I.NTHODUCTION M
que présente d'invraisemblable ce langage dans la boucbe et sous la plume d'uu généra! familiarisé avec la victoire et dont la conquête de la Hollande avait révélé tout à la fois le désintéressement et les exceptionnelles qualités militaires. S'il avait voulu trahir, il y aurait mis plus d'habileté. Au plan tout à fait enfaotii) et impraticable que lui avait soumis le prince de Condé et dont il sera reparlé au cours de ce récit, il n'en n'aurait pas substitué un plus enfantin et plus impraticable encore. Il eût apporté plus d'adresse dans ses mesures, à supposer qu'il n'eAt pas essayé d'abord de démontrer l'iiiipossibilité dans laquelle il se trouvait de réaliser ce qu'on attendait de lui. Cn tout cas, il u'eilt pas laisse aux mains de ses complices une pièce dont la divulj;atioii devait le perdre à jamais et faire la preuve de son crime.
Cependant, l'intérêt de ces considérations, encore qu'elles soient pour frapper tous les esprits, s'efface el disparait devant un fait positif et indubitable (pii les prime toutes. Ce fait est celui-ci. La lettre affichée le 4 septembre sur les murs de Paris, sous la sïgoatiu'c de Picbegru, et reproduite dès le lendemain par les journaux à la dévotion du Directoire, constituaitun faux. Picbegru n'en était pas l'auteur. C'est la police qui l'avait imaginée, en présentant comme mise sui' le papier par le général une réponse verbale que lui attribuait Montgaitlard. C'est aussi ceite po-
Ml INTUODOCTION
lice qui, dans la version envoyée par Bonaparte à Paris et pour en établir l'aulhcnticité, avait glissé les mots : « écrit de ma main «, lesquels n'existent pas dans rori{];inal.
Il eut été facile à Picbegrud'eu démontrer la fausseté s'il eût été mis en demeure de s'expliquer ou si, conformé nie ni aux lois qui soumettent au jugement de ses pairs la conduite d'un général accusé de trahison, il eût été traduit devant un conseil de guerre. Mais on ne voulait pas lui dounerdesjuges. Ce qu'on poursuivait en lui plus encore que le soldat, c'était l'homme politique dont la popularité menaçait le Directoire, Celui-ci agissait révolulionnairemeut. A l'heure où, à l'aide d'un faux caractérisé, il déshonorait à jamais Pichegru sans l'avoir mis à même de se défendre, le président des Cinq-Cents était emprisonné. Les directeurs triomphants signaient le décret qui le condamnait à la déportation, avec leurs collègues Carnot et Barthélémy, divers membres du Corps législatif et de nombren.x suspects arrêtés en même temps que lui. Un faux, voilà donc ce qu'on trouve à l'origine de la légende sous laquelle, depuis plus d'un siècle, sa mémoire est restée écrasée.
Il est vrai que, quelques jours plus tard, se produisait un incident qui parut corroborer les accusations de Monigaillard. Une lettre signée du généralJJMoreau, successeur de Pichegru au commandement de
ISTRODCCTION \IJI
; Rhiu-et-Moselle, arriva à Paris, à l'adressi' do directeur Barthélémy (1). Compris dans les proscriptions du 18 fructidor et moius heureux que Cainot qui avait pris la fuite, Barlhclemy était déjà m route pour Siunamari. La lettre de Moreau, en daii' du 19, fut remise au Directoire. Il en prit connaissance. Elle lui révéla que le 21 avril précédent, après le passage du Rhin, les équipages du géuéral de Klinglia, major général de l'armée autrichienne [-1), ayant été capturés, on avait trouvé dans un fourgon des papiers très compromettants pour l'ichegru, Etunui'; que Moreau eût attendu plus de quatre mois pour faire part au gouvernement de cette importante découverte, le Directoire, désirant des explications, le manda à Paris.
La conduite de Moreau en cette circonstance ne fait honneur ni à son caractère ni à ses sentiments. Od le voit d'abord soucieux de ménager son ami Pichegiii, oublier ensuite tout à coup les services qu'il en avait reçus et, saisi de peur, tremblant pour lui-même, l'accabler sous des accusations qui n avaient d'autre base que les papiers trouvés dans les fourgons de Klingliu, base aussi peu solide que le rédt de MoutgaîUard.
[l] %'oir cette leltrrr aiii pitt-ea lil>lorii|ue>, A.
(1) Éiuïgri ri*aTii;aT> paoè au lervice de l'Aulrii-lie. Il éuit le petil-HU •le JoMpk de KItiigUn, préteur roj'al i SiratLouiij, pire de la «oconJc &ll« <ridrîei>i> '
XIV INTHÛDUCTIOS
C'est bien le 21 avril qu'ils étaient tombés ea son pouvoir. Ce jour-là, l'armée française avait accompli un prodige en passant le Rhin sous le feu de l'eanemi, après uue lutte de trentebeures, durantlaqiielletelui-ci s'était efforcé « de la culbuter dans le fleuve ■ . [1 existe sur ce {;lorieux combat, qui se termina par la défaite des Autrichiens et les contraignit à signer la paix, un rapport enflammé du général Vandamme à qui était échu le commandement des troupes, Desaix et Duhesme ayant été blessés tour à tour, l'un à la jambe, l'autre au bras.
Vandamme raconte la déroute des Autrichiens fuyant éperdus devant la furia française : « Nous allons jusqu'à Offembourg... A chaque pas, on prit par cent et par quatre cents prisonniers, des drapeaux, des canons et d'immenses convois de bagages. Rien ne peut nous arrêter, pris Offembourg, Le général comte Orély fut pris, tout l'état-major de l'armée, plans, caisses, correspondance, administration et postes. Rien ne nous échappa. •• Le même soir, du clianip de bataille^ le major général Reynier écrivait à Desaix : " Nous regrettons bien, mon cher général, que vous n'ayez pu participer au spectacle delà déroute et à la poursuite des Autrichiens. Vous auriez bien joui. Nous vous enverrons toute la correspondance du générai KJioglin, qui a été trouvée ici, et autres papiei-s intéressants. "
ISTRODUCTION XV
CettecorrespondancecoQsistait en un grand nombre de pièces êpistolaires, chiffrées pour la plupart, nyanl pour auteurs les nombreux émissairesqu'empioyait le prince de Coodé à ses opérations diplomatiques, et signées du sobriquet que, pour rendre impénétrable le mystère de leurs intrigues, ils se donnaient entre eux : Demougé dit Kuret et FenoniHot dit liobert, avocats à Strasbourg ; Vîttersbacii dit Lindor, ancien procureur en Alsace; Montgaillard dit Tinault, Faucbe-Borel dit Louis, son compatriote Antoine Courant dit le Turc, Badouville dit Coco, chef de brigade à la snile de l'ai'mée de Rhiu-et-Moselle, et enfin une femme, la baronne de Reicli de Platz, née de Biiîktin, dite Diogéoe, politicienne bavarde, maladive et seolinien (aie, possédée de la manie d'écrire, nièce du général de KUngUn, chargée par lui de centraliser cette active correspondance, d'unifier les efforts des agents et de les faire concourir au succès que promellaieui à la coalition les prétendus engagements de Pjchegru.
De leur aveu ou à leur insu, tous ces personnages, en même temps qu'ils travaillaient pour Condé, travaillaient aussi pour l'Angleterre et l'Autriche. Ils émargeaient directement ou indirectement aux. fonds secrets de ces puissances, dont Vîckham (Bluet) et Crawfni'd pour l'une et Kliuglin pour l'autre étaient les distributeurs. Aux ressources qu'ils se procuraient
XM INTIIODCCTIOPJ
ainsi, ils eo ajoutaient d'autres en trompant lei maudants. On verra ultérieurement ce que devcnîiîeut les fonds versés par les ajTjents anglais à destination de Picbegru, quelles mains les arrêtaient en route, et comment Montgaillard, toujours aux expédients, trouva un matia le moyen de grossir ses revenus en livrant ses complices au Directoire après s'être fait promettre l'impunité pour prix de sa délation.
Dans le volumineux dossier de leurs lettres, à côté de comparses tels que le député Chambé (Ajax), le général Lajolnis (Lajoie), ami de Pîchegru, le major Thugnot (Philippe) et tant d'autres, figurent aussi divers généraux autrichiens qui combattaient contre la France : l'arcbiduc Charles qu'on désigne sous le nom d'Antoine, Wurmser appelé César, Clairfayt (le Sournois), Klingliu (Persée), de la Tour (Octave), Le prétendiiut Louis XVII! est également affublé d'un surnom : le Grand Bourgeois, Condé, c'est tantôt le Bourgeois, tantôt le Laurier. Moreau a été baptisé la Mariée, Quanta Pichef^ru, il est tour à tour Baptiste, Poinsinet, Poiusinetle, le Banquier ou encore l'Aimable Zède,
Lorsque aujourd liui, si longtemps après ces événeuients, on pénètre dans ce fatras et dans la volumineuse procédureàlaquelleildounalieu, l'esprit libre, uniquement animé du désir d'en faire jaillir la vérité, ou reste confondu, tant sont inconsistantes et fragiles
INTRODUCTIOS uvcs (([l'on en tira contre PicI:
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dans la relation de Montgaîllard et comme dans les Hémoiie!' de Fauche-Borel, publiés ultcricuremeiit, le mensonge, dans ces lettres, coule à pleins bords. On à la sensation d'être entré dans une caverne où s'agîte, nuit et jour, une bande d'aigrefins et d'escrocs, exploitant la crédulité de quelques naiTs qu'ils se sont adjoints et cherchant à se procurer, coûte quecoilte, des ressources destinées, prétendent-ils, à payer le concours de Picliegru et à assurer des moyens d action à cet illustre soldat du nom duquel iU usent et abusent à qui mieux mieux. Dans luie Instruction judiciaire sérieuse, ouverte contre lui par un magistrat consciencieux et désintéressé, aucune de ces pièces n'eût été admise.
Telle parut être ro|)iniou de Morean, lorsque, son subordonné tteynier ayant commencé le laborieux déchiffrement des papiers à l'aide dune clef qui y était jointe, on put comprendre qu'ils mettaient en c^use Pichcgru. Est-ce pour ce motif qu'il garda le iilrncc? Fut-il retenu par la crainte de perdre, en le dénonçant, un compagnon d'armes qui aimait â l'appeler son plus cher ami et auquel il devait en partie ion avancement? On ne peut s'en référer a cet é(;ard qu'û SCS propres déclarations. Jusqu'au 1!) fructidor il c'était abstenu d'accuser Picliegru. Ce jour-Iâ seu- Innent, ayant eu vent de ce qui se préparait à Paris,
vvin intiiodui:tios
il sortit de son abstention et écrivit à Barlliélemy.
Il convient de rappeler Ici qu'en I8Û4, après son arreslation, dans un des interrogatoires que lui fit subir Real, il expliquait comme suit la coiiduitc qu'il avait tenue en 1707 : » Dans la eoiirte cainpafjue de l'an V, Dons prîmes les bureaux de l'état-iinjor de l'armée ennemie. On m'apporta un grand nombre de papiers que le général Desaix, alors blessé, s'amusa à parcourir. Il nous parut par cette correspondance que le général Pichrgni avait eu des relations avec les princes français. Celle découverte nous fit beaucoup de peine, et k moi particulièrement. Nons convînmes de la laisser eu oubli. Picbegiu au Corps législatif pouvait d'aulant moins nuire que la paix était assurée... Les événements du 18 fructidor s'annoncèrent. L'inquiétude était assez grande. En conséquence, deux officiers qui avaient connaissance de cette correspondance m'engagèrent à la communiquer au gouvernement. Ils me firent entendre qu'elle commençait à devcnii' publique. J'étais fonctionnaire, et je crus alors devoir en parler à Bartbélemy, l'un des directeurs, eu lui demandant conseil et en le prévenant que ces pièces, quoique assez probantes, ne pouvaient constituer des pièces judiciaires. »
Modérée dans son ensemble, celte déclaration, où Moreau relève uniquement contre l'icbegru ses relations avec les princes français sans l'accuser de trabt-
iMimoucTinN xi\
;st sincfrre «jiie dans sa premicre partie. Ce qu'il n'avone pas, c'est cjn'il ne voulait décider s'il y avait lieu ou non de se faire dénonciateur que lorsqu'il conimitrait l'issue de la lutte engagée entre Pichegrti et te Directoire. Il subordonnait sa conduite au résnllat. liarras insinue que la lettre à Barthélémy, < à laquelle il attribue la date du 17 fructidor ■ , pourrait bien avoir cti- antidatée et écrite pins tard. Barras a été trompé par sa mémoire. I,a lettre fut bien ccrile le I!), cela n'est pas douteux. Ce qui lest moins encore, c'est que le 24, alors qu'arrivaient au quartier général de l'armée de Bhin-et-Mosclle les informations relatives au coup d'Ltat, Morcau, maintenant assuré de la victoire directoriale, Iraçîiit en marge d'une letlie de service adressée au ministre de la guerre Scliércr ces quatre mots : « Défiez-vons de Picli^ru. " Puis, au bas delà letlre, il ajoutait : «J'ai cm devoir à voire place et â l'amitié qui nous lie l'avis ci-joint en quatre mots, 'le vous confie ce secret. Vous pouvez être sûr de sa véracité (Ij. "
Le même jour, répondant à l'appel du gouvernetncDt, il annonçait son départ pour Paris ; « Je n*ai reçu que le 22, 1res tard et à dix lieues de Strasbourg, voire ordre de me rendre à Paris. Il m'a fallu
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XN INTUOnUCTiriK
rjiiclqties liettres pour préparer mon dcpjirt, assurer la traaqiiillitc de l'année et faire arrêter quel(|iies hommes compromis dans une correspondance intéressante que je vous remettrai moi-même...
« ... .le vous avouequ'il était difficile dt- croîreque l'homme qui avait rendu de grands services à son pays, et qui u avait nul iiitéii't à le trahir, pût se porter à une telh' infamie. On rac croyait l'ami de Pichejjru, et dés Ioii{;tenips je ne l'estime plus. Vous verrez que personne n'a été plus compromis que moi, que tous les projets étaient fondés sur les revers de l'armée que je commandais. Mon courage a sauvé la République. ■ Parlant de Picliegm, il disait encore : " Il a été assez prudent pour ne rien écrire; il ne communiquait que verbalement avec ceux qiû étaient chargés de sa correspondance, »
Ce fut donc le succès du Directoire qui entraîna Moreau aux pires déclamations contre son rival de gloire, duquel il dira plus tard qu'il lui devait sa nomination comme divisionnaire, et que c'est sur sa désignation formelle qu'il avait été successivement appelé à lui succéder au commandement de l'armée du ^ord et de l'armée de Rbin-et-Moaclie. La proclamation que, avant de quitter son quartier général, il adressa à sou armée témoigne avec plus d'éclat encore de son ingratitude. Elle est un acte d'accusation foudroyant et d'autant plus inconcevable que Moreau
INTHODIICTroS xvi
ne tcaail aucune preuve de la trabisûn. liP déchiffiemeut des pièces était IoÎd d'élre achevé. Il ae put eu emporter que i|uelques-UDes à Paris. Iteyuier se liâtait de déchîft'ier les autres pour les lui expédier aussitôt avec la ctcf.
Il est iitaiuteaaut aisé de comprendre en quelles dispositions il arriva dans la capitale. Soucieux surtout de se disculper au\ yeux du Directoire du Iouj; retard qu'il avait mis à lui faire connaître la capture des papiers de Klinglin, il crut, en se raufreant parmi les accusateurs les plus ardents de Piohegni, écarter le soupçon auquel il s'était exposé. Il accabla son camarade sous te poids de ses dires, tâche aussi facile que dépourvue de générosité. C'était l'heure où la Terreur recommençait. Captif, proscrit, considéré comme perdu, l'icliegru n'avait pas un défenscur(l). Personne n'éleva la voix eu son nom pour réclamer des jii|]es. Les griefs qu'on lui imputait à l'aide d'affirmations écrites et verbales, qui n'avaient été soumises A aucun contrôle, s'attachaient à son nom comme la preuve indiscutable de son infamie.
A quelques jours de là, Augereau, le second de Oari'as dans la préparation militaire du coup d'Dtat, t possession du commandement de l'armée
ta Uirectoirc reci 'attrait pour préi <p>r Ib leurc ëto l'intenboQ qu'on lui
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IMRODDCTroS
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thiisnit en un langage ernpliatiquc, dans un manifeste à ses troupes, l'opinion déjà formée contre Piehegm ; " Caion ne pouvant snrvivi-e â ta liberté de sa patrie déchire ses propres entrailles, et snr son cadavre César s'élève un trône. Hocbe meurt à la flenr de ses ans et au comble de la gloire, et Picbegru survit à ses forfaits : tels sont les arrêts de Taveugle destin. Soldats! qu'une larme arrose le cercueil du héros et qu'un cri d exécration anathématise le traître, v C'était la pelletée de terre finale jetée sur la sépulture où, dès ce moment, gisait l'honneiu' de Pichegru.
Sa conduite ultérieure, lorsque, après s'être évadé de Sinnamari, il ariiva à Londres avide de vengeances contre les auteurs de sou infortune, ses relations plus ou moins avouées avec les puissances coalisées, sa participation au complot de Cadoudal et enfin son trépas mystérieux et tragique, n'étaient pas pour le relever de la condamnation qui l'avait frappé. Ni de son vivant, ni après sa mort, il ne s'en est relevé.
lïtait-clle juste et fondée? Pichcgru avait-il trahi sa pairie? Témoin du désarroi auquel était livrée la France et des périls qui du toiiles parts montaient autour d'elle, convaincu qu'elle ne pouvait être tirée de l'abîme on elle était en train de sombrer que par «ne restauration niouarcbiquc, avait-il sacrifié à cette
INTROnOCTlOS
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ivait-on lui r
proclicr autre chose r]iie de s'être fait l'impliicable adversaire de la République, et ses nipports avec Coodê l"avaicat-ils conduit à la trahison? Que valent à cet ëjjard les dires de Fauehc-Borel et ceux de Moutjfaillard, unique et bien frigile preuve de l'accusation dirigée contre lui?
Telles sont les questions que j'essaye de résoudre dans les récits qu'on va lire. Ils ont été écrits à l'aide de documents dont on ne saurait conlester l'autorité : les papiers de Condé conserves au\ Archives de Obaniilly et la correspoDdance militaire de Piebegru conservée au Dépùt des Archives de la guerre.
J'ai dû m'arrèter en passant aux complots duMidi, de l.yon et de Uesauron si ténébreux et si peu cou- Dus, pour résumer ce qu'on eu sait et ce qu'en disent les documeiils comtemporains. Comme la rébellion de J'iehegru, ils avaient été ourdis au camp de Condé i'i l'instigalîon de ce prince, avec le concours de SCS agents le général de l'récy, le président de Vézei, hiibert-Colomès, l'abbé de tibaffoy, Tcri'asse de Tcssonnet, Pautcnet de Vcreux, Tinseau d'Amodaa, et autres partisans puur la plupart bien oubliés aujourd'tiui, encore qu'ils aient alors ébranlé le Directoire, Dans la pensée de leurs organisateurs, ces complots devaient, parallelcnient à l'expédition de Quiberon cl â l'insuriection de Vendémiaire, préparées à