‹ La conjuration de Catilina [microform]Chapitre 74 sur 85 · I. Mommsen, Uist. romaine (trad. Alexandre), VI, p · texte numérisé non relu

I. Mommsen, Uist. romaine (trad. Alexandre), VI, p

Crassus et alla prévenir Cicéron » ; seu emenl il se garda bien d'imiter Crassus qui resta prudemment chez lui le jour où les conjurés furent jugés; il vint bravement les défendre, non pas qu'il éprouvât beaucoup de sympathie pour eux, mais il s'agissait de lois protectrices des citoyens, d'anciennes conquêtes de la démocratie, et il voulait les faire respecter. Dans le discours qu'il prononça à ce propos, la conjuration est sévèrement condamnée; il l'appelle un crime, un forfait, il dit à plusieurs reprises que les conjurés ne seront jamais trop durement punis, il les appelle des parricides. Quand on connaît César, on a peine à croire qu'il eût ainsi traité, après leur défaite, des gens auxquels il venait de tendre la main lorsqu'il comptait sur leur victoire. Tout ce qu'on peut dire c'est que la conjuration servait ses intérêts; elle ébranlait un gouvernement qu'il voulait abattre, et il était naturel qu'il la vît sans déplaisir. Quel qu'en dût être le résultat, il aurait toujours tourné à son profit. Catilina vaincu n'en avait pas moins entretenu, pendant tout le temps de la lutte, ce malaise de la société qui faisait souhaiter aux gens pacifiques un changement de régime; et si par hasard il avait réussi, son succès ne pouvait avoir de lendemain; la république aux abois se serait hûtée de chercher un sauveur, et c'est justement ce que César attendait. Voilà pourcjuoi il n'a pas poursuivi Catilina en môme temps que les autres auteurs des proscriptions de Sylla; il l'a môme

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