IX. — MACONNISME ET ÉVANGILE
Nous avons entendu l'un des membres de la Haute- Vente nous expliquer comment il peut se faire que certains membres du clergé se laissent séduire par le libéralisme; l'égalitarisme et autres productions du maçonnisme. « Ils se persuadent, dit-il, que le christianisme est tme doctrine essentiellement démocratique. » Il n'y a point de suggestion qui ait eu sur les esprits un empire plus étendu et plus funeste.
L'effort pour la répandre vient de loin, et si on remonte à sa source, on trouve qu'elle a pour premiers auteurs Weishaupt et Knigge, les deux hommes qui ont donné aux sociétés secrètes leur dernière et décisive impulsion, ceux qui leur ont marqué le but suprême qu'elles doivent s'efforcer d'atteindre : l'anéantissement du christianisme.
Knigge, daiî.s une lettre à Zwach, expose que parmi les élèves de l'Illuminisme il se trouve des hommes qui ont besoin d'une religion révélée pour fixer leurs idées, et d'autres qui détestent toute révélation. « Pour mettre en actioUj pour faire concourir à notre objet ces deux classes d'hommes, pour réussir, il fallait
trouver une explication du christianisme qui rappelât les superstitieux à la raison et qui apprît à nos sages plus libres à ne pas rejeter la chose pour l'abus. Ce secret devait être celui de la maçonnerie et nous conduire à notre objet. Pour réunir ces deux extrêmes, nous disons donc que Jésus n'a point établi une nouvelle religion, mais qu'il a voulu simplement rétablir dans ses droits la religion naturelle. Son intention était de nous apprendre à nous gouverner nous-mêmes, et de rétablir, sans les moyens violents de révolution, la liberté et l'égalité parmi les hommes. Il ne s'agissait pour cela que de citer divers textes de l'Ecriture et de donner des explications vraies ou fausses, n'importe, pourvu que chacun trouve un sens d'accord avec sa raison dans la doctrine de Jésus. Spartacus (Weishaupt) avait réuni bien des données pour cela; j'ai ajouté les miennes dans l'instruction pour ces deux grades (les deux grades des petits mystères). » (1).
Conformément à ces Instructions avant d'admettre le Chevalier Ecossais au grade d'Epopte, on lui adressait diverses questions auxquelles il devait répondre par écrit.
« 1. L'état actuel des peuples répond-il à l'objet pour lequel l'homme a été placé sur la terre. Les gouvernements, les religions des peuples remplissentils le but pour lequel les hommes les ont adoptés? Les conduisent-ils au vrai bonheur?
» 2. N'a-t-il pas existé autrefois un ordre de choses plus simple? Quelle idée vous faites-vous de cet ancien état du monde?
» 3. A présent que nous sommes passés par toutes les nullités (par toutes les formes vaines et inutiles