LA FRANGE EN
i deux agences tenaient dans leurs mains tous les pouvoirs, comme aussi la plupart des fonds que versait en France l'Angleterre. Celle de Paris était uniquement politique. Elle recevait ses inspirations de Vérone, où résidait le prétendant. Celle de Suisse, plus spécialement occupée de moyens militaires, était aux ordres du prince de Condé campé sur les bords du Rhin avec le^^ années de la coalition. Ces groupes directeurs propageaient l'inKurrectïon par toute lu France, divisée A cet effet en arrondissements.
De cette organisation hâtive qui remplit les premiers mois de 1195, le prétendant avait attendu de grands résultats. Ils furent nuls en ce qui concernait l'agence de l'aris, déjoués par les divisions et les rivalités des chefn, leur imprévoyance, leur maladresse, par la trahison même, et n'aboutirent qu'à une douloureuse déconvenue, ces agents, au commencement de 1707, s'étant laissé surprendre par la police. Habilement exploitée par le gouvernement, celte découverte, qu'aggravèrent le)* délations de Duvorne dePresIe, fut l'un des prétextes qu'invoqua le Directoire pour justiBer le coup de force du 18 fructidor.
L'agence que de Lyon et de la Suisse dirigeaient Précy, Vézet et Imberl-Colomès, parut d'abord devoir portera la république des coups plus meurtriers. Laissant au prince de Condé le soin de 'i travailler •• les armées du Ilhin et d'y semer des germes de rébellion, elle t'appliqua surtout à perpétuer les soulèvements du Midi et à en fomenter dans l'Est, en tirant parti des
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nombreux éléments de désordre qui s'y trouvaient ré- I pandus. Au mois de septembre 17d5, ainsi qu'on le verra plus loin, Imberl-Colomés et ses agents prétendaient avoir conquis ces contrées à la cause royale et y disposer de quarante mille hommes qui n'attendaient qu'un sîjrnal pour courir aux armes.
Il n'est pas nécessaire d'établir qu'il y avait dans ces dires une large part d'illusions. II suffît d'incidents dus au hasard, lesquels livrèrent au Directoire ces beauiy— projets, pour révéler tout ce qu'ils contenaient de fra^ gile et de factice, et combien se trompait Gondé lorsqu'au mois de mars il écrivait au ministre autrichien Thugut : 1' La Franche-Comté, le Jura, le Lyonnais sont parfaitement disposés. La révolution rétrograde à grands pas, et partout on n'attend qu'un étendard blanc pour s'y rallier. "
Entre temps, un fait s'était produit, bien propre à Hffaiblir les espérances royalistes. Au mois d'avril, la Prusse, se détachant de la coalition, avait signé à Bàle In paix avec la Itépublique. En l'annonçant à l'impératrice Catherine, le monarque prussien lui disait : •> Je ne doute pas que Votre Majesté n'éprouve une grande satisfaction des soins que j'ai de préparer une pacification générale, ni de son empressement à contribuer à un objet aussi important pour l'Europe. » S'il attendait un témoignage de reconnaissance de la part de la i^ouveraine russe, le roi dut être singulièrement détrompé par le ton dédaigneux et hautain de la réponse qu'il reçut. •• Je n'ai pu apprendre qu'avec une
LA FRANCE EN 1T»5 il
*iitréme surprise le traité que Votre Majesté s'est permis de faire avec les régicides, et l'occasion qu'elle leur (loniie ainsi de se croire appuyés d'elle pour pouvoir iiiipunémeiit agiter les empires et troubler l'ordre des gouvernements. J'espère que les puissances de l'Europe seront encore suffisantes pour continuer la guerre, ([uoiquc Votre Majesté se retire de la coalition, et je souhaite pour elle que cette démarche ne tourne pas à son désavantage. "
Communiquée au comte de Provence et au prince de Condé, cette réponse pouvait les consoler de la paix de Bàle et leur faire espérer que Catherine allait prendre le» armes en leur faveur. Or, quelques semaines plus tard, l'Espagne, à l'improviste, imitait l'exemple de la Prusse et se réconciliait à son tour avec la France. Pareille volte-face de lu part d'un prince de la maison de Bourbon, n'était-ce pas désespérant? Vainement faitail-il déclarer à son royal cousin qu'il ne pouvait plus supporter le poids de la guerre et avait été contraint H la paix, mais que le traité qu'il venait de conclure n'altérerait en rien son dévouement à la maison de France il), sa résolution n'en était pas moins un syrap-
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1 à Madrid du i^oinie de l'roTfnFe. t{uï o'^biii encore que rr- Ifout PonnaiMez le* principe* el lu inlcnlion* do Sa M.ije«lé it qu'elle a proini* à Moniîeur de ne pti nrg1if;er le* JntéréU île m ouïe... Montieurpeul donc être en lié re ment iraniluHle i ee**(MJ... Vou* pouvra lui répclcr da»oir confiance en Sa Majeilé '■que, de l'avoir entière en lui, de ne l'avoir qu'en lui, quind bleu p elle lerait In p»ii. M. le Régenl peut ftre aiiurc qu'il ne lem dao* le i^« de le repenlir de la cooliince avec la-
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