‹ La conjuration de Pichegru: et les complots royalistes du midi et de l'est, 1795-1797, d'apre?sChapitre 9 sur 55 · FRANCE EN 1793 ^H · texte numérisé non relu

FRANCE EN 1793 ^H

pouMC^DUger, avant de les assommer, à révéler où ils cacbeut leur argent; c'est eux, enfin, qui arrêtent les ., dévalisent les voyageurs et mettent à sac la lie-poste.

La politique ne leur est qu'un prétexte. Mais ils sont nécessairement les soldats dési{[nès aux meneurs des soulèvements, aux arlisiins de révoltes. Ils excitent les runiuï, qui n'ont pris les armes que pour renverser la République, restaurer l'ancien régime et rendre sa couronne au Roi. En se mêlant à ces victimes de la Terreur, à tous ces braves gens ruinés, spoliés, écrasés dimpôts et de réquisitions, empêchés d'exploiter leur industrie, de labourer leurs champs, d'en vendre les produits et déshabitués du travail paisible et fécond, Us déserteurs achèvent de les démoraliser. Ils déshonorent ainsi la cause dont ils ee disent les défenseurs. De ces bandes, qui se sont donné pour signe de ralliement une petite plaque de fer-blanc ou d'êtain, à la doublure du gilet, il ne faut attendre aucune pitié. La Terreur a tué : elles tuent. Dans un seul départemeul, la Haute-Loire, quarante individus succombent, en quelques semaines, sous leurs coups, qui ne sont nulle part plus meurtriers que dans ces sauvages Gévennes, où ne sont oubliés ni les souvenirs du camp de Jalès, ni ceux des guerres de religion. Dans ces souvenirs, dans la rudesse des habitants, dans la configuration du sol, l'insurrection trouve des aliments redoutables, comme l'esprit républicain n'a cessé d'y trouver une résistance latente, mais énergique, encouragée

a I.A CONJURATION HE PICHEf.nU

par la présence d'une poignée de gentilshommes quî~

ont promis au Roi de former dans le Midi une nouvelle

Vendée.

Vainement, les autorités départementales prennent des arrêtés annonçant des châtiments impitoyables; vainement, les chefs de corps sont autorisés à procéder à des visites domiciliaires; vainement, ils donnent la chasse aux déserteurs, aux prêtres insermentés, et obligent les communes riveraines du Bhone à former le long du fleuve un cordon de gardes nationales pour arrêter les brigands, rien n'y fait. L'esprit de révolte est plus fort que les mesures de répression.

Celles-ci n'empêchent ni les scènes de chauffe, suivies de meurtre, ni les violences exercées contre les membres du clergé constitutionnel pour leur arracher une rétractation, ni le vol, ni le pillage à main armée, ni la propagande des placards séditieux. Elles n'empêchent pas la poudre de circuler librement. Elle arrive de Suisse et d'Itulte sous toutes les formes : dans lies sacs d'amidon, dans des bulles de café, dans des tonneaux de fromage, dans des caisses de sucre. Décidément, l'esprit public est gangrené, comme le dit un rapport du temps.

Ce quil y a de plus inquiétant, c'est que les troupes manquent pour arrêter ces désordres. Des villes comme Avignon sont dépourvues de garnison. Le peu de soldats qu'on parvient à laisser sur les points les plus menacés subit l'influence de l'entourage, marche mollement, sans entrain. Les gendarmes ne sont ni plus zélés,

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