Sali
2. Salluste emploie le mot de tabulae novae, réfection des registres. Par ce mot, il faut entendre une sorte de banqueroute légale. On détruisait les registres anciens sur lesquels les dettes étaient inscrites, et, sur les nouveaux, elles étaient diminuées ou entièrement supprimées. L'État était intervenu déjà plusieurs
des sacerdoces, des magistratures, le pillage, et tout ce que peut se permettre, dans des luttes pareilles, le caprice du vainqueur. » Voilà en quelques mots et sans artifice, le programme de Gatilina.
Nous souhaiterions sans doute que ce programme nous fût parvenu dans la forme qu'il lui avait donnée ; nous saisirions mieux la portée de ce qu'il préparait, nous entrerions plus avant dans sa pensée, si nous Tentendions lui-môme dans ces entreliens avec ses amis, dont parle Salluste, quand il déblatérait contre les honnêtes gens, et qu'ensuite, prenant chacun des siens à partie, il adressait des compliments aux uns, rappelait aux autres leurs misères, ou leur passion favorite, ou les dangers et l'infamie auxquels les exposaient leurs affaires embarrassées, qu'enfin il faisait des tableaux séduisants de la victoire de Sylla, dont les plus anciens d'entre eux avaient profité; et comme, en même temps, il annonçait que ce qui s'était passé alors pourrait revenir et que la république leur serait de nouveau livrée comme une proie, on comprend la joie de cette bande d'affamés qui écoutait ces promesses réconfortantes*. Par malheur, nous n'avons de Gatilina qu'une lettre de quelques lignes, qu'il adresse à Gatulus en quittant Rome. On y lit ces
fois pour régler de cette manière les différends entre les créanciers elles débiteurs. On se souvenait qu'en 668, le consul Valerius Flaccus avait réduit les dettes des trois quarts. C'est ce qu'on appelait arqenlum aère solvere, ce qui veut dire qu'on ne payait plus qu'un as, qui était de cuivre, pour un sesterce, qui était en argent, et valait quatre as.