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Semaine religieuse de Genàve, 24 décembre

blications sillonnistes. L'esprit des Unions chrétiennes se répand donc chez nous par le Sillon et aussi par certains émissaires qui s'introduisent dans les Associations de la jeunesse catholique. Rien n'exige de la part du clergé et des catholiques une surveillance plus active.

Un livre a été publié, il y a un peu plus de cinq ans, sous ce titre : Jeunesse. Il a été couronné par l'Académie française, l'exemplaire que j'ai sous les yeux est de la vingt^septième édition (1). Là se trouve le pur esprit des Unions chrétiennes qui n'est autre que l'esprit voulu par V Alliance Israélite universelle.

Le dernier chapitre est intitulé : La Foi. « Se reconstituer une foi, dit l'auteur, et pour cela se rendre compte comment naît la foi, est un des besoins les plus sérieux et les plus profonds de la jeunesse. »

Si la jeunesse catholique a besoin de se reconstituer une foi, c'est donc que la foi reçue a été ou

1. L'auteur de Jeunesse est le pasteur Wagaer, de Paris. II y a près de vingt-cinq ans qu'il prêche à Paris l'évangile de la solidarité sans dogmes et qu'il a l'ambition de faire du christianisme un supérieur humanisme. Outre Jeunesse, il a publié Justice, Vaillance, Auprès dit Foyer, VAme des choses, la Vie simple. Ces livres sont traduits dans toutes les langues civilisées, et font pour ainsi dire h ce pasteur un diocèse universel. Ses allocutions de chaque dimanche sont sténographiées, traduites par ses amis d'Amérique et reproduites chaque semaine dans cinquante journaux des Etats-Unis.

La Vie simple fut lue par le président Roosevelt. Il y trouva la reproduction de son idéal, et le dit dans deux discours publiés, à Banyor (Maine) et à Philadelphie. Il écrivit en même temps à l'auteur : « Je prêche vos livres à mes concitoyens. Venez me voir à la Alaison-Blanche » (Automne 1902). D'autres lettres pressantes lui vinrent d'Amérique, il se mit cà apprendre l'anglais et partit le 10 septembre 1904. Le 25 il se trouvait en présence d'un auditoire de 12.000 personnes. Il fit 150 conférences, et 200.000 auditeurs l'applaudirent successivement. A

doit être abandonnée. L'auteur dit en effet : « On entend communément par foi, radhésion à un corps d'e doctrine qui se présente à nous avec un caractère d'autorité. Dieu, à une certaine époque, aurait révélé la vérité aux hommes, une fois pour toutes. La révélation ainsi faite constitue un bloc dont certains hommes et certaines sociétés sont les dépositaires. Représentant la vérité divine, ils réclament la même soumission que Dieu. Il ne s'agit pas de peser, d'examiner, de discuter ce qu'elles nous apportent, mais de le recevoir à genoux, au milieu du silence imposé à notre être tout entier, malgré ses répugnances et ses révoltes. Toutes les vieilles croyances autoritaires en sont là. Ce premier point d'où elles parlent et qui entraîne le reste, est le gros point litigieux sur lequel elles se séparent de l'esprit moderne. Mais, hâtons-nous, d'ajouter que l'esprit moderne se rencontre ici avec le Christ et l'Evangile... Le Christ est un inconnu, non seulement dans le

Washington il fut présenté à l'assemblée par M. Roosevelt lui-même.

Reçu ensuite dans l'intimité du Président, il dit : « La doctrine foncièrement humaine et haute contenue dans mes écrits créait d'emblée un terrain commun entre tous mes auditeurs : pasteurs variés, très souvent aussi (j'en étais ravi), prêtres catholiques, professeurs, industriels, médecins, etc. Nous avons fraternisé par-dessus toutes les barrières d'intérêts, de classe et de credo.

— Toutes les barrières.

— ]\Iais oui. Par exemple j'ai parlé à la synagogue Emmanuel-Temple devant un auditoire de 2500 Israélites. A Saint-Paul j'eus, avec l'archevêque Ireland, une longue conversation. En parlant à cœur ouvert avec ce patriarche du catholicisme libéral, je sentis une fois de plus que la religion du cœur ne connaît point^ d'exclusions. Combien de fois n'avais-je pas eu la même impression en causant en France avec des prêtres d'un catholicisme^ sans anathèmes ! Tin de mes grands regrets, c'est de n'avoir pn faire à New-York la conférence demandée par les Dames de Saint-Vincent-de-Paul au profit de leurs œuvres.

monde, mais même ,dans les Eglises qui se réclament de lui. Si quelque chose est obstrué, terni, dévié de sa ^direction première, c'est bien le vieil Evangile... Dans sa pensée, comme dans sa pratique, dans sa façon d'interpréter le monde comme dans sa manière de régler l'activité humaine, l'Evangile dépasse à tel point toutes les Eglises qui se sont réclamées de lui, qu'il est dans Vavenir bien plutôt que dans le passé. Et plus on fixe son attention sur ce sujet, moins on peut s'empêcher de constater une grande affinité eatre cet Evangile oublié et les meilleures aspirations de l'esprit moderne. »

Que dit donc l'esprit moderne? quel est le fond de sa pensée, là où il se trouve d'accord avec l'Evangile et avec le Christ? L'auteur nous le montre en ceci : « L'homme est en évolution, et avec lui la nature entière, de l'atome et de la cellule vers la vie parfaite. Sa loi c'est le devenir (ainsi souligné). Et quand il prend conscience de ce fond de sa destinée, le sens qui prend la vie dans son ensemble, qui enveloppe tout ce détail dont nous sommes faits dans la grande volonté qui est au fond des choses est le sens religieux. » Du sens religieux naît la piété et de la piété la foi.

« La foi, sommet de la vie, de toute la vie, est la synthèse totale de l'induction humaine. Toutes nos expériences et celles du passé vivifiées à travers notre âme, se condensent ensemble et constituent pour nous la révélation personnelle que nous a fait la vie : voilà la foi.

» La piété est de vouloir faire la volonté du Père; et la foi, de sonder sa vie, afin de réaliser ce qui est en elle et d'accomplir la volonté dont elle est issue. »

D'après tout cela, la foi que la jeunesse chrétienne

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doit « reconstituer » en elle paraît bien être la foi des. panthéistes par laquelle « le fil de l'évolution humaine est maintenant jenoué. »

Le panthéisme, l'évolutionisme, telle est donc la religion de l'avenir, la religion vers laquelle la jeunesse est engagée à se porter. « Certaines religions sont bonnes pour abriter les vieux égoïsmes, les sénilités, les puérilités, ou encore pour soustraire aux bruits du dehors, les cœurs déçus ou même pour endormir doucement les consciences et les intelligences. Celle-ci est surtout faite pour la vie et pour les vivants. Elle nous jette en pleine action, en pleine mêlée : elle nous fait faire un beau départ avec vaisseaux brûlés derrière nous. Point de regard en arrière! c'est énergique, viril, joyeux. Cela sonne et vous enlève comme le clairon des batailles! »

Après ces paroles emphatiques, l'auteur en vient aux conseils pratiques. Un mot les précède pour servir de tampon et amortir le coup qu'ils doivent porter.

« Lorsque l'on appartient par la naissance à un milieu religieux, c'est un devoir de lui vouer une grande reconnaissance. Aimer son Eglise est bon comme aimer sa famille et son pays. — Mais ici se présenté un écueil : l'esprit de parti en religion, l'esprit exclusif. Jeunes croyants, fuyez-le comme la peste! Mieux vaudrait être seul que de cultiver en commun l'esprit d'exclusion et l'orgueil spirituel. Comme en toutes choses, ce temps-ci demande, sur le terrain de la foi, une grande largeur. Le devoir de l'heure présente est de fraterniser, et les Eglises particulières, quelle que soit leur raison d'être, ne sont bonnes qu'à la condition de « nous préparer à l'Eglise universelle. »

» Il y a des heures dans l'histoire où il faut être l'homme d'une cause particulière, définie, où il y

a, en un mot, un trou à faire en un certain sens, et où il convient de s'enrégimenter. Aujourd'hui, le de-* voir pressant est de franchir les murs de séparation et de se tendre les mains par-dessus les clôtures. Retrouver l'humanité, redevenir des hommes, si cela est le mot d'ordre en pédagogie, en politiqfue, sur le terrain social, .combien plus ne devraiL-on pas s'en souvenir sur le terrain religieux, le plus large de tous, et ;que l'étroitesse d'esprit parvient à morceler et à rétrécier d'une si lamentable façon. Que la jeunesse le comprenne! »

Ce livre, il est bon de le redire, a été couronné par l'Académie française et la propagande qui en est faite est telle qu'en ses trois premières années ' il est arrivé à sa vingt-septième édition.

A toutes ces jassociations qui écartent le dogme et ^montrent lia perfection de la morale dans le progrès humanitaire, il faut joindre comme tendant au même but l'enseignement de l'histoire des religions et les congrès de l'histoire des religions.

Le premier de ces congrès a eu lieu à Paris, en 1900, le second à Bâle, du 30 août au 2 septembre 1904. Toutes les nations de l'Europe, de FAmérique, de l'Asie y étaient représentées par des pait-sans des formes religieuses les plus diverses.

M. Albert Réville, directeur de la Bévue de l'Histoire des JReligions, était à ce congrès en qualité de délégué de lia Faculté de théologie de Paris et de représentant du ministre de l'Instruction publique et du ministre des Affaires étrangères. Il a dit ce que le gouvernement de la République a fait depuis vingtcinq lans pour favoriser ce genre d'études, qui « dans les soixante dernières années, a pris un développement international sans cesse grandissant, et que les

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siècles précédents n'avaient pu prévoir ». Il a fondé en 1880 une chaire spéciale d'histoire des religions au collège de France, suivie, peu d'années après, par celle d'une section non moins spéciale dans l'Ecole des Hautes-Etudes organisée à la Sorbonne. Vers le même temps, M. Guinet, avec l'assentiment des Pouvoirs publics, a doté la capitale d'un Musée d'Histoire des religions (1).

Des professeurs des Universités d'Upsal, de Balti-

1. Ce musée des religions a été inauguré par. M. le Président de la République, le 26 novembre 1889. Il avait été construit aux frais de l'Etat au prix de trois millions, sur un terrain donné par la ville de Paris et estimé un million. M. Guinet a consacré l'immense fortune que son père avait faite avec le bleu d'outre-mer, à rechercher et à acquérir tous les objets de culte, images, livres sacrés, etc., pouvant servir à l'étude des religions, et il a placé dans ce Pandemonium, dans un ordre méthodique, toutes ces collections que l'on estime avoir une valeur de dix millions. La bibliothèque se compose de plus de quinze mille volumes, dont un grand nombre de manuscrits indous, sur feuilles de palmier.

Des salles sont mises à la disposition des travailleurs. Des conférences sont faites plusieurs fois par semaine, et une double publication périodique les Amiales du Musée Guinet et la Mevue de l'Histoire des religions portent au loin l'enseignement que l'on peut tirer de ce rassemblement d'idoles et de livres. Outre les Annales et la Eevue, le Musée Guinet publie une bibliothèque de vulgarisation dont les divers volumes contiennent l'exposé de toutes les religions.

Lors des noces d'argent de ce Musée auxquelles prit part, avec M. le Président de la République, le ministre de l'Instruction publique, La Raison dit l'impression qu'il produit, généialement sur ceux qui le visitent : « On y peut suivre pas à pas, siècle par siècle, les fantaisies de l'imagination de l'humanité, exaltée ou tremblante dans l'enfantement de ses dieux. On les voit mortes, se métamorphoser, vieillir et disparaître.

« On constate que les religions sont bien des créatures humaines, que ce n'est point le Dieu de la Bible, comme l'enseignent les Eghses, qui a fait l'homme à son ima^e, mais bien l'homme qui a fait tous les dieux à la sienne, celui de la Bible comme les autres. »

more, de Tûbinge, d'Oxford, de Paris, de Strasbourg et d'autres prirent la parole et avec eux le grandprêtre des Parsis de Bamberg en costume blanc et manteau rouge brodé d'or. Leurs communications ont porté sur toutes les religions vivantes ou mortes des peuples, des pays et des époques les plus variées.

M. Albert Réville formulant les conclusions a dit : « Les uns peuvent voir dans l'histoire des religions la démonstration prolongée de la vanité de toutes les conceptions religieuses sans exception. Les autres discernent lau contraire, dans cette évolution déjà plusieurs fois millénaire, les lignes fondamentales et constantes qui indiquent une marche très accidentée, mais continue vers la simplification et la spiritualisation des croyances religieuses. »

On ne peut douter de l'œuvre de désagrégation dogmatique que ces congrès de religion produisent dans l'esprit des masses.

Aux Congrès des religions et aux Congrès de l'histoire des religions est venu s'adjoindre l'enseignement public et officiel de « l'histoire des religions ». Depuis une trentaine d'années, des chaires de cet enseignement ont été fondées sur tous les points de l'Europe. Le mouvement est parti d'Allemagne. Lessing en a été le promotçur. La Hollande a été la première à marcher officiellement dans cette voie. A partir du 1^^ octobre 1877, l'enseignement de la théologie fut supprimé dans les trois Facultés* de l'Etat et fit place à l'étude des religions. En Angleterre, des conférences sur ce sujet sont données dans l'abbaye de Westminster. En Suisse, une chaire de l'histoire des religions a été introduite dans l'Université de Genève. La Belgique a voulu aussi avoir sa chaire des religions. A Rome, le gouvernement italien a également

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établi une chaire pour cet enseignement. L'Autriche- Hongrie a suivi le mouvement : l'histoire des religions y est devenue matière obligatoire de l'enseignement. L'Ecosse a consacré à ce même objet un legs de deux millions, etc.

En Fiiance, ce furent MM. Littré et Maurice Verner qui commencèrent la campagne. Le 9 juillet 1879, Paul Bert, appuyé par J. Ferry, demanda et obtint une loi 'supprimant les Facultés de théologie et créant à la Sorbonne une chaire de l'histoire des religions. Par décret du 30 janvier 1886, cet enseignement fut aussi introduit dans l'Ecole pratique des Hautes- Etudes.

En 1906, une pétition a été adressée au Parlement par « le groupe d'études et de propagande rationalistes », dont font partie MM. Aulard, Louis Havet, Paul Reclus, le Pasteur Maurice Verner, etc., demandant la création d'un enseignement de l'histoire des religions semblable à celui institué en 1886 à l'Ecole des Hautes-Etudes, non seulement dans les lycées, mais dans les écoles primaires.

« D'une p^rt, écrivent les pétitionnaires, il faut enseigner à la jeunesse les faits historiques que VEglise lui cache et lui montrer sous son vrai jour l'histoire des religions et celle de la papauté. Ces notions seront distribuées par l'enseignement primaire et secondaire. D'autre part, il faut poursuivre les travaux de critique religieuse que les réformateurs et les encyclopédistes oht entrepris avec des méthodes insuffisantes et des documentations incomplètes.

» A Paris, l'enseignement supérieur de l'histoire des religions existe (au Collège de France, où une chaire de l'histoire générale des religions a été créée par Ferry en Sorbonne, à l'école pi^atique des Hautes- Etudes, etc., etc.. En province, il faudra uji jour, au

moins deux chaires, dans chaque faculté, soit quarante-huit en tout : une chaire d'histoire du judaïsme et des religions issues de la Bible, christianisme et islamisme, et une chaire d'histoire des autres religions.

» Pour commencer, on pourrait se borner à créer d'abord une conférence d'histoire des religions bibliques à Lille, Nancy, Lyon, Bordeaux et Toulouse... Le moment est particulièrement favorable pour instituer l'enseignen.ent dont il s'&git.,La suppression des facultés de théologie protestante de Paris et de Montauban Va fournir immédiatement les disponibilités suffisantes pour créer ces conférences de Lille, de...

» Dans l'enseignement secondaire, la conférence sera faite par un professeur de philosophie ou d'histoire. Pour lui faire place dans l'enseignement yrimaire, il faudra élaguer un peu le programme actuel... dire ce que l'histoire sait des livres nommés Ancien et Nouveau Testament, la croissance du dogme chrétien... la création relativement récente de l'évêché de Rome... le long combat de la République contre le cléricalisme... l'a lutte de l'Eglise contre le progrès des sciences, p^rce que toutes lui i:)araissent contredire Li texte de ses livres sacrés > etc.

» Cet enseignement iiura des sanctions, car l'Etat laïque a le droit d'exiger de tous les jeunes gens qui lui demandent un diplôme de fin d'études, qu'ils témoignent de conniaissances précises et scientifiquer. sur des faits qui ont tenu une place aussi considérable dans les civilisations dont la nôtre est issue. »

A voir comment une même pensée éclate partout en même temps, comment à la même heure, pour ainsi dire, les gouvernements des divers pays votent des lois et allouent des forïds pour un enseignement auquel personne n'avait songé jusque-là, il est difficile de ne point penser qu'un mot d'ordre a été

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donné, et ce mot d'ordre d'où peut-il venir, si ce n'est des régions supérieures de la franc-maçonnerie, la seule puissance aujourd'hui écoutée et obéie par tous les gouvernements?

L'enseignement donné du haut des chaires universitaires est bientôt répandu par les mille voix de lia revue, du journal et du livre, sur tous les points de lia France et de l'Europe. Des Facultés, il se répland dans les lycées, puis dans les écoles primaires et de là dians une multitude de familles (1).

« Vous n'ignorez pas, disait M. l'abbé de Bro^lie, en ouvrant, en 1889, son cours d'apologétique chrétienne, que tantôt clairement avouée, tantôt voilée sous les formes transparentes d'un respect apparent qui recouvre le dédain, cette idée qu'il n'y a aucune religion qui puisse porter légitimement, d'une ma-

1. Aucune occasion n'est perdue pour faire entrer dans le public ce qui est enseigné dans ces chaires. Tous ceux qui ont visité l'exposition du centenaire de ^ 89 ont pu remarquer l'importance qu'y avait prise l'iiistoire des reUgions. On a pu en effet y voir réunis des statues, des autels, des modèles de temples, des amulettes, des objets de toute nature qui rappelaient les pratiques religieuses des divers peuples. Sur l'Esplanade des Invalides, s'élevait un modèle de la célèbre pagode d'Angker; elle a même été inaugurée avec un certain éclat; des conférences y ont été données sur les religions de la Chine; on a même offert au public le spectacle d'une procession et d'un office boudhique.

« Si l'on avait dit, écrit M. l'abbé de Broglie, à quelques-uns des érudits qui étudiaient obscurément, il y a deux siècles, les dieux de certains peuples païens... qu'un 'jour viendrait que la science modeste à laquelle ils s'étaient dévoués deviendrait un des grands sujets de l'attention du public..., on les aurait sans doute beaucoup étonnés. Si l'on avait ajouté à cette prédiction... qu'on trouverait à côté de cette étude bienveillante du paganisme la critique tantôt acerbe, tantôt dédaigneuse, du Dieu de la Bible et de l'Evangile, du seul vrai Dieu que la raison des peuples civilisés puisse accepter, la surprise aurait été bien plus grande encore » (Problèmes, pp. 1 et 2.)

nière exclusive, le titre de vraie religion, règne dans un grand nombre d'esprits, parmi nos contemporains; que cette pensée est surtout dominante parmi ceux qui s'occupent de créer, de développer, de propager l'enseignement de l'histoire des religions; et que cet enseignement, si prôné de nos jours, semble avoir pour but principal, sinon unique, de détruire la notion même d'une religion vraie. »

La conclusion de ce qui précède est qu'il existe en projet et en voie de formation une leligion nouvelle, religion de l'avenir, disent les uns, religion du XX^ siècle, disent les plus impatients, religion qualifiée américaine, de ce qu'elle a trouvé en Amérique ses origines, son développement et les zélateurs qui veulent l'introduire en Europe, religion humanitaire, par le but qu'elle poursuit, qui est de substituer l'homme à Dieu.

Des sociétés nombreuses et actives se sont formées dans ce but, et nous les avons rencontrées partout. Leurs membres sont imbus de ces deux idées : 1° qu'une religion absolument universelle doit s'établir sur les ruines de toutes les religions, et cela par l'abaissement des barrières, par l'effacement des dogmes; 2° que cette religion universelle doit être une religion sociale, une religion humanitaire, une religion de progrès humain, allant jusqu'à procurer à l'honmie le paradis sur la terre. Ces idées, les membres de ces diverses sociétés les répandent dans un public de plus en plus nombreux et préparent ainsi l'opinion à désirer le nouvel ordre de choses voulu par le Pouvoir occulte des Juifs pour asseoir sa domination sur tout le genre humain.

Toutes les fois qu'une œuvre de propagande est à faire, c'est toujours vers la France que les yeux se tournent.

T/Egiise et le Temple. 4'î

Déjà, en 1820, Channing disait attendre de notre pays « la religion de l'avenir ». « Je crois, écrivit-il à Sismondi, que quand la religion reparaîtra parmi vous, elle se montrera sous une forme plus divine; je crois que la France, après tant d'efforts vers le progrès, ne reprendra pas sa théologie vermoulue... Un moyen d'y restaurer le christianisme est d'en montrer l'harmonie avec l'esprit de liberté, de philanthropie, de progrès^ et de faire voir que ces principes exigent pour leur entier développement, l'aide du christianisme... L'œuvre se fera-t-elle par une action silencieuse ou par de grandes convulsions? »

Les grandes convulsions s'annoncent de toutes façons, et si elles éclatent, il faut espérer de la miséricorde de Dieu qu'elles serviront à ouvrir les yeux et à faire rentrer dans les voies traditionnelles et dians la lumière de la pleine vérité. Mais, en attendant, l'œuvre avance. Il n'y a qu'à regarder autour de soi pour voir les efforts puissants qui sont faits pour introduire le modernisme dans les esprits, pour introduire dans le monde la religion de « l'humanité. »

LE TEMPLE

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