AVANT-PROPOS
nature la propriété de donner des résultats identiques dans des circonstances identiques, on ne saurait y trouver les circonstances identiques: « la nature n’est là qu’une fois », et les cas identiques n’existent que dans notre représentation schématique.
Pour qu’un homme puisse s’occuper de science, il faut qu’il soit partiellement déchargé des soucis matériels de l’existence, et on peut dire que la science est un produit de la société: il n’y a pas de savant isolé. Enfin, toutes les sciences sont solidaires, et, la morale elle-même, appartenant comme le droit à la technique sociale de la civilisation, il ne nous est pas interdit de songer au jour où elle sera inspirée à son tour par la pensée scientifique.
Les Physiciens connaissent depuis longtemps les études critiques de M. Mach, sur la Mécanique et sur la Chaleur. Ils savent que pour lui le but de la Science est l’organisation économique de nos connaissances. Ceux qui ont lu son travail sur l’Analyse dés sensations ont pu voir quelle importance ce sayant attache aux liens multiples qui relient la Physique et la Biologie. Ces ouvrages spéciaux ne s’adressent qu’à un public assez restreint.
Mais, M. Mach a développé ses idées dans un ouvrage d’une lecture moins aride pour les profanes, qui jusqu’alors ne connaissaient guère de lui que ses Conférences populaires. Erkennlnis und Irrtum eut un succès considérable dans les pays de langue allemande : la première édition,
6 LA CONNAISSANCE. ET l’eRBEUK
parue en 1905, fut enlevée en moins d’un an, et
la seeonde édition date de 1906.
Le présent volume en est la traduction abrégée. En particulier, j’ai supprimé, sur le conseil de l’auteur, deux chapitres concernant les théories de la géométrie et faisant à peu près double emploi avec ce que M. Poincaré a écrit sur la question.
ML E. Châtelain a bien voulu revoir une grande partie de mon travail, et mon Maître, M. FL Blondlot, m’a aidé de ses conseils pour la traduction du dernier chapitre. Je leur en exprime ici toute ma reconnaissance, et j’adresse un cordial remerciement à mon ami, M. L. Verain, qui m’a secondé très activement.