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CHAPITRE XLIV L'ISRAÉLITISME HUMANITAIRE

Un isiaéli isme libéral e': human; taire, Voilà donc ce que tend à devenir la religion des Juifs. Et voilà ce que les Juifs les plus actifs, les plus avancés, voilà ce que V Alliance israélite universelle propose aux hommes de toute religion et de tout pays et ce qu'elle espère bien leur faire adopter.

Un effort bien puissant est fait en ce moment, sur tous les points de l'univers, pour ameher le genre humain tout entier à cette religion humanitaire. Nous sommes loin de pouvoir exposer ici cette eonspiration sous tous ses aspects, il y faudrait un autre livre. Nous en dirons assez pour faire comprendre à quelle profondeur sont sapés les fondements de la civilisation chrétienne^ et cela sur toute l'étendue de la terre.

L'idée d'une religion humanitaire commença à se manifester à la même époque que celle de la République universelle, c'est-à-dire vers la fin du XVIIP siècle; mais elle avait été conçue antérieurement. Un écrivain franc-maçon, Henné am Rym dans son ouvrage Allemeine Eulturgeschicht (T. IV, p. 214)

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dit : « La conception de rhumanisme, dans son sens le plus haut et, pouvons-nous dire, tout à fait moderne, fut propagée en 1641 en Angleterre par le frère Moiave Amos Komensky qui s'y éîait réfugié et qui y avait fait paraître en 1639 son Frodomus Pansophiœ. Il professait et propageait la tolérance générale de toutes les religions et l'amour de l'humanité se manifestant par la bienf:iisince. Animé d'abord de l'espérance de réunir en un© seule toutes les croyances chrétiennes, quand il se fut convaincu de l'impossibilité de réaliser ce projet, il rejeta toute différence confessionnelle et se plaça sur la hauteur de rhùmanité pure et dépouillée de tout préjugé. « Dans sa Pansophiœ, Amos Komensky parle d'un temple de la sagesse à construire et il dit : « Parce que cette œuvre ne doit pas servir aux chrétiens seulement, mais à tous ceux qui sont nés hommes;, elle pourrait être nommée la Pansophie ou sagesse humaine. »

A cette même époque, on vit un personnage dont le vrai nom est inconnu, mais qui se fit appeler Eyrénée Philalète, parcourir la France, l'Angleterre, la Hollande, l'Amérique. En tous ces pays, il parlait d'une nouvelle religion «humanitaire» qui devait "établir prochainement dans le- monde et comprendre toutes les nations. « Ses écrits, dit Claudio Jannet, qui renvoie à l'Histoire Hermétique de Lenglet- Dufernoy (I, 402), ont une teinte judaïque très prononcée. L'humanitarisme s'y donne déjà comme devant remplacer le christianisme. »

« Au siècle suivant, observée M. Joseph Lemann (1), le philosophisme commence à se mettre à l'exécution de ce plan d'enfer. Il y emploie deux maxi-

1. L'entrée des Israélites dans la société et les États chrétiens, d'après des documents nouveaux, ch. IV.

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mes qui, après plus d'un siècle, n'ont rien perdu de leur prestige : « Toutes les religions sont bonnes », « les Juifs sont des hommes comme les autres. » La première de ces maximes avait pour but d'abaisser le christianisme, la seconde de relever les Juifs, l'une et l'autre de préparer le terrain pour un temps plus ou moins éloigné à la religion humanilaire; car du moment où on n'admettait entre les religions ni infériorité, ni supériorité, il n'y avait plus à considérer en chacun et en tous que l'humlanité et à proclamer les « Droits de l'homimie ».

On sait comment, depuis le rétablissemeiit du culte en France, cette égalité entre les religions fut établie, maintenue et développée piar Napoléon qui mit les sectes protestantes sur le même pied que l'Eglise catholique, par Louis-Philippe qui fit entrer les Juifs dans cette confusion, par Napoléon III qui y admit les musulmans. Nous voyons mlaintenant comment, sous la troisième république, la supériorité a été rétablie en faveur des juifs el des protestants, qui ont toutes les forces gouvernem3ntales à leur service pour persécuter ceux des catholiques qui n'entrent point dans le mouvement. Il ne pouvait en être autrement. L'Eglise catholique possède et professe la pleine vérité. Un secret instinct le dit même à ceux qui sont les plus éloignés de nous.

Permettre à toutes les religions fausses, aux hérésies, aux schismes, aux monstruosités de l'orgueil et même de l'immoralité, de vtenir se ranger sur la même ligne, prétendre à la même considération, c'était autoriser d'avance la ligue légale de toutes les erreurs, de toutes les monstruosités, contre la religion catholique, contre les établissements catholiques, contre la vie catholique. Cela ne s'est pas fait attendre. Cela dépasse même tout ce que les

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bons pouvaient redouter, tout ce cfae les méchants pouvaient se promettre.

Ici encore nous nous trouvons en présence do l'exécution du plan élaboré au couvent de Wilhemsbad, Il est tout entier exprimé, dans los paroles que le comte de Virieu, de retour de ce congrès, dit au comte de Gilliers. Il concluait en disant combien il serait, difficile au catholicisme de ne pas succomber sous l'assaut qui allait lui être livré.

De Maistre, qui vit et prévit tant de choses, n'ignorait rien de ce plan. Il en avertit Alexandre I^^ dans un mémoire qu'il lui adressa en 1816, Il y dit : «Il y a très certainement, selon toutes les apparences, des sociétés proprement dites, organisées pour la destruction de tous les trônes et de tous les autels. »

II ajoutait que les juifs tiraient un grand parti de ces sociétés. Il etit pu dire qu'ils en étaient l'âme.

En 1860, l'heure sembla venue de se mettre résolument à l'œuvre; le juif Crémieux, chargé de préparer les voies au règne de l'humanitarisme, institua V Alliance israélite universelle, comme nous l'avons vu ^u chapitre précédent.

Le moyen le plus puissant peut-être inventé pour réaliser son programme, pour se procurer les pierres vivantes qui doivent entrer dans la construction du Temple, c'est l'école neutre.

N'est-ce pas upe chose prodigieusement étonnante que de voir tous les Elats, ca'holijues oa protestants, monarchies ou républiques, promulguant, à peu près en même temps, les mêmes lois pour imposer la neutralité !au point de vue religieux, dans l'enseignement de la jeunesse? Comment expfiquer, en dehors

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de la conjumtion • antichrétienne, un tel accord pour une chose si nit)nstrueuse, let dont les effets ont été bientôt si funestes, que plusieurs Etats se sont hâtés de corriger leur législaiion sur ce point?

Mais laussi, quoi de plus efficace que cette neutralité scolaire pour atteindre le but visé par V Alliance Israélite universelle? Les enfants élevés dans l'ignorance des vérités religieuS'es appartiennent par le fait à risraélitisme libéral et; humanitaire; ils sont les éléments tout faits de la « religion universelle », de ce « catholicisme » qui perme'tra l'accomplissement des destinées d'Israël.

La preuve que le Juif est l'instigateur de ce mouvement, nous la trouvons dans le livre qu'a publié un inspecteur d'Académie, M. Pajot.

Après avoir dit que les élèves des écoles norm^iles y perdent infailliblement la foi et qu'il est par conséquent nécessaire de remplacer la foi « par une forte culture morale indépenda7ite de tout enseignement confessionnel, » il prend le langage de V Alliance Israélite universelle, et il dit : « Que cette culture morale est aussi une foi, une religion, mais une religion supérieure à toutes les autres, et dans laquelle elles peuvent et doivent se confondre. A côté, et nous ne craignons pias de dire au-dessus des religions qui divisent les esprits, il y a place pour une religion vraiment universelle, acceptable pour tous les esprits pensants et qui renferme les religions particulières comme le genre renferme les espèces 1 (1) »

N'est-ce point mot pour mot le langage des Archives israélites et de V Alliance israélite universelle 'f

Cette conformité de 'langage, de pensées et de vœux entre ce fonctionnaire de l'Université et la grande

l. Avant d'entrer dans la vie. Aux instituteurs et institutrices, consd's et directions pratiques.

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machine vivante et parlante construite par les juifs modernes pour broyer tout ce qu'il y a de positif en toute religion quelle qu'elle soit, n'est-elle pas bien digne d'attention?

La tâchie que l'Alliance Israélite universelle s'est donnée à accomplir, pour préparer l'édification du Temple, est donc d'introduire dans le catholicisme et en ce qui reste de ferme dans les autres religions, des éléments de dissolution qui les amèneront à se confondre toutes dans une Vague religiosité humanitaire.

Les dogtoeis forment^ pour ainsi dire, l'ossature des religions, et c'est aussi par eux qu'elles se distinguent et se tiennent séparéies les unes des autres. Le grand effort des apôtres de la religion humanitaii^e doit donc être de les fa^ire disparaître. Il s'y porte en effet. Un synode protestant tenu à Clairac, en octobre 1903, exprimait parfaitement leur dessein et leur but dans ce vœu : «Que les banières soient abaissées entre les Eglises, afin de faciliter la collaboration fraternelle au service de l'humanité. »

C'est en Amérique surtout qu'a pris corps le projet de l'élablissément d'une religion huraani'aire, devant se substituer aux religions existantes. Depuis longtemps on y ti^av'aille à abaisser les barrières dogmatiques et à unifier les confessions de façon à favoriser les voies à l'humanitarisme.

Le terrain est propice. D'après le P. Forbes, S. -.T., dent cinquante sectes officiellement inscrites comprennent sept à huit millions de protestants, membres actifs des Eglises aristocratiques. En dehors de ces Eglises officielles, il y a quarante-cinq millions d'indifférente.

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Pai'mi ceux qui ont conservé le sentiment religieux, il en est beaucoup qui sont empoi-tés p^ les sectes les plus échevelées. Enfin, on compte en Amérique huit cent mille francs-maçons (1) et dix millions de spirites. Dans un tel milieu, l'humanitarisme peut se donner carrière.

Dans cette miasse d'infidèles, voici d'après le Catholio Directory de Milwaukee, la population catholique des Etats-Unis. Elle était en 1906, de 12.651.944, soit 189.131 de plus que l'année précédente. Le nom-

1. En octobre 1905, VAlpi}m, publication maçonnigue internationale, lançant l'idée de célébrer, en 1917, par unij fête générale à Londres, le deux centième anniversaire de la création de la Franc-Maçonnerie en Angleterre, donna ce renseignement : « Le grand développement qu'a pris la F. • .-M. • . 'dans les Etats-Unis d'Amérique est démontré par le fait que plus de 87 o/o des membres de la Chambre des représentants et 80 o/o des sénateurs appartiennent à des loges. »

A l'occasion de la dernière élection à la Présidence des Etats-Unis, le Saint-Paiil-Wanderer (no 2123) publia un article qui fut reproduit par le CathoUc Fortnightly Beview de Saint-Louis. Il y était dit que les deux candidats, MM. Bryon et Taft, étaient l'un et l'autre francs-maçons. Et la Vérité de Québec ajoutait que depuis la fondation des Etats- Unis, la règle, sauf de rares exceptions, a été que leurs Présidents appartinssent à la Franc-Maçonnerie. Le premier, Washington, a été élu d'abord secrètement par ses frères avant d'être désigné au choix populaire. Le F.-. Limousin, parlant dans un journal du rôle considérable que la Franc-Maçonnerie joue aux Etats-Unis, écrit : « Elle a été le moule où s'est formée la société américaine ».

Le nombre des Francs-Maçons aux Etats-Unis que nous reproduisons ci-dessus est celui qui a été donné par le P. Forbes. Mais le l«r mars 1908, le CathoUc Forttiightly Beview affirmait, d'après l'Encyclopédie des Fraterniié.'i d'Amérique, que les Loges maçonniques seules augmentent annuellement d'une moyenne de trente mille membres, hommes et femmes, et que le chiffre actuel de toutes les sociétés secrètes à tendances antichrétiennes : Loges des trois Rites, Triangles sataniques, loges socialistes et anarchistes, Odd Fellows, chevaliers de Pythias, etc., etc., peuvent s'élever aux Etats-Unis à plus de huit millions, y compris les sœurs de toute espèce.

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hre des membres du clergé, régulier et séculier, est de 14,484, se décomposant ainsi : séculiers, 10.789; réguliers, 3.695. Un caMinal, 14 archevêques et 90 évêques. Les églises sont au nombre de 11.814. Et 1.066.207 fréquentent 4.281 écoles. Ces chiffres ne s'appliquent qu'aux Etats-Unis continentaux, et ne tiennent compte ni de Porto-Rico, ni des Philippines.

Plus que le nombre, ce qu'il importe de connaître, c'est la disposition d'esprit.

Un livre a été publié récemment : La religion dans la société aux Etats-Unis, par un écrivain français, M. Henry Bargy. M. Brunetière, dans un article qu'il publia len décembre 1902 dans la Bévue des Deux- Mondes, lui rend ce témoignage qu'il a 1res habilement décrit les transformations qui s'opèrent en ce moment même au sein du pro!estantisme. M. Brunetière marque ainsi le terme de cette transformation : « L'évolution qui prépare en Amérique l'unité du christianisme est un effet du positivisme ». En effet, dans la pensée d'Auguste Comte, « religion » et « sociologie » ne font qu'un. Sa sociologie n'est qu'un effort pour réaliser le royaume de Dieu sur la terre; c'est-à-dire diviniser l'homme ou humaniser Dieu. » M. Bargy donne de cette évolution ^— et nous les ferons connaître d'après lui — les origines, le développement et le caractère. Le résultat est ce qu'il appelle parfois la religion américaine, d'autre fois LA RELIGION HUMANITAIRE.

La Religion américaine, telle qu'elle nous est présentée dans ce livre, n'est point tout à fait ce que M. l'abbé Klein, dans sa Vie du F. Jlecker, et, après lui, Mgr O'Connell et Mgr Keane, ont baptisé du nom d'américanisme (1). L'américanisme est ce que

1. Voir V Américanisme et la conjuration an tî chrétienne, pp. 306-308.

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quielques catholiques ont laissé entrer dans leur catholicismie de l'idéal religieux américain; mais cet idéal ne se réalise complètement que dans les ssctes protestantes qui se partagent les populations de l'Amérique, et dans le judaïsme libéral.

De cet « idéal américain », ou de celte « religion américaine, » M. H. Bargy donne cette définition par le fait : « Toutes les Eglises des Etats-Unis, protestantes, catholiques, juives et indépendantes ont quelque chose de commun. Elles sont plus voisines entre elles, qfue chacune d'elles ne l'est avec son Eglise-mère d'Europe; et l'ensemble de toutes les religions d'Amérique forme ce que l'on peut appeler la religion américaine. » Ces lignes sont les premières qlii se lisent en tête du livre de M. Henri Bargy. Le livre tout entier est pour démontrer le bien fondé de cette assertion.

Nous avons à faire, dès maintenant, des réserves sur la miention de l'Eglise catholique au milieu des Eglises protestantes et juives. Il n'est point vrai de dire que l'Eglise catholique en Amérique est plus voisine des sectes protestantes que de l'Eglise romaine; mais il est exact que des chrétiens qui conservent le nom de catholiques se rapprochent trop des protestants, — en Amérique plus qu'ailleurs. La facilité aviec laquelle les familles catholiques confient l'éducation de leurs enfants aux Universités neutres ne fera qu'aggraver le mal. Le R. P. B. Caselly, S. J., dans un article reproduit par le CathoUe Morrer de Baltimore, a dit en avril 1906 : « Il y a en ce moment au moins deux mille étudiants catholiques, garçons et filles dans ces Universités. »

Les origines de la Religion américaine doivent ê'ie attribuées, selon M. Bargy, aux Puritains. Le terme

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en sera dans un christianisme élargi jusqu'à l'humani taris me.

Il croit pouvoir poser ces deux assertions : « La République des Etats-Unis est, dans la pensée des Juifs d'Amérique, la Jérusalem future ». « L'Américain croit sa nation Velue de Dieu ». Et il ajoute : Dans cette confiance patriotique des Américains, les Juifs ont reconnu la leur. Leur orgueil national est venu s'appuyer sur celui de leurs nouveaiux compatriotes. Les uns comme les autres attendent de leur race le salut de la terre (1). »

1. M. l'abbé Klein, dans le récit qu'il publia dan s le Correspondant (10 février et 10 mars 1904) de son voyage en Amérique, reconnaît qu'il y a six cent mille juifs dans la ville de New-York. Il ajoute, il est vrai, que c'est la moitié de ce qu'il y a dans les Etats-Unis; mais les gens bien, informés assurent, au contraire, que la même proportion se retrouve dans les autres villes de l'Union.

Cette émigration des juifs aux Etats-Unis répond bien à oe que dit M. Bargy, que la République des Etats-Unis est, dans la pensée des juifs d'Amérique, la Jérusalem future.

Un journal juif, la Zntung des Judenstams, dans son numéro du 13 octobre 1905, laisse entendre que les Juifs finiront par conquérir le Nouveau-Monde. « Dans un tel pays, avec des possibilités illimitées, où il n'y a pas de religion d'Etat, et où on ne vous demande ni votre origine ni votre nationalité, un peuple actif, sobre, studieux et plein d'initiative peut aller loin... Actuellement, le nombre des Juifs se trouvant au premier plan de la vie publique, est de plus de 900. Le fait est d'autant plus réconfortant qu'il n'y a qu'un petit pour cent de la population juive qui vive depuis plus d'un âge d'homme aux Etats-Unis; et cependant il fiaut au mcins un âge d'homme pour jouer un rôle dans la vie d'un peuple. »

Ce quo non ascendum est digne d'attention. A la suite de la campagne menée par les Juifs en 1907 pour l'abolition de la fête de Noël da.ns les écoles des Etats-Unis, le Central cathoHc publia ce défi porté à la chrétienté par le juif Israël Rosenstoin : « Si les chrétiens s'irritent et veulent renverser l'ordre donné par la Commission scolaire de New-York, les .forces juives coahsées peuvent précipiter une terrible catastrophe financière, dont l'issue sera que nous attraperons plus encore que ce que nous demandons maintenant! »

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Cet orgueil national est partagé même par des membres du clergé.

« Dans le cours de l'histoire, a dit Mgr Ireland, la Providence a choisi tantôt une nation tantôt une autre, pour servir de guide et de modèle au progrès de l'hiimaniié. Qjand s'ouvril l'èra chrétienne, c'était Rome toute-puissante qui menait l'avant-garde. L'Espagne prenait la direction du monde à l'heure où l'Amérique s'apprêtait à entrer dans la famille des peuples civilisés. Maintenant que commence à poindre sur V horizon ïère la plus grande qu'on ait encore vue, de quelle nation la Providence va-t-elle faire choix pour guider les destinées de V humanité ? Cette noble nation, je la vois qui m'apparait. Géante de stature, gracieuse dans tous ses traits, pleine de vie dans la fraîcheur et le matin de sa jeunesse, di^ne comme une matrone dans la prudence de sa démarche, les cheveux ondulants au souffle chéri de la liberté, c'est elle, on n'en saurait douter en la voyant, c'est elle la reine, la conquérante, la maîtresse, l'iNSTiTUTRiCE des siècles a venir... Ses enfants lui sont venus de tous les pays; ils ont construit un monde nouveau, un monde qui incarne en lui les espérances, les ambitions, les rêves des prêtres et des voyants de l'humanité.

» La nation de l'avenir 1 ai-je besoin de la nommer? Nos cœurs frémissent d'amour pour elle.

» 0 mon pays, c'est toi.

Douce terre de liberté,

C'est toi-même que je chaate » (1).

Les Juifs ont dit : « Le développement et la réalisation des principes modernes sont les conditions les plus énergiquement vi'ales pour l'extensijn expan-

1. Voir V Américanisme et la conjuration anti chrétienne, pp. 187-190.

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sive et le plus haut développement du judaïsme (concile juif de 1869).

De leur côté, les Américanisles nous disent : « Les idées américaines sont celles que Dieu veut chez tous les peuples civilisés de notre temps. »

« L'influence de l'Amérique, continue Mgr Ireland, s'étend au loin parmi les nations, antant pour la solution des problèmes sociaux et politiques que pour le développement de l'industrie et du commerce. Il n'y a point de pays au monde qui ne nous emprunte des idées. L'esprit de la liberté américaine déploie son prestige à travers les océans et les mers, et prépare le terrain pour y planter les idées et les mœurs américaines. Cette influence croîtra avec le ])rogrès de la nation. Le centre de gravité de l'activité humaine se déplace rapidement, et da7is un avenir qui n'est pas éloigné, I'Amékique conduira LE MONDE ». (L'avenir du catholicisme aux Etats- Unis).

M. Bargy ne prête donc pas gratuitement ses pensées aux autres, lorsqu'il dit que les Américains voient le salut de la terre se préparer dans « l'évolution religieuse qui^se fait sentir aux Etals-Unis, et qui prépare une religion de l'humanité où viendraient se confondre toutes les religions existantes. » On a lu les premières lignes du livre, celles-ci sont les dernières. Le livre tout entier marque les phases de cette évolution.

M. Bargy fait remonter les origines de la religion américaine à l'époque où, sur d'autres indices, nous avons reporté nous-même les origines de l'humanitarisme, c'est-à-dire au XVII^ siècle. « Le christianisme américain, dit M. Bargy, a reçu des premiers colons son caractère. La colonisation par les Puritains date de leur émigration en Hollande où ils vécurent

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douze ans avant de passer en Amérique. C'est en Hollande qu'est né le christianisme américain. La premièro Eglise protss'ante d-i Nouveau-Monde, celle de Plymouth (1620), ne fut autre que l'Eglise de Leyde fondée en 1608 aux Pays-Bas par des séparatistes anglais sous la conduite de John Robinson. L'histoire de l'Eglise de Leyde, c'est déjà l'histoire des Eglises d'Amérique : « Un effort vers plus de tolérance pour plus de solidarité ». « Le traité de la communion religieuse », écrit en 1612 par Robinson, est le premier témoignage d'un esprit nouveau en religion... Robinson mit son Traité sous l'invocation de saint Paul, cet apôtre de la tolérance dont s'inspirent tant de prédicateurs du Nouveau- Monde (1). »

Quel est cet esprit nouveau en religion? On vient de le dire, c'est un esprit de tolérance en ce qui concerne le dogme, afin d'arriver à une plus parfaite solidarité entre les hommes de toute race et de toute condition. C'est donc un esprit humanitaire. « La religion des Puritains est faite pour l'homme et non pour Dieu. Ils sont dévots de la religion en ce qu'elle a de social,; ils n3g!i^eiit ce quelle a de dogmatique. »

Ce fut d'abord comme un instinct qui gagna l'une après l'autre toutes les sectes protestantes résidant en Amérique. De 1820 à 1830 ce devint, avec Channing, un système philosophique qui prit le nom d'Unitarisme. Son auteur le caractérise : « Une religion qui refuse de se définir. » Son seul dogme est l'indifférence aux dogmes. « Nous n'avons suivi qu'un système : exclure la controverse ». Ayant ainsi écarté la vérité révélée, il fit de sa religion une philan-

1. M. Bargy fait ici allusioa à la Congrégation des Paulistes fondée par le P. Hecker.

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thropie : « Le perfectionnement de l'homme par le perfectionnement de la société. »

De 1830 à 1840 se forma le groupe des Transcendantalistes. « A côté des Unitaires et plus haut qu'eux, dit M. Bargy, ils incarnent ce qui caractérise l'Amérique : l'union du sentiment chrétien et de la raison positive; ils réconcilient l'esprit évangélique et l'esprit rationaliste en les faisant servir tous deux à l'action sociale... Conciliateurs par excellence, ils persoiinifient l'horreur américaine des controverses et des polémiques... Ils concilient toutes les contradictions apparentes : chrétiens et rationalistes, individualistes et socialistes. Ils sont typiquement américains. »

« L'influence des Transoendantalistes, dit encore M. Bargy, comme celle des Unitaires, s'est répandue partout : on la reconnaît dans- les sociétés de culture morale, dans les Eglises libérales, et même dans les Eglises orthodoxes; dans la littérature et le journalisme; dans l'éducation, dans • le courant d'idées, insaisissable et tout-puissant, qui fait la façon de sentir et de penser d'un peuple. »

Après avoir passé des Puritains aux Unitaires et des Unitaires aux Transcendantalistes, le christianisme américain a trouvé son terme dans la « Société de culture morale », Society for Ethical Culture. C'est le type de l'Eglise sans dogme. Elle n'enseigne plus à mourir, mais à vivre; elle est une école d'énergie pratique, qui fait, du perfectionnement de l'homme par le perfectionnement de la société, l'objet même du christianisme transformé. En un mot, le christianisme dans la transformation que la religion humanitaire veut lui faire subir, ne sera rien autre chose que le socialisme.

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« La vraie forme et la forme vraiment moderne de la religion^ dit un jeune publicisle italien, M. Guillaume Ferrero, c'est le socialisme allemand » (1).

Et M. Brune tière reprend : « Pourquoi le « socialisme iallemand »? C'est le « socialisme » en général qu'il faut dire — • en France aussi bien qu'en Allemagne, en Italie comme en Angleterre, le socialisme sans épithète, le socialisme des foules : je veux dire le socialisme considéré, non dans les programmes ou à travers l'éloquence des politiciens qui s'en font une carrière et une voie d'accès aux jouissances du pouvoir, mais dans les aspirations de ces masses populeuses qu'agitent, que soulèvent et qu'entraînent ses prédica'eurs. Moins français, plus international et plus universel que notre rév^olution, ce que le socialisme aspire à réaliser, c'est proprement « le royaume des cieux » sur la terre, c'est le rêve de l'universelle fraternité dans l'universel amour. Ce n'est point après la mort, ni dans une autre vie, dont celle-ci ne seiait que la voie douloureuse, mais sur terre et demain, que le socialisme promet à ses adeptes la réalisation du royaume des cieux... Ce qu'il y a de certain, c'est que ces espérances n'étant pas conçues comme immédiatement réalisables, maïs dans un avenir indéterminé, l'enthousiasme qu'elles inspirent à ceux qui les partagent est lui tout seul une manière de religion (2). »

Le socialisme est bien, en effet, la forme concrète de la reUgion humanitaire; ou, si l'on veut, le terme de la civilisation moderne, si elle parvient à supplanter pour un temps la civilisation chrétienne.

1. M. Gougenot des Mousseaux (p. 97) dit, que dès l'année 1831, il s'est formé en Allemagne une association de juifs et de chrétiens doat le but est de fonder la civilisation religieuse, morale et sociale des Israélites.

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