SS
ée puisse être baniiiuép encore eu liyver devant Maycnce, faute de bois.
Voilà ijuelques observalioas, brave Merlin! que j'ai cru de mou devoir de vous faire. Employer toute votre influence, toute votre aulorité pour sauver notre païs. J'espère que vous ne méconnaissez pas mon t^ur et mes sentimens, quand je vous dis Loutcda; il m'est impossible de me taire quand je vois mes concitoyens niallieureux, et lu République en danger.
Mon bon vieux père et toute ma Emilie se porte encore bien; ils vous saluent cordialement. Soyez persuadé dn notre amitié et de notre dévouement pour vous. Si vous vouiez me daigner d'une réponse, adressez elle au citoyen Engelmann, à Bacliaracli, sur la rive gaucbe du Rliin, passe par Coblence. — Portez-vous bien. Salut et fraternité.
I volrc adresse.
Siyné :
s'il vou* plaît.
Engelmann.
^^^^Blxlrait de la htlre tht ijénéral île lirùjade Xaiiitraïlles ^^^^B au gênerai Liebert, chef de l'étal-major.
Sans doute, général, il eût éléà désirer que je pusse garder plus longtems la position de Prankeinstein, mais je vous a'
Au n..a
rai k El[»
n, le 25 brumaire Btt 1 (Ifi navemliro t79S).
ija.
dans l'état des choses où nousAommes, je me félicile d'être sorti de cette souricière de la manière dont je le suis, car il ne ftiut pas oublier, mon cber général, que le même esprit qui a exposé le premier bntiîllon de la 201' demi-biigade ik être enlevé, pour s'être amusé à tirer et écorc-her des codions, au lieu de tenir au i>oste qui lui était assigné; le même esprit qui guida les 23 grenadiers qui ont jetlé bas leurs armes sur le
PIECES HISTORlQnES
champ de bataille, a encore oombro de seclaleui's daas c dcmi-l)ri(;ade, dont d'autres grenadiers de ce même premier bataillon, qui s'est jeté sur Neustatt, viennent de commettvc des atrocités dont je vous ferai |)ai'venii' la plainte offieielle. Elles consistent à avoir exijje des habilaus d'un village des environs des bestiaux, et, après les avoir laisses il condition d'une somme en or t{u'ils ont reçue, mais n'ont pas moins foi-céa à leur remettre les bestiaux avec menace d'egurger les propriétaires s'ils s'y refusaient, que si vous aviez été comme moi à l'écoute des propos qu'ont tenu hier des hommes du 1" bataillon, qu'heureusement j'ai été chercher moi-même à Trcircnhausen et si vous eussiez entendu ceux tenus sur le chemin de Weideathal ici, vous seriez persuadé que j'ai bien fait d'abandonner Weidenlhal, qui était déjà abandonné par les deux bataillons de (jauche, lorsque je suis arrive avec le premier, que j'avais eu d'autant plus de peine à faire marcher qu'il était resté sans pain et sans viande depuis avant-hier.
Je ne puis que vous renouvelle r la demande de m'cnvoyer du pain pour les troupes que je commande, seul et |)eut-«tre msuffîsant moyen de les contenir. Quanta moi, je vous prie de dire au général en chef tjuc j'y perds mes peines, cl que ma fermeté se trouve en défaut vis-à-vis d'hommes qu'un esprit maltaisant semble posséder. Du pain, des souliers, voilà leur refrain continuel et le prétexte sur lequel ils fondent tous les excès auxquels ils se livrent.
P. S.— Je suis forcé, gênéi-ai, de vous prévenir pour i)uc vous en rendiez compte au général en chef, qu'il y a tout lieu de craindre que l'exemple des 2;( grenadiers n'ait beauc«>up d'imitateurs.
Pour esti'ait
: ilil dans ce livre sur FaucLe-Borel, il bon d'ajouter qiu^lqueH documeols coiiecmaiit ce peraoUD.-ige el le» démartlies auxquelles il se livrait, en 1818, pourobtenir les dtido m ma céments qu'il prélciidait lui être dus et sortir de la (lélrcsge dans laquelle il cLait tombé. Cette détresse, il l'altribuait aux saerifïces <{u'il avait Faits à la cause des Bourbons. Hais lausse «tait cette aiBnnation. Il avait été, au cours même île ses dcmaiches, [ii-c uni aï rement rétribué et rem- Itoursi-, et s'il avait Heu de se plaindre, c'était que d'autres promesses qui lui avaient été Faites n'eussent pas été tenues. Il est vrai que, par ses dcmarcbes inconsidérées, ses rapports avec la police impériale cl ses inlri|;uea à l'étranger, il s'était rendu suspect au roi et aux princes qu'il avait jadis servis. Quant U sa détresse, elle résultait du pileux dénouement des entreprises industrielles auxquelles il se livrait sans cesse et ilont sa correspondance, ouverte au cabinet nui r, contient d'irrécusables traces. A Londres même, en 1818, il s'cFForçait de créer une compagnie de navigation ; il avait fondé un commerce de chaussures sans couture; il voulait établir une imprimerie à l'ePFet d'imprimer de» mémoires apocryplies de pcrsonuages ayant joué un rôle sous la Révolution et sous l'Empire. Voici une lettre adressée piir lui à l'un des directeurs de la police h Paris et qui ne laisse nuiun doute sur l'ingéulo- «té el l'activité de son esprit d'invention :
■ Londrei. le 9 juin 1BI8.
S, Frith itrecl Sobo.
1 Mon cheu Monsieur Rosam,
n Le débit considérable qui so fait des deux éditions frai»-
• Lucien Bonaparte justiRe
338 PIECES HISTOHIQOES
l'intérêt que porle le puhlk^ à ces sortes d'ouvrages : aussi ré(lit(-ur ilaii9 ce inomrnL clierclic à rassembler des matériaux puur lui faciliter les moyeus de publier des Mémoires qu'il publiera sous le nom de Rovigo et k la faveur de l'aunoace qui a été faite de l'existence d'un prétendu maiiuseiît de cet eiministre, et, û cet effet, l'cditeur angolais a envoyé à Paris un lioinme chargé de recueillir dea anecdotes sur lesquelles l'ouvrage sera brode.
i> Cette ctrcoQstaoce et l'etfet que devront produire c^s auecrlotes m ont fait peaser, ainsi qu'à un personnage marquant, cumbien il serait important au gouvernement actuel de l'i-anee de prévenir une publication de ce genre à laquelle il ne donnerait pas tacitement son appix)t)ation, et voici ce que noua aurions imaginé. — Je me trouvei'aîs eu mesure, d'une part, de faire adopter à l'éditeur la rédaction qu'on me mettrait h même de lui présenter, m'ayant fait demander si je coopérais ù cette opéi'ation. Je lui ai fait répondre que je lui demandais dix jours pour me décider ù eolrcr dans l'entreprise (atîn de me procurer le temps de savoir ce que vous en penseriez). D'autre part, il pourrait convenir de donuer ailleurs l'impression de ces Mémoires comme imprimés en Suisse, (le les annoncer étant sous presse, afin de jeter de la défaveur sur ceux qui paraîtraient ici et qui pourraient ne pas ôtre rédigés dans l'esprit du ministère. Il n'y aurait rien d'aussi facile que de trouver à Paris un homme capable d'une bonne rédaction sur certains matériaux qui lui seraient fournis, et moi, je me chargerais de faire dans cette eireonslance le nécessaire pour la publication soit en An{;leterre ou telle autre part qui paraiti-ait la plus convenable : cette petite opération n'est pas à négliger, pai-ec que partout, on voudra lire des Mémoires qu'on a annoncés comme existants et aussi mystérieusement. 11 faudrait du secret, et vous savez que vous pouvez assurer Son l'excellence de la continuation de mon dévouement au roi et à son ministère.
Il Je me rendiai à, Paris siLôt un mot do votre part et je vous dirai aussi verbalement ce qui serait trop lonp et difBcile d'établir par la correspondance. J'ai eu l'hoimcur de vous
PlEr.ES HISTOniOnES 339
' 'SAtvsser, il y aliuitjours, par l'ambassade, un paquet cuntcnaiil ]ft tieus volumes sur Lucien ; il y avait uue lettre joiiile au paquet ; j'espùre que voua l'aurez i-pcue.
« Doauez-moi direetemeut un mut de rcpunse, h l'adresse de H. Borelly cliei Mrs. Slieiingham, p' 0, l'iilh strect Solio- LoudoD. n
Sur ee que pensaient de l'auohe-Borel ses compatriotes, voici les rt-ticxions qu'au moment où paraissaient les premiers fragments de ses Mémoires, septembre 1818, une femme de lellres célèbre eu ce temps, Thérèse Heyne, qui avait épousé en seeundes noces l'écrivain allemand Huber, écrivait à l'iidileur Cotta:
u ... Quant à Fauche-Rorel, quelques Faits personne-ls vous Feront juger de la véritable portée de ses Mémoires. Il était libraire il Neuchûtel, ou ïluber venait le voir chaque semaine. C'était un Neuobùtclois Illettré, de boune Famille bourgeoise, H panier percé i> , tant qu'il tenait maison, et ensuite aristocrate si enragé, que Messieurs de la Chambre (e'est-à-dire les Neucliàtelois de lu noblesse) s'en servaient dans leur Chambre (le cabinet de lecture) comme boidedogue, pour mordre ou pour inquiéter les démocrates. Les émigrés s'en servaient comme espion il cause de sa qualité de neutre ; mais euxmêmes persiflaient son exaltation. A l'époque <ie la trahison <le Picbegru, i'auohe, qui était l'émissaire de Condé, écrivait à une personne de Neucbàtcl tous les détails, dont le Directoire fit un crime à Piihegru, « comme avis secret à Messieurs de la Chambre b . Cbarrièrc, membre de cette noblesse, les communiquait à lliil>er. Nous pensâmes alors que Fauche était devenu fou et <[uc ses avis étaient des mensonges. Ensuite éel.ila la catastrophe de Pichegru ; les avis de Fauche furent textuellement répétés en France, les aristocrates et les contrerévolutionnaires soutenaient que c'étaient des inventions malignes, et nous, nous étions étonnés qu'un tel homme eût part à ces événements. Que penseï des Mémoires d'un homme (fM j'ai connu comme partisan si esaltc et comme tète si Imnu^T Car telle était la faiblesse <le cette tête, qu'à l'époque
de la l'ata strophe, Fauche relourua à Neuciiâlel dans un état Je demi-dëmence, et qitc sa femme devait avoir soin de sa personne. »
Voiei maintenant un faiseeau de lettres et pièces diverses résumant les réclamatinns qu'en cette mËme année 1818 il adressait au {gouvernement Français, en se faisant appuyer par l'Anuieterre et la Prusse auxquelles il avait rondo, cela n'esl pas douteuK, des services de police :
ice le comte de Gollz, lie Prusse à Paris.
Monsieur t eu l'ii
Son Escelleiice M. le lutruii <Ie prenant intérêt aussi à ma situation.
I lionneui llumljold; ceministi
m'a dit que je ferais bien de me taire appuyer d'ici auprès du noble duc de Welhu{;luu, afin d'aider les lionnes dîsposiUous de la Prusse en ma faveur, et faciliter ainsi A Son Ex<.'ellencc M. le comte de Goltz les démarclies qu'il est autorisé de fiiîre. En consi-queoec, je viens de nie procurer auprès de Sa Grâce une recommandation directe de la part d'une personne allaeliée au gouvernement et en qui elle a confiance, et i|ui, par sa place, ayant été à portée de connaître ma conilnile pendant la révolution, et la nature de mes services pour la cause des Bourbons, a pu entrer dans des détails qui devront intéresser le noble duc, et l'engager à aider Votre Excellence h obtenir la récompense de mes services et la juste indemnité de mes sacrifices cl de mes perles. J'ai suffisamment établi mes droits. Son Excellence M. le comte Decazes a reconnu mou innocence, et s'est assuré que l'intrigue seuls m'avait calomnié, afin de me frustrer tie ce qui m'avait été. si jKisiliveracnt et si solennellemcnl promis. La religion du roi étant aujouid'bui éclairée par sou ministre, j'ose espérer que le Couver-
3il
fi-ançaiâ aura éganl à nia péuible siluation, et qu'il accordera ce que Voire liscellencc a bien voulu se cbar{;er tic rcclamer en ma faveur.
Je pense utile de faire coanaitre à Votre Excellence la démarche faite aupri'S de Sa Grâce le duc de Wellington, ijui, étant prévenu de mes droits à la justice du Gouvernement français par ses amis d'ici, en qui il a la plus entière conRance, daignera aider les efforts de Votre Eieellencc dajis l'olijet de laire Rzer le sortd'uu père de famille quis'cst si conslamment
I dévoué à la cause qui a si he ure usera en l triomphé.
Daignez, Monsieur le comte, recevoir avec bonté l'iiora-
I mage de ma vive reeon naissance qui sera suivie des liénédic-
I lions d'une nombreuse famille, il laquelle vous aurez rendu un cbef, et un jière dont elle a le plus pressant besoin.
I Je suis, etc.
; Uar.k-nhe^
M. Fftiidu-B
■cl.
MONSIEIIH,
J'ai vu avec plaisir, par le récit «pic v( situation actuelle de votre réclamation, DccuKes voulait s'y inlcresser, et surtout qu' de votre innocence ; je n'enai jamaLi douté et le dévouement que vous n'ave
is m'avez fait de la i|ue M. le comte 1 s'est convaincu mon particulier, ; cessé de niuulrer pour la cause des llourltons vous a valu mon estime, four vous en ilooDer uuc nouvelle preuve. Monsieur, je vous transmets cijoint une lettre â M. le comte de Golt/, dans laquelle j'invîle ce oUniatrc d'appuyer les lionues dispositions que M. le comte Dectuei a témoignées en votre faveur.
4e vous réitère les assurances de uia cunsidéraliun distinguée.
Prince de lUnbENBEiia.
8M PIECES HISTOUIQDES
Le /iriiicr ilf Conilc un iiicmi'.
P»lais-1l.>u.l>oi>. «marsIHIB. ^
Vous m'avez fait un vrai plaisir, Mousieur, en m'a nno lira ni que le roi et ses ministres avaient rendu justice à votre noble eonduite. Je n'en doutais pas, et il était Rurabondant de m'euvoyer les pièces que je vous remets.
Recevez mes félicitations, Monsieur, et une nouvelle assurance Je l'eslinic que j'ai pour voua.
Si'jné : L">uis-Joseph i>t DotinDO».
Certificat ilii iliic if Havre a
Nous, eti.'., etc.,
Ci-rUfioiis avoir autorisé, en |S!3 et 181 i, M. !■ Borelà tenter les moyens qu'il était en son pouvoir d'employi à l'effet de se procurer des passf-porls du sieur Desmarels, pour lui faciliter un court séjour à Paris, et le mettre par là à même d'y remplir l'objet qui l'occupait alors dans les inti'réts du roi.
En foi de quoi, nous avons délivré le présent certificat, revèm du sceau de nos armes.
Aux Tuileries, le 8 janvier 1818.
Siijné : le duc d'Havbé et be Cuoï.
Le (htc de Kent à M. F, Bord.
Au palais de KensingtAn, h 15 mai 1818,
Le duc de Kent a reçu la lettre de M. K. Uorci sous la date du 15 du courant, et y apprcud avec plaisii' que H. l-'aucbe
PIECES IllSTORIQDES 3Ï3
n'est pas désappointé davantage ]>ar la réponse du duc He Wellington. Le duc de Kent est un ne peut plus reconnaissant des coinplimcnls de congratulations de M. Fauclie, sur le rhangentenl qui va avoir lieu dans sa situation, et qui semble promelire toute perspective raisonnable de bonheur futur. Le duc apprendra toujours avec plaisir tout ce (|ui peut être utile tt avantageux à M. Fauche-Borel. . — Frilh street, n' 9.
A M. Fanche-BoTct.
Au piU» de KciilMiRioa, Ic^ 8 nidi IHIK.
Le capitaine Ilarvey a clé invité par le duc de Kent à transmettre à >l. Fauclie-Borel la ré|>oiise ci-jointe du <luc de Welltnglon à la lettre que Son Altesse royale avait adrcssrc Ix Sa Grâce en laveur de H. Fauche, et d'exprimer, en même temps, combien le duc regrette que le résultat n'ait pas été plus satislaisant.
Le duc de WetlhiQlon à S. A, li. le due de Kent.
Bf0!<SIEIlR,
eu l'honneur de recevoir la lettre de Votre Ailes»-
n fdveur de M. Fauche- Borel, et je suis bien fùclié qii'd
mt plus en mon pouvoir de faire quelque chose pour lui.
iadcjàre^-u unelelli-eensafnvcur, delà parldesirCliailes
j'avais fait la même réj)UQseuce(;eulleiuau. Lesafbi-
Uij'&i eu à arranger avec leguuvemeuietil français nvmîenl
Ski
PIECES HISTOIIiniJE
^cdesîndïi^
rapportauxdettesdece(;oiivemeiDcnLcuiilrac;l<;esa' vidus qui ne sont pas FraiiCAÏa. Je n'ai point eu à faire avt-c les l'édainaiiU individuels, mais les ministres îles {jouvernriiieiits, BOUS lesiiueis ces réclamaiiU vivent. S'il eût fallu que j'écoulasse les l'ëclamauls individuels, non seulement Je u'aurais jamais fini, mais j'aurais été expusi' i des imputations dont j'espère être exempt.
Je demanderai pareillement la lierniission de ne pas me mêler des réclamations de M. l''auclic-IIorel contre le gouvernemeut français, pour des services rendus au Hoi ou à la famille royale, pendant la malheureuse époque de la révolution. Par des raisons impérieuses, donl il n'est pas nécessaire d'importuner Votre Altesse royale, j'ai lilé longtemps dans la néeessilé de refuser de solliciter des faveurs auprès du gouvernement framais, en faveur de qui que ce soîl.
J'ai l'honneur d'être, etc. ^^
Si3>li' : WEI.UNGT0K. fl
l'auclic-Uorel s' était vanté, en se déclarant Fort de l'appui de hauts persounages. La suspicion qui (lesail sur lui, encore qu'elle n'eût pas empêché Condé et d'Havre de lui délivrer des attestations arrachées par ses instances, lui fermait toutes les portes. A la chute du premier ministère Richelieu, il n'avait
encore rien ohtenu et vivait de inendieiLé, a cette supplique adressée au haron Pasc|ui affaires étrangères :
HoNiEIGSEUB,
M. le duc de Richelieu, votre prédêi nellement instruit de l'objet de ma réclamati Dcmenl français.
Au congrès d'Aix-la-Chapelle, invité par la Prusse, et de la manière la plus pressante, à vouloir hieu m'obtenir justice de S. M. le roi de France, M. le duc de Richelieu, par une letti-c du 13 novembre 1818, s'était engagé vis-à-vis M. le prince
i qu'en fait fs^^ ministre 4^^|
, était per«o»^H sur le gouver-
PIECES HISTOHIQDES 3i5
lie Ilai'deiiWrg à s'uccuper de ceL objet aussitôt après son retour à Paris.
Peu de tem[>s apris b fermeture du coagrèa, M. le duc (le Iticbclieu ayant iguitlë le miaUtére, sans avoir pu teuir l'eugagemcat qu'il avait pris avec le mÎDÎstre de Prusse, t'est à TOUS, qui lui succédez. Monseigneur, qu'il appartient de remplir sa promesse, et comme Tubjet de ma réclamation n'est pas Tamilier à Votre Excellence, je prends la liberté d'en mettre sous ses yen» une courte analyse et quelques pièces à l'appui.
Issu d'une famille noble, et Kranr^is d'origine, raea ancùtres s'expatrièrent lors de la révocation de l'cdit de Nantes, el se réfu(jièrenl en Suisse.
En 1790, lorsque la révolution se manifesta, je possédais à Neucbâtel un riche établissement d'imprimerie et de librairie ; à ce» établissements je joignis celui de la Société typographique, et cette réunion avait formé de ma maison une maison de commerce connue de toute l'Europe.
Les principes révolu Itonnaïrea n'eurent pas plus tôt menace la France, inondé une partie de la Suisse, qu'insensible à toutes les suggestions, je consacrai mes presses au maintien de la monarchie, et ma fortune au soutien des émigrés.
Touché d'une pareille conduite, et qui ne s'était pas démentie pendant l'espace de quatre années, S. A. Hgr le prince de Condé crut pouvoir, en 1793 ', jeter les yeux sur moi pour m'altaclicr au service du Roi, et sa confiance ne fui pas trompée.
J'ai sacrifié à Louis XVIII, à la cause de la monarchie mon état, ma fortune entière et les vingt-cinq années les plus précieuses de ma vie ; j'ai subi la prison, l'exil, les cachots ; tcaang de mes proches a coulé pour le Roi; pour lui, ma fomille et moi avons été errants et proscrits.
' Il te lroni|in iMt lu ildtc, <
Ijucra i|u'ïl ne fail. ilnoi (elle I
^^^M 4'ailteuri qu'i l'affain
veut dire. On reiuar
riUCES lltSTOBiQliES
Pour taiil (le tra'
, de
romis, de
et de
iscs de foqi
il me fut fiolennelleinenl [ <|irà la Resl aura Lion, je reci
1° La direction de l'Impr
2° Le cordon de Saiol-Miohel, comme preuve de satisfar- Lion.
La RestauraLion survenue, au lieu d'être récompensé, je fus noirci par d'autres calomnies auprès de M. k> comte de Blacas ijul les accueillit el les insinua au Roi.
Periet, qui avait enfanté el propage ces horreurs, Futalla<|uc par moi, tout Paris retentit de ce procès ; je terrassai t'iafàme, mais je ne pus le démasquer sans parler de M, le comte de iilacas, el si mesurées que fussent mes paroles, il m'est revenu que l'aftection de Sa Majesté pour son ministre eu avait cté blessée; j'en fus ineonsulalile, mais il s'était agi de perdre ou de sauver mon honneur.
Depuis lors, tout ce que le cœur du Roi avait eu de bontt'9 pour moi, tant à l'étranger qu'à mon retour enTrance, parut m'ctrc retiré. Depuis lors, je sollicite infructueusement ce <[ui m'est dfi, à cause de tant de sacrifices. Moi et les miens sommes au bord d'un aliime, et le dénuement où me laisse le Roi m'y pousse encore par les dépenses infruelueuses que je fais en vain, depuis quatre ans, pour obtenir une tardive justice.
Je ne suis ni un homme d'Ëtat ni un béros; mais telle esl ma persévérance, tels sont les constants services que j'ai clierchë à rendre et ai rendus aux Bourbons (|ue désormais mon nom est attaché à leur race, et qu'il ne sera point parle de la Restauration, qu'il ne soit parlé de Pauche-Borel ; toutes les puissances de l'Europe l'allesteront ; avec elles toutes j'ai été en contact pour la cause de Louis XVIII. Par quelle inconcevable faLilité &ut-il donc qu'on dise un jour de cr prince que le plus dévoué (le ses serviteurs en fut le plu» oublié! Je n'avance rien de trop, Monseigneur; veuille/ jeté i' les yeux sur la note qu'au nom du roi de Prusse, dont je suis le sujet, M. le priuce île Hardenberg a |*assée à M. le duc de Richelieu, au eongiés d'Aix-la-Chapelle, vou» y Urttx,
PIECES UlSTOniOl'KS
gneur, ce <[ue je ti eusse point ose dire, le voici : « Votre Excellence ne voudra pas i|uc les ennemis du ti-ùne « citent plus longtemps l'eKempIu du sieur Fauclie, comme u un prétexte â leurs calomnies. Il est de riiilërèt de tous les H souverains de protéger un homme auquel on ne peut repro- << clicr qu'un excès de zèle pour la bonne cause. »
Ce n'est point assez pour moi d'être ruiné, d'être à la merci de dettes contractées pour les fiourlioos ; je suis encore un objet de dérision aux partis. Le voilà bien récompensé, disent-ils.
Monsei(;neur, la demande de la Prusse sera prise en considération par Votie EscuUence, j'en suis assuré, parce qu'il n'est qu'un ennemi de la gloire du Roi qui puisse consentir, quand il peut l' empêcher, à voir la mémoire de ce prince entachée du mot d'ingratitude.
Si la note détadiée de M. le prince de llardenbei-g, si les pièces que j'ai l'honneur de joindi'e ù l'appui de ce précis, ne sont pas sufRsantes pour éclairer Votie Excellence, je la supplie de vouloir bien consulter M. le comte Decazes ; nul plus que lui, sans parler de mes anciens services, ne connaît mieux mon dévouement au Roi, et mon z^lc à le lui prouver conslammeiit.
Je conjure ilonc Votre Excellence de vouloir bien s'occuper de la note que la Prusse a passée k mnn sujet au ministre de praiice, de m'accorder sa bienveillance prés du Roi et, en ni'olitenant justice de Sa Majesté, de faire cesser une situation déplorable.
A l'appui du présent, j'ai l'honneur de soumettre à Voire Excellence :
l'Un extrait de promesses écrites qui m'ont été faîtes de m'indcmniser ;
2* Le montant des indemnités par mi'i réclaméoe;
3* Copie de la note passée au cougi'ês d'A-ix-la-CbaiielIc par M. le prince de Hardenberg A M. le duc <le Richelieu, rt dont copie m'a été remise de In main du prim-e de llardenbci^;
4* Copie de la réponse de M. le duc de Richelieu à M. I«
I *• Copie
prince de Hardenberg, et dont Foriginal m'a été remis de la main du prince de Hardenberg.
Je suis, etc.
FAUCaE-BOBEL.
Il n'obtint, en retour de ces démarches, qu'une maigre pension, contre la modicité de laquelle il ne cessa de protester jusqu'à sa mort.
hnlicrt-Colomrs ù WicUa
J'ai à me plaindre Fortement des imprudi'necs igu'on commet à mon égard. J'ai reçu en deux jours quatre lettres, doDt une par la poste et trois (>ar agents de MM. Wiokhain et d'Avaray, dans lesquelles mon nom est tout au long, en encre blanche il est vrai, mais on connaît le secret; une seule de ces lettres arrêtée me perdrait. Je crains qu'on me nomme aussi en écrivant à d'autres correspondants ou agents. On connaît mon nom de guerre (Pliilîbert], je supplie qu'on n'en emploie pas d'autres, et qu'on en prie M. d'Avaray. Faites, s'il vous plaît, attention ù ma position : la plupart des agents peuvent I se cacher, tandis que je suis en évidence. Us sont jeunes, sans demeure fixe ; s'ils sont soupçonnés, ils fuyenl et vont ailleurs. Je n'ai pas ces moyens, je vous conjure d'y avoir égard, sans quoi je serai forcé de tout aliandonner.
J'ai plus d'agents ([u'il ne m'en faut pour la liesi>gne ; je les connais, j'en suis sûr, je n'en veux pas de nouveaux sous aucun prétexte. M. Wickliain me l'avait promis, et j'en ai vu arriver quantité. Je sais que plusieurs n'ont pas de mission ; mais ne me nommez à personne, et ils ne viendront pas me trouver. On m'a écrit que j'étais maître de paralyser ceux qui ne me canviendiaient pasi mais si on ne les reçoit pas, ils se plaignent tout liant, cela m'est arrivé, et peuvent contrarier en n'a^ssant pas de concert. F.nHn, ou ils compromettent ou t ù la cliose ; ainsi je n'en veux pins sans ex<cption, et 'rai pas ceux qui viendront.
Quant aux agents militaires, tout pouvoir leur scraconcédé au premier mouvement; mais jusque-là ils doivent rester tranquilles, ou plutôt ne pas nous les envoyer avant cette époque. Ce ne sera qu'alors que le général pourra entrer avec sûreté. Il courrait des risques s'il venait plus tôt. Il est trop connu, mais on pourrait d'avance envoyer Saint-Gratien ou quelque autre général suisse sans conséquence. Je préférerais Saint-Gratien, que je connais. Au surplus, nous avons ici et aux environs d'excellents ofBciers anciens qui suffiront pour le premier coup de main nécessaire.
Noua réunissons ici un certain nombre île IcKrca relalivi;» an passage du Rliiii et à divers objets ayant trail à k conjuration ile Piiheyru.
frincc tie Candé à H.VA/iohj.
Mullieim. C noTcn.lii'c lT9r>
Je ne perds pas un mumcnt, Munsieui*, à vous <^4}iifit'r, sous le [dus f;ranil secret, que j'ai rcea, cette nuit, l'uiilre (le roVn- Icudre aver le général Mébs, pour passer le Rltin. Cuinine les pn*|)aratifs peuvent entrainer quatre ou cinq jours de ilrlaî, il est de la plus {;rande importance ijul' rien ne transpire à cet égard ; il est instant ccpendaul <|uc, sans en dire positivement le muUF, vous ne négligiez rien, pour faire éclater tout à l'heure le Lyonnais et la Francbc-Comté, où le |;énéral de Wunnscr veut me jeter tout de suite. Perraeltrz-moi, à cette occasiou, de vous (aire un petit reproche, de ce que vous me bissez ignorer entièrement tout ce ijui se passe dans c« provinces, ainsi que dans le Forcï cl le Veiay, ou l'un assure qu'il y a une Torle insurrectiou ; je crois qu'il est essentiel que je sois tenu au courant, si ce n'est plus comme ordonnateur, ce qui est fuil simple, au moins comme grandement intéressé. Vous sentez, Monsieur, que d'après l' événement que je vous annonce, et ce que je vous dirai tout à l'heure, il est de la plus absolue nécessité que vous vouliez bien m'assurcr que je ne manquerai pas d'argent, tant pour augmenter mon s habitants et troupes qui pourront se réunir A moi.
PIECES HISTORIQDES
quopoiir ariiat d'aimcs, iIonL je mainiuenlisuluiiieiit, les (liippusps secrèLos et imprévues ; il est aussi c^cnLiel que je sache les fonds que vous me destinez, et le lieu où je pourrai les toucher, ii mesure que j'en aurai besoin; en tout, il serait bien A désirer que vous vinssiez faire uu tour ïei, quand vous aureï arrange le mouvemeot des provinees, eliosc qui mVst absolument nécessaire poui' la cause du Roi> Le temps ipi'il faut pour préparer l'éclat, le fera écloie préeisëmenl, au moment où il faudra; mais il n'y a pas un instant à perdre ù l'ordonner. Vous voudrez bien parler en mon nom sur cet objet, ai voua le juge* néecssaire. Je n'envoyé poiut d'ordre diret-l, comptant sur vous, eoniine sur moi-même; mais si-nlez, jn vous prie, combien ma pelite armi-c sci-ait compromise, si la Franche-Comté ne se déelarnit pas sous huit jours.
J'ai encore à voua couder une chose très heureuse, et qui vraisemblablement entre [lour beaucoup dans la détermination du projet. M. de Wurmscr n'a fait envoyer un courrier exprés par M. le comte de Qarliançon pour me dire qu'il l'.lail résolu â tenter de foire déclarer Picbegru et son année pour le Roi, en lui proposant de me donner la main pour entrer en haute Alsace, et m'introduire ensuite eu Fi'ancbe- Comté: le général paraissait délirer mon interveDtJon ; celte proposition, en me faisant grand plaisir, n'a paslaissé, jevou) l'avoue, de m 'embarrassée, d'après ce que vous savez, et ne voulant jamais avoir l'air de contribuer et de OJLinscntîr k auruue apparence de démembrement, dont la proposition, peutêtre souB' en tendue, pouvait être faite à Piiliegru, Voici comme j'ai taché de m'en tirer ; j'ai réjNindu i{ue j'élais asaez heureux pour avoir prévenu les désirs de M. de Wurmser, eu envoyant à Pichegi'u, et qu'il avail toujours été daus mes intentions do ne rien faire que de concert avec le géuénd nulrichieu (je n'ai point parlé de l'état où en sont les choses); que la démarche que se proposait M. de Wurmser était très conforme à mes désirs, qu'elle me faisait d'autant plus de plaisir, que, puisquele général de Sa Majesté Impériale voulait bien admettre un prince de sauf; de Franceà y concourir, cela me prouvait de plus en plus les vues généreuses et désintéressées île ce
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; iju'eij conséquence, je n'Iiesitais point à m'y livrer, el qu'ayant des raisons pour croire que Piclieyru écouterait peut-être raoïDS (uvorablcmejit (même malgré ses revers) les étrangers seuls que si je paraissais pour quelque chose Jans leur démarche, j'envoyais un liillct à cachet volaut à rcmeltie à Pïchegru, par l'homme qu'on me mandait qui devait en être chargé {je vous en envoyé la copie). J'oubliais de vous dire que M, de Wurmser me faisait dire qu'il comptait mander à Pichegru qu'il Favorisait, de tout son pouvoir, sa jonction avec moi. Je me suis déterminé à l'envoi du billet, parce que j'ai craint que Fauelie n'engageât Pichegru à repousser bien loin la proposition, ne doutant pas qu'elle ne contrariât ma négociation et qu'alors les Autrichiens, piquet de sa réponse, ne me permissent plus de profiter du succès que pourrait avoir ma iJéraarrhe personnelle. Je vous observe que, comme il est bien évident que vous m'avez gardé le plus profond secret, j'ai craint de compromettre le gouvernement anglais et vous deux personnellement vis-à-vis de la cour de Vienne, en avouant que je m'étais conduit avec votre participation, et par vos conseils; je n'ai pas dit un mot des Anglais; je ne l'ai point nié, mais je ne l'ai point dit, ce qui vous laisse tuute liberté de dire et de [aire à cet égard tout ce que vous voudrez en m'en donnant avis; j'ai déjà raaodé tout cela à H. Crawfîird; inandei!-moi, je vous prie, prumptement ce que vous allcafoire, surquoije peuxcompter, et rende* justice. Monsieur, h tous les sentiments de considération, de véritable estime et de sincère umitié que j'espère que vousme coniiitisscï pour voua.
P. S, — Vous aveu été instruit du succès prodigieux des armées impériales par M. d'E^elmann. Vous Ravex que nous n'avoDH plus personne û Basic, ce qui m'est fort incommode. Ci-joiut un |>aquct de M. Crawfurd qui arrive dans le moment par estafette; il ne savait rien encore de l'ordre qu'on nous a envoyé.
'IKCES HISTORIQDES
' <lc Comiéù Wickha
vemUe 1795,
. , , Quelle ijninilc nouvelle, Muiisicur, i|uc celle ijuc voi prenez! Viugl-eiiiq à quarante mille Frant-ais sont prfls! Voilà le genre d'insurreclion qu'il nous faut, et que je ileâirc depuU cinq aus, LVncrgie et l'activité de M. riiilibert nous le procurent. Le Roi lui devra sa couronne, il ne l'oubliera pas, mais je le lui rappellerai sans cesse par devoir et par attadiemeni, I^veaux me dit nussi qu'on eat sûr de Kellermann et de sou acnirt!, que Marseille se dëelarei'a, que le Dauphiné même s'évertue. Si i^ela e*t, la besofitic parait certaine avec les évàirments du ftliin, qui rejeltent bien loin Jourdaii et son armée, et qui jettent le decuurag^ement et le mëcontentemcut dnna celle de Piehegru, qui, je crois, en est fort aise, car il me fait dire par notre homme, qui est toujours auprès de lui, qu'il est toujours dans les mêmes sf^ntlments et que je ne m'impatiente pas, parce qu'il guette le moment favorable ; si Wurmaer entame In négociation par les moyens que je lui ai donnés, cola le hâtera sûrement : je vous ai mandé, dans une lettre du 6, de tâcher de faire éclater dans huit jours ; d'après ma conversation avec Méliis, je vous ai écrit dans celle du 7, qui doit vous parvenir par une occasion que j'ai trouvée {et dont, par pireaution, je vous envoie le duplicata], qu'il fallait remettre celle du !5 au 20, mais je vols, par l'écrit de M. Phitiberl, iju'il faudrait n'éclater que dans quatre ou cinq semaines à dater du 3, ce qui me parait beaucoup trop lard. Dans tous les cas, de trois choses l'une, ou nous tenterons le passage, et nous réussirons (et cela ne peut pas aller plus loin que du 15 au 25), ou nous le tenterons, et nous serons repousses (ce qui ne se peut que s'ilarrivaitptusdcmoode devant nous), ou les intrigues des sous-ordies seront plus lurtes que les ordres positifs de Wurmser, et nous ne tenterons rien; dans la première hypothèse, je serais eompromis si Lyon et !<
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idifr-Coiiitê ne se ilcdai'aical que ({uinxe jours après; (laua la deuxiime, il sérail essentiel de reparer aur-le-champ noire échec par une iiisurrecUoo majeure, pour éviter le découragement des royalistes de l'inlërieur, incnie de l'extérieur; daiia la troisième {à !nf|udle je ne vois encore aucune apgiareuee), cotte insurrection serait notre seule ressource, et il ti'y aurait pas un instant à perdre à la tenter, tant par la raison que je viens de dire trois lignes plus haut, que pour me donner Jra armes, auprès du général autrichien, pour le décider à revenir à son premier projet. Je pense donc. Monsieur, qu'il faut tout préparer pour l'éclat du 20 au 25, et dis que le jour sera pris pour notre tculalive, je vous envoie un ix>urrier pour vous en instruire et pour vous prier d'allumer sur-le-champ l'incendie salutaire qui doit sauver la France. Mais JG vous recommande avec la plus vive instance de vous occuper de la rrauolie-Comté, dont je n'entends pas parler plus que vous. C'est un mlermédiaire jui m'est absolument nÀ^essaire pour communiquer avec Lyon, soit par mes dépêches, soîl par mes marches. Je sais que Philiherla de hunnes nouvelles de Besançon, c'est là surtout qu'il faut travailler en liaat la chose avec le Jura ; il est aussi essentiel de s'assurer du Porentrui, qui est bien disposé; on dit qu'un peut y r.issemliler 8,000 hommes ; si cela est, il fhudrait qu'ils se jelassent aussilûtsur les trois bataillons [tatriotes qui sontà l'entrée des Coi'ges (il n'y en a pas davanta{;e), et qu'ils vinssent me donner la main à ma sortie d'Alsace, dont je crois que mes assodés seront fuit aises de m'éconduire, attendu l'imporlunitê de ma présence pour les projets que je leur suppose toujours, car il faut vous attendre que leurs succès vont relever Waucuup leurs prétentions, la hase de leur politique étant toujours l'agrandisse meut, et n'ayant point varié depuis Charles-Quiiil. Je n'en ai pas moins déjà mandé h Wurmser, qui, comme vous avci va, me parlait des disposilionsdes habitants delà France, que le seul moyen de les assurer de les viviBer était de répandre, en entrant, une proclamation de TEnipei-eur par laquelle il iléclarerail, clairement et saïui détour, <|u'il n'enlcn<l [Httnt Elire de conquêtes, et qu'il ne veut que pruU^ger le retour de
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la religion, de la royauté et de l'ordre en France; à l'é{;ard des plans à suivre, quand l'armée de Lyon sera asseniLlêe, je ne crois pas i[ii'oii puisse encore les déterminer. Commençons par organiser el conslalcr autlieiilii{uemenlla réaislnnce; après cela, nous dcoidcrons les entreprises et je serai Ibrt aise de connaître les vues de Vrécy, que j'estime beaucoup, avant d'arrêter les luienues.
Vous pouvez être sûr 4iue je vais cliercher les moyens de feiiv instruire Pichcgru de l'éclat qui se prépai-e et de lui faire sentir comliien il est de son ïntérêt, de sa sûreté, dr sa gloire, de primer les autres généraux dans son retour à la 6di'lité qu'il doit à son roi, et en ceb, comme en toute autre chose, je me fais un graitd plaisir de suivre voire avis, ijui u'k pour Lut que le bien de ta chose
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La lettre que voua m'aven fait l'honneur de m'ccrire en ilate du G m'a mis la joie dans l'dmc. Il est vrai qu'au ne nous donne que furt peu de temps ]iour combiner nos moyens, mais il faut profiter de celui que nous avons de mnnicrr à n'avoir rien à nous reprocher. Voici ce que j'ai déjà fait et ce que je me propose de (aii*e.
Le Chevalier qui est admirable pour sonner la Irompeltecst reparti ce matin pour Lyon, avec tous les fonds que Phihbert et lui ont demandés; ils vont ranimer le commerce dans le Velayel le Korcz et faire marcher leur monde sur Lyon; dès que la garnison en sera sortie pour les rejiousser, la ville f>e déclarera. J'ai fait chercher M. de Précy, qui, j'espt're, sous dix jours sera rendu à Lyon et prêt à se mettre à la tCle ilu rassemblement qui s'y formera. Tissot travaille dans ce moment la partie de Saint-Claude et Loiis-le-Saulnier, qu'il conduira
PIliCES HISTORIQUES
si sur LyoudèsijuelelouLsei'a rc-uni, de manière à tenir iètc contre lea forces républicaines déjà daiis le pays, et qu'on aura eu le temps de ramasser quelques vivres. Un gros corpn restera dans le pays, pour couvrir Lyon, pendant que le reste niarcliera sous les ordres de M. de Prccy, avec Tissot (loiir commander son avant-garde, à votre rencontre. Mais on ne peut pas se dissimuler que le temps nécessaire pour se mettre en marche avec aûveté ne peut être moins de trois semaines à dater d'aujourd'hui.
Eu attendant, voici ce que je me pro[>ose de (aire du côté delà rranchc-Gomtë. Les Antoni ont parfaitement bien travaillé la ville de Besançon; tous les vignerons et les ouvriei's sont i leur disposition, et Antoni le cadet s'est fait mettre dans la garde nationale avec le rang de major. Tolney se tient pict à marcher dans la ville au premier signal; tout le monde s'accorde sur ses talents militaires. Il est au reste du choix île Halscigne. Je vous proposerais dont de lui envoyer l'ordre de prendre le commandement provisoire de la ville ; vous n'aurez qu'à l'envoyer à l'abbé de GhafFoy, qui le lui fera passer par un prêtre. L'ordre pourrait être en lilane de manière que le prêtre ne sût pas ce qu'il contient, mais il devrait être instruit du secret pour faire paraître l'encre et le communiquer à Tohiey en lui remettant la lettre. Je lui aï fait dire de rentrer en vilic et de s'y tenir caché.
Mais comme la citadelle est mal commandée et que sans elle la ville ne peut rien faire, les Antoni demandent qu'un commence jar faire éclater une insurrection dans les montagnes, pour que les habitants puisseût avoir un prétexte plausible pour demander à garder la citadelle, ce qui sera en quelque façon nécessité parla sortie des troupes de ligne contre les insurges. A cet effet, j'ai déjà écrit à l'alibé de CliafTuy pour faire agir ses prêtres, mais il Faut &ire plus; depuis la mnllieuieuse affaire de Pontier qui a entraîné le liannisscment d*Antoni, nous n'avons plus de lieu de rassemblement ; il Faut donc tacher d'y suppléer autant que possible par lea moyens de l'abbé de Cliaffoy. Dès que TInseau sera arrivé auprès de moi, je le ferai partir pour tout arranger avec ce digne ecdésias-
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e PoDlier devrait renirer d se touir caclié dans la maUon de quelque bonne dévote ; jeconviens qu'on ue le mettra pii9 FaL'ilemenl nous un boisseau, mais il y a bien d'autres moycDs : laissez taire les femmes et surtout les dévoles. On doit é{;a!ement faire entrer ou faire tenir sur la frontière la plus rapprochée tels officiers et bas ofBcici's que M aise igné nous proposera; si Fenouillot ne vous c^t plus nécessaire, je tiendrais infiniment à ce qu'il fûL de lu partie. Il faut absolument donner à Malsenji»; quelques bas offieiers et soldats éprouvés; il y en a dans le régiment Daupliiu, â cei]ue me dit Antoni. qui sont du pays et bieji connus à Malseigne. Tout ce que j'ose demander, cVst qu'ils soient du cliuix de Malsei- (jne même ou de Poulier. Il me semble que Slalseifjne el Poulier (dont je n'ai aucune nouvelle) devraient se concerter avant le départ du dcniier, et qu'un devrait tàclier de faire sonner le tocsin partout, et faire soulever une aussi (>ranile étendue de pays que possible dans le même instant. L'arrivée de Malseiync chei l'abbé^de Chaffoy devrait en èlre le signal. Kn même temps Antoni lui-même devrait partir pour Bosançon pour avertirses frères, etc., etc., de ce qui se prépare dans les montagnes el combiner toutes les mesures ù prendre dans la ville. Il me semble que vous devriez faire partir Malscigne deux jours avant celui qui sera fixé pour le patisaf^e, lorsque le moment en sera (léGnilivcment arivlé, et en même temps lui donner l'ordi-e d'agir sur-le-cbamp. Je propose ilc lui attacher Tinseau et tels autres ofiiciers que le général choisira lui-même. J'envoie à Besaueon (où, ce que ra'assureutles Antoni, on trouvera abondamment de lout) cinq crnls louis pour gagner et payer la populace ; j'en envoie autant i l'abbé de Chaffoy et j'en donnerai deux ou trois mille h Malseigne ou pluti>t à Tinseau comme son tiésorier. Les demandes sont si considérables et les espèces si rares que je ne sais où trouver de l'argent. Pour des armes, il y en a certainement dans le pays de quoi suivre pour le pceinier moment, cl Antoni m'assure que l'arsenal de Besançon en est abondamment pourvu, et qu'on serait maitrc de la garnison. J'écris à un très brave homme, nommé, non MoDgenel, mais Mongenct, dans tes mm-
ptECEs iiisTonionEs asïi
t3{jitcs qui trmiineiit la plaine du côté de licifbrt el Vesoiil. [I travaille depuis longtemps les mineurs et les exploiteurs de bois. Cette partie est inRiiiment importante pour vos plans aelueU. Je lui envoie aussi de Tardent. Les Muntjoie (il me semble) pourraient aussi rendre des services de eea cotes-lii,
DcLyon,oii fera partir des courriers pourlaedte d'Orlêau^i, Ncvers, pourtoute la Franche-Comte, le Bourg, la Bresse, la Bourgogne et tout le Midi ; on tâcbera de fotrc éclater autant de différentes insurrections qu'il se pijurra en même temps pour distraire raltenlion des agents de la Convention et de leurs généraux des véritables points, el pour les obliger de séparer leur Forces. Je crains ijue nous ne soyons bien en arrière avec toutes nos combinaisons; cc)>endanl comme vous ne pourrez pénétrer dans la Franche-Comte le jour de votit ])assage, il est à espérer que nous aurana toujours le temps niicessaire, à moins que l'ennemi (ce qui est fort ù l'raindre) ne profite du premier moment pour mettre une nouvelle garnison dans Besançon et pour en désarmer les habitants. Voici mon calcul : nous sommes actuellement au 10; le counier sera rendu cbexvousle 13. Malseigneetloutson monde pourmii-'ul I)ien être rendus à leurs postes respectifs aprèii s'être conceités avec vous, avant le 18 ou le 20 au plus tard, et le 19 ou le 21 on pourrait éclater. Je crois que tout sera préparé à Besançon pour ce jour-lii ; vous sentire» bien i^u'on ne pourra pas agir plus lAt, et je soubaite beaucoup que le |mssage soit renvoyé jusqu'au 15 ou 16 pour le moins. S'il se fait plusUit, il faut se fier à l'éclat qu'il produira et à la promptitude avec laquelle jVspcreque vous serez mis à même de marcher en avant, auquel cas je pense que l'insurrection pourrait se faire d'elle-même.
Il faut que vous fassiez l'impossible pour faire venir tout votretnonde.Quefontliussy, ilohenlobe, etc., etc.? Dites-moi, s'il vous plait, au juste quelle sera votre force ef>ecUve; une fois rendu dans la Franche-!^ m té, vous en aurez assex, je n'en doute pas, mais je suis inquiet sur les diflicultei du premier moment.
Ma grande confiance est en BapIJate; quant au reste, je n'ai