‹ La conjuration de Catilina [microform]Chapitre 29 sur 85 · De pelil, cons., I · texte numérisé non relu

De pelil, cons., I

gg LA CONJURATION DE CATILINA.

Et pourtant, on croit voir que tout en la malmenant, c'est vers elle que vont naturellement ses préférences. Même quand il flétrit les proscriptions de Sylla, qui furent un des premiers spectacles qu'il eut sous les yeux et qu'il n'a jamais oublié, il a soin de dire que si le dictateur abusa cruellement de sa victoire, sa cause n'en était pas moins légitime : secuta est honestam causam non honestn victona '. Cicéron était un sage que toutes les exagérations blessaient. Quand il trouve qu'un parti va trop loin, môme le sien, il ne peut s'empêcher de le blAmer. C'est qu'en réalité, il n'était tout à fait d'aucun parti; il rêvait môme d'en faire un à son usage, qui aurait compris tous les bons citoyens, ceux de la ville et de la campagne, ceux des municipes, auxquels il a toujours témoigné une prédilection particulière, et môme au besoin quelques honnêtes affranchis. 11 n'exigeait d'autre condition pour en être qu'une conduite régulière, une nature droite, une fortune liquide. Il avait môme trouvé un nom pour le désigner, un nom commode (pi'on se donne volontiers, et qui dispense d'explications plus précises : il l'appelait ophmntps, les honnêtes gens-. Mais il vit bien, quand il fut au pouvoir, (|u'il devait renoncer à cette chimère. Ce n'était pas le moment de se mettre entre les partis, pour recevoir des coups de tous les côtés. Il lui fallait se décider résolument pour l'un d'eux et accepter son programme tout entier. Quand on se permet de choisir, on est

i. Cic, Deoffic, II. 8.

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