Sali., Catil
un motif suffisant de le choisir? Quand Salluste eut la pensée de se faire historien, un grammairien de ses amis, Ateius Philologus, se chargea, sans doute à sa demande, de composer un résumé de l'histoire romaine, pour la remettre toute devant ses yeux et lui donner ainsi le moyen de choisir les parties qu'il lui conviendrait de traiter». Il voulait donc, suivant son expression, débiter l'histoire romaine par morceaux, res gestas populi romani carptim persrribere \ Si telle était son intention, la conjuration de Catilina devait être tout d'abord un sujet de nature à l'attirer. Il n'était pas assez lointain pour qu'on en eût perdu le souvenir, ni assez rapproché pour qu'on s'en souvînt dans le détail. Salluste en avait été le témoin, sans y (Mre intervenu de sa personne, ce qui lui laissait plus de liberté pour en parler. Il avait recueilli les confidences de Crassus, il avait pu en causer avec César; il était donc bien informé. Mais ce qui lui convenait surtout dans ce sujet, c'est qu'il était dramatique, qu'il mettait aux prises des personnages importants, qu'il lui donnait l'occasion de tracer leur portrait, de les faire agir et parler, de peindre les mœurs du temps, toutes choses dans lesquelles il excellait et dont le public était alors très friand. Il est donc très simple que Salluste, qui cherchait des succès de lettré, ait préféré le sujet de ratilina à un autre parce qu'il jugeait qu'il intéresserait le public et ferait lire l'ouvrage.