‹ La conjuration de Pichegru: et les complots royalistes du midi et de l'est, 1795-1797, d'apre?sChapitre 12 sur 55 · LA FRANCE EN · texte numérisé non relu

LA FRANCE EN

i des choi

s du Midi.

qu on pense c rail nier que ceux qui lentiient ce langafje n'éloienl point des insurgés vulgiiires, et qu'il y avait parmi eux des liomiues de cœur, que seules les persécutions dont ils étaient les victimes avaient égarés, fanatisés et jetés dans le crime. En la circonstance, le Directoire ayant accordé l'amnistie qu'on lui demandait, tous ceux qui l'avaient acceptée sesoumirent et tinrent pour un temps la parole qu'ils avaient donnée. Malheureusement, au uom d'une autre amnistie, amnistie générale votée par la Convention avant de se séparer et de laquelle étaient exceptés les faits d'émigration et de royalisme, la chasse aux émigrés et aux prêtres devenait plus rigoureuse et plus violente.

Le Midi, au cours de l'année 17S)5, n'attendait In délivranceque de la guerre civile déjà commencée sous les formes qui viennent d'être décrites. Les conspirateurs qui l'avaient soulevée tournaient leurs regards vers l'Autriche, dont les agents des princes leur annonruienl le secours. C'était le moment où Condé tentait de négocier avec Pichegru, dans l'espoir de se faire livrer par ce général l'Alsace, ses places fortes et ses s. Le gouvernement ignorait encore ce qui se lux bords du Rhin. Il croyait n'avoir devant lui, iS le Midi, que des émeutes partielles, encore qu'il y \-\i. la main des émigrés. Chàteauneuf-Bandon, qui demeurait chargé de les combattre et de les écraser, aTmît établi son quartier général à Montpellier, d'où il envoyait ses ordres au.\ généraux placés sous son com-

IS LA CONJDIIATIOX DE riCHEGBO ■

mandement : " J'y périrai, disait-il, ou j'arrêterai dans sa source cette Vendée vastement combinée. »

Tandis que se développaient à l'intérieur ces mouvements insurrectionnels, au dehors s'ourdissait un vaste complot ayant pour objet de grouper dans une action commune et simultanée les royalistes des diverses contrées de la France et de combiner leurs efforts dans le but de renverser la république au profit de la monarchie, soit par les armes, soit en s'emparant de lu direction des opérations électorales, qui devaient donner des successeurs à la Convention. Monsieur, comte de Provence, à qui la mort de Louis XVil allait octroyer le titre et les pouvoirs royaux et perntcttre de se proclamer roi de France et de Navarre sous le nom de Louis X VIII, s'était hâté, soit comme régent, soit comme roi, de réorganiser son parti et de former, à l'effet de le mieux conduire, deux agences principales.

A l'une, placée sous la direction de quelques-uns de ses plus fougueux partisans : Imbert-Colomès, fixé à Lyon, le général de Précy, l'ancien défenseur de celte ville, maintenant réfugié en Suisse, et le comte de Vézet, jadis président du parlement de Besançon, il confiait la mission de royaliser la Franche-Comté, l'Auvergne, le Forez, le Velay, le Lyonnais et tout le Midi. A l'autre était échu le soin de transmettre ses ordres dans le reste de la France, Elle avait son siège à Paris et k sa tête d'ardents royalistes : La Villeheurnois, l'abbé Brottier, Duvei-ne de Presie, secondés par une nuée d'agents. Opérant chacune de son côté, sous l'autorité du Roi.

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