J.-J. Rousseau, cité par Taine. L'ancien régime, p
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dans les écoles primaires, espérant se rendre ainsi complices les intérêts.
Que l'on ne dise point que le droit que l'Eglise refuse à l'Etat, elle le revendique pour elle-même. Non, l'Eglise respecte les droits de la liberté naturelle à ce point que si un père, une mère n'appartiennent point par le baptême à sa juridiction, elle se regarde comme empêchée d'intervenir dans l'éducation de l'enfant jusqu'à ce qu'il soit en âge de se prononcer selon sa propre conscieince. L'Eglise considère, comme un attentat contre le droit naturel, l'éducation d'un enfant mineur dans la religion chrétienne contre la volonté expresse de ses père et mère non baptisés. Elle ne permet point de le baptiser. Et alors- même que le fils catholique de parents catholiques est arrivé à sa majorité, elle ne l'admet point à la profession religieuse sans leur permission,^ s'il leur est nécessaire pour subvenir à leurs besoins.
L'Etat maçonnique comprend que les enfants ne pourront être complètement à lui aussi longtemps qu'il n'aura point aboli la famille; tant qu'elle subsistera, le cri de la nature protestera contre son intrusion. Et c'est pourquoi il tend à la suppression du mariage. Dans la pensée des sectaires, le mariage civil et le divorce sont des étapes qui doivent conduire à l'amour libre, et par suite à l'Etat, unique père nourricier, unique éducateur des générations à venir.
L'abolition de la famille, la suppression de la propriété, l'anéantissement de l'Eglise et l'étouffement de toute association autre que celle qui est l'Etat, « tous ces articles, dit Taine, sont des suites forcées du contrat social. Du moment où, entrant dans un corps, je ne me réserve rien de moi-même, je iienonce par cela seul à mes biens, à mes enfants, à mon Eglise, à mes opinions. Je cesse d'être propriétaire,
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père, chrétien, philosophe. C'est l'Etat qui se substitue à moi dans toutes ces fonctions. A la place de ma volonté, il y a la volonté publique, c'est-àdire, en théorie, l'arbitraire rigide de l'assemblée, de la fraction, de l'individu qui détient le pouvoir. »
Tel est le « Temple » que la maçonnerie est en train de construire; où déjà elle nous a fait entrer, pas à pas, avant achèvement; où elle entend abriter les générations à venir et l'humanité entière. L'entrepreneur qtd a pris à forfait la constitue tion de ce Temple, c'est le régime parlementaire. Le peuple souverain choisit des délégués, les investit de tout pouvoir. Ils s'assemblent, la majorité est censée exprimer la volonté générale, et cette volonté fait loi. Cette loi peut tout atteindre; et en toutes choses elle crée le droit, sans égard à qui ou à quoi que ce soit, pas même à Dieu, pas même aux exigences de la nature humaine.
Déjà, il y a un siècle, pour constmire ce Temple, les constituants, dit Taine, firent trois mille décrets; et pour les mettre en vigueur, ils substituèrent le gouvernement de la force au gouvernement de la loi. L'échafaud présida à la réédification de la société, à ce qui avait été appelé le « renouvellement du principe de l'existence humaine. »
Les choses ne se passeront point autrement si l'expérience nouvelle, à laquelle nous assistons, est poussée à bout. L'Allemand qui fut le docteur des Jacobins et qui est resté le docteur de nos maçons, a parfaitement tracé la voie que ceux-là suivirent et dans laquelle ceux-ci se sont engagés.
Dans le rituel que Weishaupt composa pour les cérémonies de l'initiation aux divers «grades de TIllu-
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minisme, il fait dire par rHiérophante a l'Initié : « 0 Frères, ô mon fils, quand, assemblés ici, loin des profanes, nous considérons à quel point le monde est livré aux méchants (aux souverains et aux prêtres), pourrions-nous donc nous contenter de soupirer? — Non, Frère, reposez -vous -en sur nous. Cherchez des coopérateurs fidèles; ils sont dans les ténèbres, (dans les sociétés secrètes), c'est là que, solitaires, silencieux, ou rassemblés en cercles peu nombreux, enfants dociles, ils pouisuivent le grand ŒUVRE sous la conduite de leurs chefs...
» Dans ce grand projet, les prêtres et les princes nous résistent; nous avons contre nous les constitutions politiques des peuples. Que faire en cet état de choses?... Il faut insensiblement lier les mains aux protecteurs du désordre (aJux rois et aux prêtres) et les gouverner sans paraître les dominer. En un mot, il faut établir un régime dominateur universel, sous forme de gouvernement, q'ui s'étende sur tout le monde... Il faut donc que tous nos Frères, élevés sur le même ton, étroitement unis les uns aux autres, n'aient tous qu'un même but. Autour des Puissances de la terre, il faut rassembler une légion d'hommes infatigables, et dirigeant partout leurs travaux, suivant le plan de l'ordre pour le bonheur de l'humanité (1). »
Et ailleurs : « Comme l'objet de notro vœu est une révolution universelle, tous les membres de ces sociétés (secrètes) tendant au même but, s'appuyant
1. Le bonheur, auquel l'illuminisme doit faire parvenir l'humanité, est ainsi exposé dans oe même discours : « La source des passions est pure; il faut que chacun puisse satisfaire les siennes dans les bornes de la vertu et que notre ordre en fournisse les moyens ». La vertu! le bonheur de l'humanité ! la secte ne peut ouvrir la bouche qui n'en sortent aussitôt l'hypocrisie et le mensonge.
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les uns sur les aiutres, doiArent chercher à dominer invisiblement et sajis apparence de moyens violents, non pas sur la partie la plus éminente ,ou la moins distinguée d'un seul peuple, mais sur les hommes de tout état, de toute nation, de toute religion. Souffler partout un même esprit; dans le plus grand silence et avec toute l'activité possible, diriger tous les hommes épars sur toute la surface de la terre vers le même objet. C-et empire une fois établi par l'union et la multitude des adeptes, qnie la force succède à l'empire invisible; liez les mains à tous ceux q;ui résistent, subjuguez, étouffez la méchanceté dans son germe, écrasez tout ce qui reste d'hommes qTie vous n'aurez pu convaincre (1). »
C'est bien ainsi que l'entendirent les hommes de 93. Jean-Bon-Saint- André disait que, « pour établir solidement la République, il fallait réduire la population de moitié. Geoffroy jugeait que c'était insuffisant : il voulait ne laisser en France que cinq millions de citoyens. « Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière », disait Carrier. Ils en ont fait un cimetière, et n'ont pu la régénérer à leur mode. L'insuccès n'a point découragé leurs successeurs. « La France régénérée, dit le F.-. Buzot, n'a point encore atteint le degré de perfection que commandent les doctrines de la franc-maçonrerie et le génie des philosophes. Mais le mouvement est donné, entraînant, IRRÉSISTIBLE; LE GRAND ŒUVRE S'ACCOMPLI- RA (2). » Ils prétendent l'accomplir non seulement en France, mais dans le monde entier. « Il faut, leur a dit Weishaupt, établir un dominateur univer-