‹ La conjuration de CatilinaChapitre 17 sur 89 · Sali., Cat., 5 : dum sibi regnum pararet · texte numérisé non relu

Sali., Cat., 5 : dum sibi regnum pararet

provinces au milieu des désordres, des débauches et des aventures de toute sorte ^

En 686, il était préteur, et l'année suivante on l'envoya gouverner l'Afrique. C'était une province riche, et qui convenait à merveille à un propréteur qui avait sa fortune à faire ou à réparer. Gatilina, comme on le pense bien, ne négligea pas de saisir cette bonne occasion, et même il en profita si bien que ses administrés, qu'il avait elTrontément pillés, se décidèrent à porter plainte au Sénat de ses exactions. Il quitta la province en 688, et dut arriver à Rome vers le milieu de l'année. A ce moment, le désordre y était à son comble. Les élections consulaires pour l'année suivante avaient donné la majorité à P. Cornélius Sylla et à P. Autronius, deux personnages tout à fait décriés. Ce dernier ressemblait beaucoup à Catilina, dont il était l'ami, et dont il fut plus tard le complice. 11 passait pour un orateur, parce qu'il avait une voix puissante, mais c'était surtout un homme d'action, qui ne reculait pas devant un mauvais coup. Sylla, neveu du dictateur, possédait une grande fortune, qu'il avait mise à la disposition de son collègue, pour acheter les voix des électeurs; mais le marché avait été si scandaleux qu'à peine l'élection faite elle avait été déférée aux tribunaux et cassée. Les deux consuls révoqués furent remplacés par ceux mêmes qui les avaient

1. Cic, Pro Sulla, 25 : a piieritia non solum inlemperantia et scelere, scd etiam consuetudine et studio in omni flagitio, stupro, caede versatum.

traduits en justice, Aurelius CoLta et Manlius Torquatus.

C'est dans l'intervalle, si l'on en croit Salluste, et pendant la vacance du consulats que Gatilina, qui venait de débarquer, posa sa candidature. Il pensait sans doute que celte situation troublée pourrait lui donner plus de chances. Malheureusement pour lui, les députés de l'Afrique avaient fait diligence, et, quand il se présenta pour faire sa déclaration, la plainte était déjà déposée. Le consul en exercice, L. Volcatius TuUus, un peu embarrassé, réunit un conseil de quelques sénateurs importants, pour savoir ce qu'on devait faire. Il fut décidé qu'il était impossible de recevoir la déclaration de Gatilina tant que le procès qui lui était intenté ne serait pas jugé-. C'était une déception cruelle pour lui, d'autant plus que les procès de ce genre pouvaient durer fort longtemps. Il se trouvait donc indéfiniment ajourné. La longue attente à laquelle il s'était résigné en parcourant successivement toutes les magistratures intermédiaires devait l'avoir déjà fort irrité; ce nouveau relard lui fit perdre patience. Du moment qu'il ne pouvait pas arriver par les voies régulières, il n'hésita plus à recourir aux moyens violents. Sa situation ressemblait assez à celle d'Autronius : tandis qu'on empêchait l'un de solliciter le consulat qu'il poursuivait péniblc-

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