. Pour cela, la loge transmettra au secrétariat général l'extrait du procès-verbal de sa tenue relatif à la prise en considération de la demande du groupe; elle y joindra la liste des membres composant ledit groupe, en y indiquant les noms, domiciles et professions. Chaque année elle fera connaître les modifications survenues dans cette liste par suite d'admissions ou de radiations.
Art. 4. — Les loges pourront constituer avec les groupes souches sur elles, à titre provisoire ou permanent, des comités mixtes pour organiser des fêtes, concerts et toutes réunions de propagande jugées utiles.
Signé : Friquet.
En beaucoup de cas, les simples membres de ces sociétés adhérentes ne soupçonnent pas qu'ils sont ainsi enrégimentés et souches à la Franc-Maçonnerie. Ce sont leurs chefs qui, sans les avoir consultés, ont disposé d'eux et de leurs noms et qui, ensuite, les font évoluer dans le sens maçonnique comme des pantins.
Longtemps le caractère maçonnique de la ligue de l'enseignement fut caché et même nié, lorsque le moment fut jugé venu le voile fut déchiré.
Au cinquième congrès de la Ligue tenu à Lille, en 1885, le F.; . Macé déclarait ceci : « Autrefois nous affirmions que la Ligue de l'enseignement n'était pas une institution politique et religieuse. Aujourd'hui il n'en n'est plus ainsi. Aujourd'hui il faut affirmer que la ligue est bien une institution maçonnique. »
Et le F. • . Adrien Duvaud, au convenl de 1898, déclare que c'est la Ligue de l'Enseignement qui a fait voter les lois scolaires de la République », que « c'est une institution maçonnique », que « l'esprit maçonnique y est toujours présent ». Et le F. • . Lecoq, au convent de 1900, déclarait ceci : « Nous ne devons pas oublier qu'à côté de la Franc- Maçonnerie il y a la fille de la Franc-Maçonnerie, la Ligue de l'enseignement.
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toutes les traditions françaises, leur en substituer d'autres, c'est l'œuvre à laquelle la Franc-Maçonnerie s'est attachée depuis deux siècles avec le plus de constance et de sticcès, afin d'amener notre pays à se détruire lui-même.