‹ La conjuration de Pichegru: et les complots royalistes du midi et de l'est, 1795-1797, d'apre?sChapitre 10 sur 55 · LA FRANCE ES · texte numérisé non relu

LA FRANCE ES

ni plus résolus. Il en est qui refusent <l 'escorter les courriers, afin de n'avoir pas à faire le coup de feu contre des parents ou des amis qu'ils savent enrôlés dans l'insurrection. S'ils frappent sur un point, le désordre &e reproduit sur un nuire. Restent les gardes nationales. Mais on en a besoin dans les communes privées de troupes. Les municipalités invitent les généraux à ne pas les employer au dehors. Les insurgés peuvent

donc

- à leur

guis

Les chefs ne manquent pas. Pour la plupart, ils ont finit leurs preuves et participé au.\ insurrections précédentes. C'est le marquis de Bésignan, dont le nom a conquis quelque célébrité depuis qu'il a soutenu dans son château de la Drôme, en 1792. un siège en régie que dirigeait le général d'Albignac, commandant en chef de la réserve de l'armée du Midi, et qui ne s'est décidé à fuir qu'après avoir vu le canon démolir les murailles derrière lesquelles, avec huit hommes qu'électrisait son propre courage, il a résisté durant cinq jours à plusieurs centaines de volontaires. C'est le baron de Saint-Chrîstol, gentilhomme du Couital, qui rêve d'organiser une armée royale et de s'emparer succestivement (les grandes villes du Midi (I).

C'est encore le chevalier de Lamothe, ancien officier, pour qui la guerre d'escarmouches et de coups de mata, à laquelle il se livre, n'est que le prélude d'une prise d'armes générale; le chevalier Durneu, auda-

(1^ Voir nui piccci hiatoriquei C el

10 l.A CONJOKATION DE PICHEGRU

cieux, plein de fougue, surnommé le chevalier de la Lune par les populations du Vîvorais au milieu desquelles il est uppuru un maûii sans qu'on saclie qui il est ni d'où il vient; Fcllamourgue, comte de Cassaniouze, qni longtemps a mené une vie errante autour de son château vendu comme bien d"êmigré, attendant d'y rentrer en maître, et enfin le marquis de Surville, le plus brillant, le plus séduisant, le plus raffiné de cette élite aristocratique, ancien officier au régiment de Picardie, poète à ses heures, et qui devait, à deux ans de là, au moment de périr, léguer à ses héritiers et à son pays, comme une trouvaille faite dans des papiers de famille, les poésies de Clotilde de Surville, — innocente supercherie littéraire qui ne fut percée à jour qu'un peu plus tard, quand il eut été démontr^— qu'il était l'auteur de ces poésies archaïques. H

Puis, à cùté de ces gentilshommes, des petits bûui^| geois, des prêtres réfractaires, des hommes du peuple, qui les dépassent en énergie, en violence, en cruauté, et qui, soit fanatisme, soit conviction, soit cupidité, ne reculent devant aucun excès pour assouvir les vengeances dont ils se sont faits les instruments : le maçon Lcvasseur, qui terrorise l'Aveyron; Pontanieu, dit Jambe-de-Boîs, un des agents les plus infatigables de la cause royaliste; Auzas-Rlane, dit Tristan ou Tistan, qui combat ù la tète dune légion de déserteurs; le redoutable Sans-Peur, uutrcment dire le curé SoUier, ancien prieur de Colognac dans la Lozère, prêtre-soldat qui ne manque jamais de dire la messe à sa troupe

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