‹ La conjuration antichrétienneChapitre 23 sur 92 · VII. - LA PERVERSION DU LANGAGE · texte numérisé non relu

VII. - LA PERVERSION DU LANGAGE

Le grand moyen employé pour corrompre les idées a été de pervertir le langage.

La Franc-Maçonnerie a su faire adopter par le public le mot Laïcisation, au lieu de déchristianisation; sécularisation, au lieu de séparation entre l'ordre religieux et l'ordre civil, dans la famille et dans la société; neutralité scolaire, au lieu d'enseignement athée; séparation de V Eglise et de VEtat, au lieu d'athéisme dans le gouvernement et dans les lois; dénonciation du Concordat, au lieu de spoliation de l'Eglise; désaffectation, au lieu de confiscation; lois existantes, au lieu de décrets arbitraires et illégaux; tolérance, au lieu de licence donnée aux pires erreurs, etc., ek

Elle a fait des mots cléricalisme, main-morte, etc., des épouvantails ; et des séductions, des mots liberté, égalité, fraternité, démocratie, etc.

« Ce sont, disait M. de Bonald, des expressions » à double entente, où les passions trouvent d'abord » un sens clair et précis, sur lequel la raison s'effor- » ce en vain de les faire revenir par de tardives

» explications; les passions s'en tiennent au texte » et rejettent le commentaire (1). »

« Malgré les enseignements donnés par la raison et l'évidence produite par nos catastrophes, dit M. Le Play cette phraséologie abrutissante fournit un aliment journalier aux tendances révolutionnaires incarnées dans notre race. Sous cette influence, pénètrent de plus en plus, dans les couches inférieures de la société, le mépris de la loi de Dieu, la haine des supériorités sociales et l'esprit de révolte contre toute autorité (2). »

Mazzini ne pensait pas autrement que M. le Play sur ce point. Au rapport de Lubienski, il disait : « Les discussions savantes ne sont ni nécessaires, ni opportunes. Il y a des mots régénérateurs (3) qui contiennent tout ce qu'il faut souvent répéter au peuple : liberté, droits de l'homme, progrès, égalité, fraternité. Voilà ce que le peuple comprendra, surtout quand on opposera les mots despotisme, privilèges, tyrannie, etc. »

Le sens plein des mots : liberté, égalité, progrès, esprit moderne, science, etc., qui reviennent sans cesse dans les discours et les articles des politiciens et dans les professions de foi des candidats patronés par la Loge, c'est révolution, destruction de l'ordre social, retour à l'état de nature par l'anéantissement de toute autorité comme limitant la liberté, destruction de toute hiérarchie, comme rom-

1. Do Bonald. A l'Institut national, séance du 29 juin 1805. Mgr Darbois, archevêque de Paris, otage, rappelait, à ceux qui le collaient au mur, qu'il avait toujours défendu la Liberté. Un de ses exécuteurs lui répondit : « Tais-toi! F... nous la paix. Ta Liberté n'est pas la nôtre! »

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