Tile-Live, II
une bande de vauriens, et il n'en fut pas autre chose. On savait qu'un transfuge de la noblesse, Drusus, préparait des lois populaires; il fallait qu'il n'eût pas le temps de les faire adopter, et un soir qu'il rentrait chez lui, il fut frappé d'un coup de poignard à sa porte, et alla tomber dans l'atrium, au pied de la statue de son père. L'assassin ne fut jamais retrouvé. Enfin Sylla, qui ne voulait pas que Q. Lucretius Ofella, un de ses amis pourtant, demandât le consulat, après l'avoir inutilement raisonné pour le dissuader de le faire, trouva plus simple d'envoyer Billicnus, un de ses bourreaux, l'assassinera II me semble qu'après avoir lu cette longue liste, à laquelle on pourrait beaucoup ajouter, on comprend mieux la facilité avec laquelle Autronius et Catihna se décidèrent à tuer les deux consuls, dont ils voulaient la place, et môme à y joindre un certain nombre de sénateurs. Le complot de 088 ne paraît avoir causé à Rome ni surprise, ni scandale; ce qui achève bien de montrer à quel point les faits de ce genre étaient alors communs. Personne ne songea à faire une enquête ou à instituer des poursuites. Le consul Torquatus ne garda aucune rancune des dangers qu'il avait courus. Quand on l'interrogeait sur la conjuration, il répondait « qu'il en avait bien entendu dire quelque chose, mais qu'il n'en croyait rien ^ ». Les conjurés ne cessèrent pas de venir au Sénat, dont ils avaient voulu assassiner une partie, et sans doute on continua à