LA FRANCE ES
chouans et les émigrés soudoyés par l'Angleterre. En juin, à Qniberon, les rebelles seront écrasés. Leur dét^iistre sera considéré comme irréparable. 11 n'empêchera cependant ni de noLiveau?L soulèvements en Bretagne et en Vendée, ni les insurrections normandes. Déjà si (jraves en eux-mêmes, ces événements se compliquent des excès de la réaction thermidorienne. Sous l'influence de cette réaction, îe pays sera longtemps encore déchiré.
Au lendemain de la journée du 9 thermidor, la nce entii>re, délivrée du joug de la Terreur, s'était «tevce sous la poussée d'un besoin de protestation et 3e représailles, d'autant plus impérieux qu'il avait été |)lus longtemps et plus durement contenu. Aux innocents porls sur l'échafaud, aux combattants tombés sous les lies républicaines survivaient des parents et des amîs Hdes de voir les assassins expier leurs longs forfaits. Contre ces assassins, de toutes pnrls, on demandait des lois. Promplement, sur toute la surface du territoire, celle réaction «liait se manifester en d'émouvants épisodes, et dans le Midi surtout sa violence atteindre aux pires excès.
ti des contrées qui s'étendent des Pyrénées aux
bes, dans la vallée du Rhùne, sur les rives du Tarn
^t du Lot, dans le massif montagneux de la Haute-Loire
et des Cévcnnes, dans ces pays de soleil, où les télés
•ont si promptes k s'échauffer et les passions à se tra-
iire en de terribles colères, c'était pis encore. Lil, on
B considérait pas que les lois pussent suffire à rendre
k LA CONJURATION DE PICHECRU
les châtiments dignes des forfaits. A Lyon, à Marseille, à Nimes, à Toulouse, à Toulon, ù Avignon, au Puy. à Tarascon, à Aix, les terrorisés de la veille prenaient les armes, couraient sus aux terroristes que la chute de Rohespierre venait île désarmer, ne voulant laisser à personne le soin de venger le sanj^ innocent, excitant leur cruiiulé aux souvenirs des arrêts iniques du trihunal d'Orange, des exécutions de Mendc, de l'implacable ri{fueur des CoQventionncls qui avaient exercé le pouvoir en bourreaux.
Dans la plupart des villes du Midi, les massacres se succèdent tantôt en masse, tantôt isolés et le plus souvent avec des raffinements barbares. A Marseille et à Aix, les prisons où les terroristes, arrêtés aussitôt après la chute de Robespierre, ont remplacé les détenus mis en liberté sont ensanglantées par les fureurs populaires. Il en est de même à Lyon. A Tarascon, les jacobins sont conduits au château fort qui se dresse sur les bords du nhûne et, déjà frappés et mutilés pour la plupart, contraints de se précipiter dans le fleuve. En Provence, dans le Comlal, dans les Cévennes, les meurtriers se multiplient. Durant plusieurs mois, chaque jour voit grossir le nombre des victimes.
Tous les partisans de la réaction ne sont pas animés au même degré d'intentions homicide-, lleaucuup d'entre eux s'en tiennent aux menaces. Mais lorsque, sans pillé, les plus violents exécutent ces menaces, les plus modérés, encore qu'ils n'osent applaudir, couvrent d'une approbation silencieuse les crimes par lesquels