‹ La conjuration de Pichegru et les complots royalistes du midi et de l'est, 1795-1797Chapitre 3 sur 29 · INTRODUCTION III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION III

mensonge, le Directoire n'hésita pas à l'utiliser. En même temps qu'il y trouvait les motifs les mieux faits pour légitimer une grande mesure de salut public, il allait s en servir pour consommer la perte de Pichegru en le déclarant traître à la patrie, déclaration sans preuves et sentence sans débats qui, depuis, n'ont été jamais frappées d'appel (l).

Sur la foi de la version Montgaillard, par tant de côtés mensongère, développée après coup en plusieurs écrits par cet homme notoirement vénal et sans moralité, les historiens, acceptant avec une égale crédulité les récits de sou complice Fauche-Borel, définitivement fixés dans les Mémoires qu il publia en 1829, ont ratifié, pour la plupart, cet arrêt sans tenir compte à Pichegru des mensonges de ses premiers accusateurs, de leurs erreurs, de leurs oublis, des démentis qu ils s'infligent réciproquement eu y ajoutant l'un contre l'autre de perfides et injurieuses insinuations. Sans prendre la peine de comparer ces impostures aux documents officiels, ils ont accepté comme définitive et irrévocable l opinion toute faite que nous ontléguée

(1~ Unij étude de Charles Nudier dans ses Souvenirs de la Révolulion, malheureusement dépourvue de preuves à l'appui; un frafjment des .Mémoires d'Hyde de JNeuvilie, un aulre des Mémoires de Barbé-Marbois, et enfin un article de M. de Larcy dans le Correspondant du 10 janvier 1875, constituent, avec divers passn{;es des Mémoires de Barras et de Larue, tout le dossier des défenseurs de Pichef;ru, tandis que ses accusaiteurs, qui se sont, il est vrai, copiés les uns les autres, sont innombrables.

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