‹ La conjuration de Catilina [microform]Chapitre 10 sur 85 · Tive-Live, XXXIII · texte numérisé non relu

Tive-Live, XXXIII

bas profits ne conviennent pas à des sénateurs ». — « Il ne faut pas que les mômes gens aspirent à vaincre le monde et à l'exploiter. » Mais ce sont des mots. En réalité, la préoccupation de la plupart de ces grands seigneurs est de faire rapporter à leur argent le plus qu'ils peuvent. Ils prêtent à gros intérêts à leurs voisins, de petits propriétaires, qui, ayant servi leur pays contre les Volsques et les Herniques, n'ont pu ensemencer leur champ à l'automne, et se trouvent sans ressources au printemps qui suit. La dette est lourde pour ces pauvres gens, et le créancier est sans pitié. Il fait saisir le débiteur, s'il ne peut payer; quand le terme est venu, il l'enchaîne et l'enferme dans sa prison particulière, car, nous dit Tite-Live, il n'y a pas de grand domaine qui ne possède une prison pour les débiteurs en retard *. La loi l'y autorise ; elle a été faite pour les créanciers. Mais la plèbe a grand'peine à le souffrir; c'est le motif qui la mil aux prises pour la première fois avec les patriciens et commença cette querelle qui devait durer plusieurs siècles ^ Songeons qu'il y avait alors juste quatorze ans que la république avait été instituée; à quelle époque faut-il donc remonter pour trouver ce temps fortuné que célèbre Salluste, où l'on dédaignait l'argent? Dès le premier conflit, les patriciens s'étaient empressés de céder et de promettre « qu'aucun citoyen ne serait plus enchaîné ni

1. Tite-Live, VI, 36 : ubicumgue palricius habitat, ibi carcerem privation esse....

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