‹ La conjuration de Catilina [microform]Chapitre 31 sur 85 · Virg., yf · texte numérisé non relu

Virg., yf

si forte viriim quem conspexere, silent.

connaissait les gens de finance; il était bien sûr qu'ils lui reviendraient, quand ils le verraient le plus fort, et c'est ce qui n'a pas mancjué d'arriver.

Son intervention est, au contraire, visible dans une autre aflairc qui fait moins d'honneur à Cicéron et dont il faut dire un mot, quoique son discours soit perdu. Sylla ne s'était pas contenté de proscrire ses ennemis, c'est-à-dire de prendre leur vie et leur fortune, il avait fait rendre une loi qui déclarait leurs enfants incapables d'occuper jamais aucune fonction publique. « Il est le seul, dit Salluste, qui ail décerné des peines contre des gens qui n'existaient pas encore et qui étaient plus sûrs d'être punis que d'arriver jamais à naître '. » Un tribun du peuple, dont le nom est inconnu, proposa que cette loi, la plus inhumaine [)eut-étre de toutes celles de Sylla, fut abolie. Personne, à ce qu'il semble, ne devait moins s'y opposer que Cicéron. N'avait-il pas été le premier à flétrir, du vivant môme du dictateur, ces horribles injustices*. Cependant il crut devoir combattre la proposition du tribun pour des raisons politiques, et il la fit échouer. Il a parlé plus tard de cette aflaire avec quelque regret, plaignant le sort de ces pauvres jeunes gens « si pleins et de mérites et de courage^ »,

1. Salluste, Oratio Lepidi : solus omnium post fnemoriam fiominum supplicia in post fuluros composuit, quis prius injuria quam vita certa esse t.

2. Cicéron attaque ces mesures odieuses, dans son discours pour Hoscius d'Amérie (53), et les appelle une proscription plus cruelle encore que la première.

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