‹ La conjuration antichrétienneChapitre 62 sur 92 · Voir le Soleil du 14 février · texte numérisé non relu

Voir le Soleil du 14 février

ceux qui la gouvernent et qui sont délégués au pouvoir pour effectuer les uns après les autres les divers points de la désorganisation maçonnique.

V Armée. — Ce fut vraiment un travail colossal que 'celui que la France entreprit, après la guerre, pour se relever et pour reprendre son rang dans le monde. Loi du recrutement ; loi d'organisation ; loi des cadres pour ne citer que les lois constitutives. Edification de casernements et d'établissements sur tout le territoire; reconstitution de l'armement des troupes et de l'artillerie; construction des * systèmes défensifs de la frontière du Nord-Est et de celle du Sud-Est et de l'intérieur; élaboration des règlements généraux et des règlements particuliers d'armes; création de l'Ecole de Guerre et réforme des Ecoles militaires; constitution de l'Etat-Major de l'armée, comprenant les bureaux de la mobilisation, de la statistique, des opérations, des chemins de fer. Tout cela fut accompli, tandis que les troupes se reformèrent, reprirent confiance. En vérité, chaque année était une année de progrès, et quand la pensée se reporte sur ce que le dévouement de tous ceux qui servirent alors parvint à faire, on éprouve un sentiment de très vive admiration, vis-à-vis d'une œuvre que seul l'amour de la Patrie réussit à mener à bien.

Mais bientôt vinrent des hommes qui entreprirent de détruire, par ordre, tout ce qui constituait l'Armée : la discipline, le respect des chefs, la confiance réciproque, le sentiment du divin, l'abnégation et jusqu'à l'amour de la patrie. C'est cela d'abord qu'ils s'appliquèrent à détruire, parce qu'ils savent que, bien plus que l'armement le plus perfectionné et que les effectifs les plus considérables, ce sont les vertus de nos officiers et de nos soladts qui, à travers les siècles ont constamment fait la force de l'armée française.

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Mais ils ne négligèrent point le reste (1). Le ministère de la guerre fat confié à des ingénieurs, à des agents de change, à des hommes d'affaires ou à des militaires justement méprisés.

Aussi ce n'est plus seulement les devoirs militaires que le soldat doit remplir, que les officiers doivent enseigner dans ce temps si court de deux années, c'est encore les devoirs du citoyen. Par sa circulaire d'octobre 1905, M. Berteaux les a obligés à faire des conférences sur la solidarité, la mutualité et les progrès de l'esprit laïque; ils doivent conduire leurs hommes aux musées, aux usines, etc., car, dit la circulaire, « l'armée n'est pas surtout le plus grand organe de la défense nationale, elle doit être aussi un puissant organe de progrès social. La Ligue maçonnique de l'enseignement (congrès de Biarritz en octobre 1905 et d'Angers en août 1906) s'empressa d'applaudir à cette innovation que la loge avait inspirée.

Il faudrait parler ici de « l'affaire Dreyfus » et ■de ses suites. Mais n'est-elle pas présente à l'esprit de tout bon Français? Tous ne savent-ils pas -que c'est du mois de janvier 1895 que s'est ouverte la période des manœuvres odieuses que les ennemis de la Patrie n'ont cessé depuis de tramer contre l'armée, pour « tout chambarder » comme ils ont eu l'audace de dire.

La marine. — Que dire d'elle? De 1871 à 1909 elle nous a coûté très exactement 9.012.214.001 fr.

1. Lors de la discussion de la loi concernant le recrutement des officiers et les écoles militaires, 1908, le général Kessler écrivit : « Le nouveau projet de loi déposé à la Chambre sur le recrutement des officiers n'est qu'une suite du travail de démolitioai de l'armée française commencée depuis plusieurs années déjà, par voie législative, avec une VOLONTÉ et une méthode que la menace permanente du danger extérieur est impuissante à entraver.

C'est du moins le chifîre qu'accusent les rapports officiels de la rue Royale et du Palais-Bourbon. « Nous avons dépensé dix milliards, nous a dit M. Emmanuel Brousse à la tribune, reprenant les conclusions du rapport fait par la commission, et aujourd'hui nous n'avons pas de marine. » De fait, après un pareil effort, la France est tombée au sixième rang des puissances navales du globe.

Ici, la trahison — ce mot s'impose — s'est montrée sous une autre forme, sous la forme de catastrophes qui n'ont cessé de se produire (1).

1. Août 1900. — Le cuirassé d'escadre « Brennus » coule sur la côte du Portugal : 43 victimes; 1.700.000 francs.

Octobre 1900. — Le transport « Caravane /> est coulé au large de' Tagamatsu : 3 morts; 3 millions.

Février 1903. — Le contre-torpilleur « Espingole » coule près de Saint-Tropez : 2 millions 100.000 fr., y compris les frais de s'&.uvetage inutile.

Janvier 1904. — Le transport « Vienne » coule : 52 morts; 2.500.000 francs.

Mars 1904. — Le croiseur « Léon-Gambetta » brise ses hélices et déchire sa coqne : 600.000 francs de réparation.

Février 1905. — Le croiseur « Sully » se perd dans la baie d'Along d'où il n'a pu être retiré : 30.300.003 francs.

Juillet 1905. — Le sous-marin « Farfadet » coule en Tunisie : 14 morts, 500.000 francs.

Avril 1906. — Explosion sur la « Couronne » : 4 morts.

Juillet 1906. — Explosion d'une chaudière à bord du « Jules-Ferry » : 2 morts.

Octobre i906. — Le sous-marin « Lutin » coule en rade de Bizerte : 16 morts : Renflouement et réparations, 800.000 francs.

Novembre 1906. — A bord du « Charles-Martel » une torpille éclate : 1 mort.

Novembre 1906. — L' « Algésiras » brûle dans l'arsenal de Toulon : 3 tués; 1.500.000 francs.

Février 1907. — Le torpilleur « 339 » a un accident de chaudière dans les parages de Quiberon : 9 morts.

Février 1907. — Le « Jean-Bart » se perd sur la côte occidentale d'Afrique : 6.500.000 francs.

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C'est la seconde fois depuis un siècle que la marine française est démantelée. A la veille de la prise de la Bastille, ce fut en faveur de l'Angleterre, cette fois il paraît que c'est au profit de l'Allemagne.

L'aviation. — En mars 1910, lors de la discussion du budget, fut prononcé un discours qui se résume

Mars 1907. — Explosion de 1' « léna » à Toulon : 105 morts; 35.000.000 francs.

Mars 1907. ~ Le torpilleur « Epée » aborde le « 263 » :

2 morts.

Août 1907. — Explosion à bord de la « Couronne » :

3 morts.

Février 1908. — Accident à bord du « Descartes » : 5 morts.

Février 1908. — Explosion à bord de la « Jeanne-d'Arc x au Maroc : 4. morts.

Août 1908. — Explosion à bord de la « Couronne » : 9 morts.

22 septembre 1908. — « Latouche-Tréville » : 13 morts.

Bilan : 288 officiers et matelots tués. 85 millions de pertes.

Le rapporteur du budget de la marine de cette année, M. Chaumet, déclare que nous n'avons, à l'heure actuelle, et malgré tant de milliards consacrés à la flotte depuis quarante ans, que l'effectif réel suivant : cuirassés, 15; garde-côtes, 5 ; croiseurs cuirassés, 21 ; contre-torpilleurs, 64; torpilleurs, 162; submersibles et sous-marins, 68.

Il ajoute qu'en 1916, il ne nous restera que les 6 cuirassés type « Patrie » du programme de 1900 — qui seront a^.ors bien vieillis, et les 6 cuirassés, type « Danton », du programme de 1906 qui, seuls, auront moins de dix ans d'âge. Quant aux croiseurs cuirassés, seul V « Edgar- Quinet » et le « Waldeck-Rousseau » auront alors moins de dix ans.

Deux ans plus tard, en 1919, il ne nous restera plus un seul navire âgé de moins de dix ans. La France aura cessé d'avoir une marine cuirassée. Elle ne possédera plus que quelques vieux navires propres à constituer une escadre de la mort, mûre pour un Tsou-Sbima futur... En ces années de 1908 à 1920, l'Allemagne qui, patiemment, méthodiquement, poursuit l'augmentation de sa flotte, possédera autant de tonnes de cuirassés que l'Angleterre en compte actuellement. Le Japon et les Etats-Unis auront, à cette époque, accru leur flotte dans des proportions pareilles.

en ces quelques mots : Messieurs, nous sommes le pays de Faviation, le pays où elle est née et d'où elle a pris son vol, mais nous sommes en même temps celui , où elle n'a rien produit d'utile. L'Allemagne a toute une flotte aérienne, et nous n'avons pas même un dirigeable (1).

Les forces morales de la France sont aussi amoindries que ses forces physiques. Inutile de parler de la guerre faite à la religion et à ses ministres. La magistrature, le ministre de la justice a dû reconnaître en mars 1910 qu'elle est « gangrenée », le parlement ne l'est pas moins, et tout est employé pour gangrener jusqu'aux moelles toutes les classes de la société.

II n'y a à tout cela d'autre explication que celle donnée par M. de Marcère : « Tout l'effort de la désorganisation maçonnique se porte sur la France, pour la réalisation d'un plan immense où nous avons le rôle de sacrifiés.

» D'après ce plan, nous, Français, devons être les

1. La France a inventé les dirigeables et elle n'en a pas, tandis que l'Allemagne en a trente-huit.

La France avait aussi inventé des SQUS-marins : le désordre qui a régné à la Marine a permis au secret des sous-marins de filer à l'étranger, qui en a plus que nous.

La France avait aussi inventé la mélinite et même un détonateur spécial pour la faire exploser : mélinite et détonateur ont filé à l'étranger, par certains intermédiaires suspects du ministère de la Guerre, et c'est l'inventeur de la mélinite, Turpin, qui a expié en prison le crime d'avoir dénoncé cette trahison.

La France a inventé le canon de 75 à tir rapide sur affût fixe. Son inventeur primitif, le colonel Déport, a dû, comme les officiers aérostiers, quitter l'armée pour l'industrie privée qui l'en récompense mieux que ne l'a fait l'Etat français.

La France avait aussi organisé un incomparable service de renseignements militaires, qui lui permettait de se tenir sur ses gardes : les officiers qui avaient organisé ce service ont été couverts d'opprobre.

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premières victimes. Après nous, viendra le tour des autres Puissances catholiques, puis celui des Puissances protestantes qui se seront partagé nos dépouilles. Alors pourra être entrepris le grand œuvre de la République universelle avec les instruments et par les moyens qui se présenteront à ce moment. »

Il y a quelques années, l'historien Treitschke demandait :

« A qui appartiendra le sceptre de l'Univers? Qui imposera ses volontés aux autres nations, affaiblies ou en décadence? N'est-ce pas l'Allemagne qui aura la mission d'assurer la paix du monde? La Russie^ colosse immense et en formation, aux pieds d'argile, sera absorbée par ses difficultés économiques et intérieures. L'Angleterre, plus forte en apparence qu'en réalité, verra sans doute ses colonies se détacher d'elle et s'épuisera en des luttes stériles. La France, toute à ses discordes intestines et aux luttes des partis, s'enlizera de plus en plus dans une décadence définitive. Pour l'Italie, elle aura assez à faire si elle veut assurer un peu de pain à ses enfants. L'avenir appartient donc à l'Allemagne, à laquelle viendra se joindre l'Autriche, si elle tient à vivre. »

Ainsi pense l'Allemagne.

L'Angleterre a des espérances semblables. Ayajit l'empire des mers et étant résolue de le garder à tout prix, aucun peuple, pense-t-elle, n'est en mesure de prendre sur elle l'hégémonie mondiale.

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Les Etats-Unis ont la même ambition. « Le centre de gravité de l'activité humaine se déplace rapidement, et dans un avenir qui n'^est pas éloigné, l'Amérique conduira le monde. » Ainsi parle Mgr Ireland, l'un des interprètes les plus fidèles de l'âme américaine (1).

Qu'en sera-t-il? C'est le secret du Pouvoir occulte. Mais c'est plus encore le secret de Dieu. En aucune question, en aucune occasion, il n'a été plus vrai df dire : l'homme propose et Dieu dispose. Les ambitions, non plus les ambitions de frontières, comme autrefois, mais les ambitions de races sont partout éveillées, armées, prêtes à risquer l'enjeu de l'empire universel.

Le Pouvoir occulte observe depuis des siècles. Il a ses hommes près de tous les souverains, dans les ministères de tous les gouvernements, dans la diplomatie et dans les armées des divers peuples. Par eux, depuis qu'est ouverte l'ère de la Révolution, il surveille, il suggère, il donne des impulsions auxquelles les Etats obéissent, celui-ci de gré, celui-là de force.

« Les gouvernements de ce 'siècle, dit lord Beaconsfield, qui était en situation de le savoir mieux que qui que ce soit, n'ont pas affaire seulement aux gouvernements, aux empereurs, rois ou ministres, mais encore aux sociétés secrètes dont il faut tenir compte. Au dernier moment, elles peuvent mettre à néant tous les arrangements, elles ont des agents partout, des agents sans scrupules, elles se servent même de l'assassinat (2), et peuvent, s'il le faut, amener un massacre » (3).

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