I- Quinlilien, XII
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Ig LA CONJURATION DE CATILINA.
celle école allique, qui l'avail lanl inquiété el indigné pendant les dernières années de sa vie. Salluste se rattache à cette école, et, dans la mesure de son génie propre, il la continue. Son Caiilina peut donc être regardé comme une sorte de manifeste liltéraire contre Cicéron. Mais on a vu qu'au moins on n'y trouvait rien qui fût véritablement de nature à compromettre sa renommée de bon citoyen el le souvenir des services qu'il avait rendus à son pays. Au milieu de ce déchaînement, celte modération relative dut être remarquée, el il me paraît sur que le livre de Salluste, malgré toutes ses omissions et ses atténuations volontaires, a dû servir à ramener vers Cicéron l'opinion publique.
Au moment d'aborder son récit, el, après avoir dit quelques mots de Caiilina, Salluste s'avise qu'il serait utile, pour mieux comprendre le personnage, de le placer dans son milieu, et s'inlerrompant assez brusquement, il nous présente un tableau de la société de celte époque.
Personne ne s'étonnera que ce tableau soit très noir : on a vu qu'après h;s mésaventures de sa vie politique, Salluste en voulait à peu près à tout le monde. La manière dont ce méconlenlemenl s'exprime d'abord chez lui n'est pas non plus pour nous surprendre. Les Romains avaient une façon particulière de se plaindre du présent : elle consistait à célébrer
le passé. L'éloge du bon vieux temps, auquel aucun d'eux ne s'est soustrait, était une des formes de leur mauvaise humeur. Gel éloge était très naturel sous la répubhque, qui vivait des traditions antiques; mais il semble que le gouvernement qui la renversa' et la remplaça aurait dû être porté à juger le passé avec plus d'indépendance. Il n'en fui rien, et avant môme que ce gouvernement nouveau se fût définitivement installé, il avait pris les façons de parler de 1 ancien. Salluste, ce césarien de la veille, n'a pas de couleurs assez riantes pour dépeindre le bonheur dont jouissaient les Romains d'autrefois sous le régime qu'il a aidé le dictateur à détruire, u En ce temps-là, dit-il, les mœurs étaient honnêtes, la concorde régnait partout. On ne connaissait pas la cupidité. On pratiquait la justice et Phonneur, non pour obéir aux lois, mais pour suivre sa nature. Les (luerelles, les inimitiés, les haines, on les gardait pour l'étranger; les citoyens ne rivalisaient entre eux que de vertu. Pour honorer les dieux, ils dépensaient sans compter; chez eux, ils vivaient avec économie. Ils étaient fidèles dans leurs amitiés. Deux qualités essentielles, le courage, lorsqu'il fallait se battre, Téquilé, quand la paix était faite, assuraient leur salut particulier el celui de 1 État '. >,
A ce tableau d'un passé idéal s'oppose celui d'un port triste présent. C'est un contraste parfait : le j siècle de fer après l'Age d'or. Celte république, qui