‹ La conjuration de Catilina [microform]Chapitre 16 sur 85 · Cicéron, De Lcf/.j · texte numérisé non relu

Cicéron, De Lcf/.j

Il mérilait bien d'avoir sa part des dépouilles el s'était fort consciencieusement acquitté de la tAchc que Sylla lui avait donnée. Nous savons les noms de plusieurs de ses victimes, qui appartenaient à des familles connues. Parmi ces noms se trouve celui de Marins Gratidianus, originaire d'Arpinum, parent du grand Marius et de Cicéron. C'était un personnage si aimé du peuple qu'on lui avait élevé des statues dans certaines places de Rome et que les gens du (juartier leur rendaient un culte '. Condamné à mourir, il fut traîné devant le tombeau de Calulus auquel on voulait ollVir une victime humaine. Là, on lui brisa les jambes, on lui trancha les mains, on lui arracha les yeux. « On voulait, dit Sénèque, le tuer plusieurs fois de suite *. » Puis, quand on lui eut coupé la tête, Catilina la prit dans ses mains et la porta toute dégouttante de sang du Janicule au Palatin, où Sylla l'attendait. On pense bien que cette exécution fit grand bruit et qu'on ne l'oublia pas. Aussi se demande-t-on avec surprise comment il s'est fait que ce souvenir, qui était resté dans toutes les mémoires, n'ait pas nui davantage à Catilina. Il a conservé jusqu'à la fin d'honorables amitiés; il a été candidat aux plus hautes fonctions publiques, et les a souvent obtenues. Quand des censeurs un peu plus sévères que les autres entreprirent de nettoyer le Sénat où

i. Sa popularité venait surtout de ce qu'étant préteur il avait fait unédit pour défendre d'émettre des monnaies fourrées dont les régimes précédents avaient fort abusé.

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