‹ La conjuration de CatilinaChapitre 84 sur 89 · Verr., V, 63. Pro Rab · texte numérisé non relu

Verr., V, 63. Pro Rab

3. Laboulaye, Essai sur les lois criminelles des Romains, p. 125.

nones de décembre lui paraît « le plus brutal et le plus tyrannique des forfaits, et il trouve plaisant qu'il soit l'ouvrage du plus inconséquent, du plus timoré des hommes, de celui qui se glorifiait d'être un « consul populaire ! »

Ceux qui, au contraire, approuvent la mort des conjurés rappellent que, le 21 octobre, un sénatusconsulte avait chargé officiellement les consuls « d'empêcher que la république ne reçût aucun dommage * ». Cicéron pouvait penser que, puisqu'on lui en imposait le devoir, on lui en fournissait les moyens. Il ne doutait pas que cette petite phrase de quelques mots, comme il l'appelle-, ne lui conférât tous les pouvoirs qu'avait possédés l'ancienne dictature, et, parmi eux, le plus important de tous, celui de juger sans appel. A la vérité, la démocratie n'en convenait pas, et César n'a poursuivi Rabirius avec tant d'acharnement que pour qu'il fût bien établi que « le sénatusconsulte des derniers moments », comme il l'appelle, ne peut pas suspendre l'effet des lois qui protègent la liberté des citoyens. Mais, même dans son parti, tout le monde n'est pas de son opinion. Salluste n'hésite pas à reconnaître que le magistrat, qui est armé par le Sénat de la formule souveraine, jouit de la plénitude du pouvoir judiciaire [summum judicium ^), et il est

1. Leurs raisons ont été réunies dans une thèse soutenue en Sorbonne par M. l'abbé Berlrin sous ce titre : Nwn lef/itime pruclenterqueM. Tullius Cicero se. gesserit in puniendis covjurationis CaiUinarix conseils. Paris, 1900.

2. Pro Milone, 26 : quo uno versiculo satis armati scmper consiiles fuerunt.

Page 1