‹ La conjuration de Pichegru: et les complots royalistes du midi et de l'est, 1795-1797, d'apre?sChapitre 30 sur 55 · LA CAPIIULATJON DE MANHEIM · texte numérisé non relu

LA CAPIIULATJON DE MANHEIM

plus grands talertU militaires, les înlenlions les plus droites et le réptiblicanisme le plus prononcé. " Et sous cette attestation, le général en chef de l'armée de Sambre-el-Meuse, Jourdan, a tracé celte ligne : " J'approuve le certificat ci-dessus. " Devant Je tels témoignages, le Comité est revenu sur sa décision ; Moiitaiju a été réintégré dans son grade et dans son commandement.

Osera-t-on prétendre encore qu'il n'était pas digne d'être choisi pour défendre Manheim? N'csl-il pas démontré que le choix de Pichegm fut irréprochable? ■> Je lui ai donné l'ordre, écrit-ii, le 9 novembre, an Directoire, de se défendre jusqu'à la dernière extrémité. Je vais le lui renouveler de la manière la plus expresse, et je ne doute pas qu'il remplisse vos intentions s'il est secondé par la garnison. Mais l'énergie des troupes est altérée, et le commissaire ordonnateur assure ne pouvoir, faute de ressources, approvisionner pour plus d un mois. ■

Cinq jours plus tard, Pichegru mande à Jourdan ; •. Voilà Munheim livré à ses propres forces. Si tu ne viens proinptement tomber sur les derrières de l'ennemi, il m'est impossible de résistera des forces quadruples de celles que je peux employer. Presse donc ta marche sur la Nahe, et nous pourrons délivrer Manheim et peut-être forcer l'ennemi à aller prendre ses quartiers d'hiver sur l'autre rive du Rhin. » Le 18 novembre, il adresse au Directoire un uouvcl avertissement : •• Je n'ai pas encore de nouvelles de l'armée

i7G LA CONJnH.mON DE PICHEGRO

lie Sambre-et-Meuse. Mnnheim brùlc. Le comcnandaat a ordre de ne se rendre qu'à la dernière exlrémilé. Mais les approvisionnements sont courts, et il faut qu'on ne tarde pas à aller à son secours. •> Déjà, depuis trois Fois vingt-quatre heures, les bombes j'ieuvent sur Manheim . Sommé de se rendre, Mont.iigu a répondu qu'il se défendra.

Le lendemain, Pichegru reçoit enfin des nouvelles de Jourdan. Celui-ci expose les mouvements qu'il a fnils : " Ils étaient très propres à une diversion favorable pour nous, lui répond Pichegru. Malheureusement, ils ont été exécutés un peu trop tard, el lu as rncorc trop différé de me les annoncer. Si j'avais su le l!) brumaire au soir (9 novembre) que le général Marceau s'était battu ce jour-là sur Strnmberg, quand j'aurais dû me faire échiner, j'aurais maintenu noire droite et notre centre sur la position de la PFrinim, malgré que notre gauche eût élé repoussée à environ deux lieues. Le lendemain, 20, l'ennemi me voyant toujours en présence n'aurait pu délacher ses di.x-huit bataillons et trente escadrons, et, bien sûrement, le général Marceau aurait pu non seulement conserver SCS avantages et rester sur la Nahe, mais même forcer le corps d'armée qui lui était opposé à rentrer dans Mayence, et celui qui était devant moi, ayant alors beaucnup à craindre pour ses derrières, se serait retiré aussi, ce qui changeait joliment la chance. A présent, me voici dans l'impossibilité de faire aucun mouvement ni en avant ni en arrière, le peu de chevaux qui

Page 1