‹ La conjuration antichrétienneChapitre 53 sur 92 · Histoire des trois granides loges, pp · texte numérisé non relu

Histoire des trois granides loges, pp

584 l'agent de la civilisation moderne

La maçonnerie fait répandre cette ldé3 jusque dans les écoles. M. Edgar Monteil, le préfet que l'on sait, dans son « Catéchisyne du Libre-Fenseur, dédié à la franc-maçonnerie universelle, association internationale et fraternelle, force organisée », salue les temps futurs où, « le progrès aidant, les frontières seront abaissées, où on ne connaîtra plus que la Société. » 11 redit la même chose dans son Manuel d'Instruction laïque.

Les feuilles pédagogiques, publiées par des inspecteurs d'académie, telles que Le Volume, L'Ecole nouvelle, La Mevue de V Enseignement 'primaire, L'Union coopérative, L'Ecole laïque, etc., se montrent ■ennemies déclarées de nos institutions militaires. « Arrachez, renversez, proscrivez, dit L'Ecole laïque, tout ce qui, dans vos ouvrages^ sur vos cahiers eu dans vos classes, célèbre la gloire du sabre. » « A vous, l-es instituteurs, dit-elle encore, de faire pénétrer ces idées dans les cerveaux des paysans. »

La Revue de V enseignement primaire est actuellement dirigée par M. Hervé, — l'homme du drapeau dans le fumier. — Elle ne compte pas moins de qfuatorze mille instituteurs abonnés, et donne le ton à plus de trente mille. C'est des bureaux de VEnseignement primaire que sortent les Bulletins des soixante Amicales d'instituteurs et d'institutrices. En 1904, elle publia dans la partie destinée aux élèves, les paroles et la musique de V Internationale, avec le fameux couplet :

S'ils s'obstinent, ces cannibales, A faire de nous des héros, Ils sauront bientôt que nos balles Sont pour nos propres généraux.

Le même M. Hervé doana cet avertissement au pays, en avril 1905, dans le Fioupiou:

l'idée de république universelle en FRANCE 585

« Nous déclarons que, quel que soit le gouvernement qui sera agresseur, nous nous refuserons à donner une goutte de notre sang. Nous sommes décidés à répondre à l'ordre de mobilisation par la grève des réservistes (1). »

Il y a quelques années, deux journaux. L'instruction primaire et L'Union pédagogique française, essayèrent de relever le culte du drapeau national. Ces deux organes ne trouvèrent pas de clientèle parmi les cent mille instituteurs formés par M. Buisson.

L'internationalisme va-t-il s'infiltrer jusque dans les associations de jeunes gens catholiques ? Dans la conférence publique qu'il donna le 23 mars 1903 dans la salle des Mille-Colonnes, M.Marc Sangnier, voyant son auditoire imbu d'idées humanitaires, crut devoir lui faire ces avances : « Nous aimons passionnément la France, mais nous la considérons comme le champ d'expérience de l'humanité, et nous sommes en quelque sorte des patriotes internationalistes (2). »

1. La majorité du corps enseignant dans l'enseignement primaire est gangienée non seulement par rinternationalisme, mais par le socialisme. En. 1904, à la suite du discours prononcé le 3 juin, par M. Chaumié, ministre de l'instruction publique, au sujet de l'introduction dans certaines écoles du Manuel d'histoire de M. Hervé, la Revue de V Enseignement primaire écrivait : « Nous sommes quelque trente mille instituteurs socialistes en France... Ajoutez à cela trente ou quarante mille radicauxsocialistes... Il ne faudra pas vous étonner si, dans quelques années, votre successeur se trouve à la tête d'une petite armée de quatre-vingt mille éducateurs socialistes. »

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