‹ La conjuration antichrétienneChapitre 24 sur 92 · Réforme sociale, t. IV, p · texte numérisé non relu

Réforme sociale, t. IV, p

3: Des mots qui peuvent servir à opérer la régénération de la société, au sens maçonnique.

pant l'égalité, et établissement par la fraternité d'un ordre de choses où tous les droits et tons les biens seront communs. Les initiés, en prononçant ces mots, savent qu'ils énoncent tout un programme contre les lois de Dieu et ses représentants sur la terre, qu'ils expriment le concept de l'état social dont J.-J. Rousseau a donné la formule. Les antres, en les répétant après eux, sottement, préparent à l'acceptation de cet état social ceux que la franc-maçonnerie ne pourrait atteindre directement (1).

Que ce soit la direction suprême de la francmaçonnerie qui fasse le choix de ces mots, qui les lance et qui charge ses adeptes de les propager, il n'y a pas le moindre doute.

« Nous allons commencer, avaient dit les Instructions secrètes, à mettre en circulation les principes humanitaires. » Réformes, améliorations, progrès, république fraternelle, harmonie de l'humanité, régénération universelle : tous ces mots décevants se lisent dans les Instructions. Piccolo-Tigre les fait suivre de ceux-ci : « Le bonheur de l'égalité sociale » et « les grands principes de liberté. » jNu-

1. LTJnivers, dans son numôro du 13 septembre 1902, rapportait qu'au précédent pèlerinage des Français à Rome, M. Harmel, dans le toast qu'il prononça à Sainte-Marthe, s'écria : « Nous sommes des serviteurs passionnés de la liberté, — oui, des serviteurs passionnés de la liberté, prêts à donner notre vie, et à répandre notre smg pour la cause sacrée de la liberté! »

La hberté pour les âmes de pouvoir aller à Dieu, leur fin dernière, sans entraves, fort bien. Mais est-ce ainsi que l'entendirent les auditeurs de M. Harmel, est-ce bien cette liberté qu'il voulait leur faire acclamer?

Un mot d'explication n'eût point été inutile, au lendemain du jour où le chef des démocrates chrétiens d'Italie était condamné pour son discours : Liberté et Christianisme.

bius ajoute : « L'injuste réparlition des biens et des honneurs. » Résumant le tout, Gaétan se réjouissait de voir le monde lancé sur la voie de la démocratie.

Dans le compte rendu du 3*^ congrès des Loges de l'Est, à Nancy, en 1882, on lit : « Dans les derniers degrés (les plus hauts de la hiérarchie maconmque), se condense un travail maçonnique international d'une très grande profondeur. Ne serait-oe pas de ces sommets que nous viennent les mots mystérieux qui, partis on ne sait d'où, traversent parfois les foules au milieu d'un grand frémissement, et les soulèvent pour le bonheur (!) de l'humanité? »

Il est à remarquer que c'est de la langue française que la maçonnerie s'est servi pour forger, ses formules révolutionnaires. Cela n'a point échappé à de Maistre, qui a si bien connu la puissance mystérieuse de notre langue. Dans la troisième des Lettres d'u7i royaliste savoisiefi à ses compatriotes écrites aux jours de la Révolution, il dit : « Le règne de cette langue ne peut être contesté. Cet empire n'a jamais été plus évident et ne sera jamais plus fatal que dans le moment présent. Une brochure allemande, anglaise, italienne, etc., sur les Droits de Vhomme, amuserait tout au plus quelque valet de chambre du pays : écrite en français e'ie ameutera en un clin d'œil toutes les forces de l'univers. (1) »

Toutes ces formules perfides ont été créées depuis deux sièeles. Sous le règne du Philosophisme, ce fut « tolérance » et « superstition » qui passèrent de bouche en bouche; sous celui de la Terreur, c'est « fanatisme » et « raison »; sous la Restauration,

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