LA CAPITULATION DE MAKHEIM
•slaient ayant été lues dans les deux batailles el trois affaires que nous avons soutenues de la Pfriinn] jusqu'ici, ou ayant péri des fatigues de la retraite. Je suis décidé à attendre l'ennemi dans les lignes et à y feire la plus opiniâtre résistance s'il veut nous en chas- Ber. "
Au cours de ces incidents, Manheim capitule le 20 novembre, et Monlaigu se rend à Wurmser, Comment il y a été contraint, c'est lui-même qui nous le dit dans le rapport qu'il adresse à son général en chef. L'état dans lequel se trouvait la place ne lui permettait pas de différer. Deux poternes ont sauté, ouvrant une brèche de quatre-vingts pieds de laige. Plus de cent maisons ont été brûlées ou se sont écroulées. Il n'en est pas une qui ne soit endommagée. On ne savait plus où mettre les blesses et les malades qu'il a fallu enlever en hâte de l'hôpital sur lequel tombaient les obus. Deux casernes étaient incendiées, et les troupes n'avaient d'autre abri que les ruines du ebàleau. Sur les bastions, le» pièces avaient étc démonlées. » J'avais reçu trois sommations; le désespoir des habitants se manifestait de la manière la plus sensible. J'ai fait, général, tout ce que mon devoir et l'honneur m'ont prescrit. Ma conscience est à l'abri du remords (1). «
Ce sincère exposé des événements ne prouve-t-il pas jusqu'à la dernière évidence que Pichegru a fait, lui
(1) Priionnirr nvec (■rentrée en France.!^
1 garDiion <Ie Manheim, le gèn
éral Monuigu, k de guerre de b
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•ignie. Le 25 octobre 1798, corejUKju'en 1811.
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i riioiuiour lui prescnv qu'il n'a pas voulu livn-i* Mnnlieim, qu'il oe l'a pas livré, et que cette plat-r a succombé sous des forces supérieures, par siiitr- des revers successifs Jes armées du Uhin et faute de .-'■■cours? Tout cela est si clair qu'on ne peut n'être pas fXtuiui'' de la légèreté avec laquelle, sans vérification i-t sfuis contrôle, les historiens ont ultérieurement fait r'i-lio aux calomnies intéressées do Montgaillard et de l-auclie-Borel. Gouvion Saînt-Cyr a été plus juste lorsqu il déuiunlre combien étaient déplontbtes les |)lans imp<»t-s par le (Comité de Salut publicâ .lourdun et à Piche;;rii. ei quelle faute impardonnable commit le {jouveruemern " en constituant la guerre sur une ligne (rop éteud>ie. -'ji prescrivant à Picbegru son
passage sur le baui tllii i i'i Jourdan son passage sur
te bas Itbiii, au-de>.-Uï ilc Dusseldorf, sans Faire concourir à ces opéralioiiii 1 armée du Nord " . 11 est vrai qu'A la solltcilatiori de Jnurdan, Moreau qui commandait cette armée em usa ili.v nulle hommes sur Dusseldorf. Mais ces reufoilii. demandés trop tard, arrivèrent trop tard et ne puri -ni t-lrp utilisés.
Il serait sans équil-'' d>- rejeter sur le Directoire, <{iii n'était au pouvoir >jU'' depuis le h novembre, la responsabilité de n ces phiii;; •!< plorables ". Ils sont l'ceuvre du Comité de Salul |iubli<'. Mais le Directoire eut le tori de se les approprii r .-i:iii^ d-nter de les améliorer. Aussi, lorsque, après ht capliiilaiioii de Manheîm, il exprimait A Pichegru le regrei ■■ .|ui- l'armée de Khiii-et-Moselle, se meltaiit par sou ''<><ini;:i- au-dessus des circonstances
LA CAPITCLATIOS DE MASUEIM
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ciiviroaneol. ti efforts pour dégager cette place • , le général en chef avaît-il beau jeu pour lui répondre :
• Il eût été imprudent, téméraire et peut-être criminel de ma part. d'expo$er une armée de trente et quelques mille hommes, dépourvue de tous les moyens principaux de la guerre, manquant de vêtements, de chaussures elle plus souvent de subsistances, venani de faire une retraite pénible, après deux batailles des plus chaudes cl des plus opiniâtres, de lexposer, dis-Je, en offensive devant un ennemi au moins triplement nombreux, abondamment pourvu de tous les moyens matériels cl enhardi par ses succès; et quel qu'eût été noire courage, ou piulùt notre acfaarncraent, pouvions-nous raisonnablement espérer de le chasser de sa position, et de oous rapprocher de Manheim sans le concours de* forces de l'armée de Sambrc-et-Meuse ou des renforts que j'invoquais depuis longtemps, et qui, s'ils eussent pu être accordés dés mes premières demandes, seraient encore arrivés assez tûtl^ Je dois à l'armée que j'ai l'honneur de commander de soutenir qu elle a fait ce qui étoît humainement possible pour couvrir Manheim, retarder et arrêter l'ennemi qui marchait pour cerner celle place par la rive gauche du Rhin, et qu elle n'a cédé qu'à I immense supériorilc du nombre, aprè» lui avoir fait éprouver des pertes considérables et en avoir éprouvé elle-même. ■
Ce qu'il disait au Directoire, Pichegni le répétait à Horeau : ■ Les renforts que tu as envoyés au général
Joiirdan l'ont effcctivempnt mis à même d'ag[ir sur la Nahe, mais un peu trop laril. Ce mouvement aurnit dû s'exécuter très promplement, comme je le demandai sitôt que j'ai appris que les lifjnes de Mayence avaient été forcées; el, s'il avait eu lieu pendant que j'étais sur la Pfrimm, bien sûrement l'ennemi aurait été obligé de rentrer dans Mayence. Mais comme le général Jourdan n'a commencé à agir que depuis que je. suis ici dans les lignes de la Ouiesch, et que le reste de l'armée de Wurmser est venu, après la prise de Manheim, se joindre à celle de Glairfayt, que cette réunion feit une force de quatre-vingt mille hommes environ, qui est supérieure à la notre, nous parviendrons, je crois, difficilement à les déloger du Palatinat. Ces deux armées ont d'ailleurs un bien [jrand avanlnge sur nous : c'est qu'étant réunies, elles peuvent correspondre aussi fréquemment et aussi promplement qu'elles le veulent, et se passer rapidement des renforts pour nous battre alternativement. Il nous faut à nous quatre ù cinq jours pour avoir des nouvelles l'un de l'autre par te long détour que nous sommes obligés de faire. ■ ' Nonobstant ces conditions d'infériorité, Pichegru, et ceci constitue une preuve nouvelle de sa loyauté, ne désarmait pas. Manheim avait capitulé le 21 novembre. Dès le 5 décembre, à la faveur des quelques secours qu'il avait reçus de .lourdnn, il reprenait l'offensive, malgré le mauvais temps qui durait depuis quinze jours, cherchant à se rapprocher de l'armée de Sambre-et-Meuse et û contraindre l'ennemi à repasser