‹ La conjuration antichrétienneChapitre 34 sur 92 · Œuvres, t. IV, p · texte numérisé non relu

Œuvres, t. IV, p

lées des délires et des instraments de perversion et de corruption, ils disent « qu'elles sont sorties de l'Evangile comme autant de fruits exquis » et que ce sont là « les côtés superbes de la société moderne ». De la Déclaration des droits de Vhomme, qui est le principe même de la Révolution et le fond du naturalisme, ils disent que « nulle nation n'a jamais eu rien de pareil », « qu'il a fallu dix-huit siècles de christianisme pour la rendre possible », qu'il n'y a jamais eu d'événement plus grand dans le monde », etc.

La plupart de ces citations sont prises dans le livre de l'abbé Bougaud : Le Christianisme et les temps PRÉSENTS (1). M. Vacherot avait une plus juste compréhension des choses lorsqu'il disait : « A ceux qui croiraient encore que la Révolution peut se réconcilier avec la Religion, la démocratie, qui est l'âme et l'esprit de la Révolution, répond en ces termes : « Nulle religion, même le protestantisme, qui est la plus libérale de toutes, n'est compatible avec l'idéal de la démocratie (2). »

Faut-il s'étonner après cela que dans les premiers jours de juin 1885, le Figaro ait eu l'insolence d'adresser cette invite à Léon XIII : « Si Léon 'XIII se levait avec le grand chiffre 1789 à la main — tout à coup de son fauteuil où il est assis calme, penseur, voyant

1. Dans ce même ouvrage, t. V, p. 21. M. l'abbé Bougaud dit : « Il n'y a pas de solution de continuité entre les vérités de l'ordre surnaturel et les vérités de l'ordre naturel; celles-ci plongent dans celles-là et réciproquement ». Et plus loin : « On monte du sens à la raison comme on monte de la raison à la foi ». A la page 42 : « Sans doute la foi est un don de Dieu comme la vue, comme la raison, pas plus qu'elles, pas moins ». Ces propositions sont du pur pélagianisme. Elles montrent ce que devient la notion du surnaturel dans les esprits qui se laissent envahir par le libéralisme.

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