LES ROBES ET LES SIGNALEMENTS
L'ensemble des poils et des crins qui recouvrent les animaux forme ce que les naturalistes ont nommé la robe. En extérieur, la signification s'est étendue à la couleur, aux diverses nuances qu'affecte le pelage.
En l'état de nature , chaque espèce paraît avoir sa livrée propre; tous ses représentants portent le même manteau : • la domesticité détruit l'uniformité et multiplie à l'infini nonseulement les variétés de la couleur générale de la robe, mais les marques particulières et très-caractéristiques qui les différencient le mieux.
On a , pendant longtemps , attaché une très-grande importance à la classification théorique des robes, étude qui n'a certainement ni beaucoup d'utilité, ni une grande portée, et dont les complications surchargent la mémoire sans être d'un grand secours pour la connaissance du cheval. Toutefois,
l'examen de la robe n'est pas dénué de tout enseignement , il montre surtout que rien, qu'aucun détail ne demeure absolument étranger à l'ensemble.
Une remarque générale, pleine d'intérêt, fait reconnaître que la richesse de la couleur, que la beauté de la robe, dépendent beaucoup de la nature de l'alimentation et des soins plus ou moins bien entendus dont on entoure les animaux. Une belle robe plaît à l'acheteur; un beau poil est un indice de santé. Il n'est pas indifférent pour l'éleveur de se recommander par ces deux côtés aux yeux du marchand. D'ailleurs la robe devient souvent un caractère de race , une affaire de mode. Il serait très-difficile de faire passer, aux yeux de bien des gens, un cheval noir, bai ou alezan, pour un produit de race percheronne qu'on veut absolument gris ; dans presque toutes les races carrossières, c'est le bai qui domine ; certaines familles arabes se distinguent par l'uniformité du manteau , celle du nedjd est grise, celle des anézés est baie ; il y avait dans la Frise , il y a en Angleterre une race noire et qui en prend le nom; les variétés chevalines du Midi se montrent particulièrement sous la robe alezane. Ces diverses teintes sont vives et brillantes, ou sales et ternes en raison des soins donnés aux sujets qui les portent ; elles donnent ou retirent du prix, et sous ce rapport méritent, nous le répétons, l'attention de l'éleveur. La nuance de la robe, la condition du poil font partie de ce qu'où nomme élégance et distinction. Beaucoup de chevaux qui ne sont pas mieux conformés que les nôtres, beaucoup de chevaux allemands très-inférieurs, * vont au luxe et au demi-luxe uniquement par le fait de la robe. Prise en masse, notre population chevaline a le manteau commun faute de soins, tandis que la plupart des produits de l'industrie étrangère apparaissent réellement sous une robe plus brillante et plus distinguée. L'habit ne fait pas le moine, dit-on, mais on ajoute qu'il le pare , et l'on a raison , car rien n'est plus vrai. L'éleveur étranger sait parer sa marchandise, et, grâce à cela, nous la vend plus qu'elle ne vaut; l'éleveur français, qui la laisse dans la crasse, ne sait pas la faire valoir autant qu'elle vaut et éloigne le consommateur qui paye le mieux. C'est particulièrement sur ce fait que nous désirons
appuyer; si mince qu'il paraisse de prime abord, il a une très-grande et très-réelle importance.
A. Les robes.
Nous serons aussi laconique que possible dans la description des robes et de leurs diverses particularités, mais nous sommes forcé de nous y arrêter.
Ce n'est pas par le nombre des couleurs, mais par le mélange de celles-ci que la variété du pelage est grande. «Le noir, dit M. Lecoq, le blanc et le rouge, ou mieux le brun-rouge , sont les couleurs principales, dont les modifications donnent : pour le noir, le gris plus ou moins foncé ; pour le blanc , le blanc jaunâtre ou sale ; et pour le rouge , différentes nuances qui remontent vers le brun foncé et descendent jusqu'au jaune. »
1. Le noir constitue un genre de robes très-simples. On en distingue trois espèces : le noir franc dont la teinte est pure et sans reflet; le noir jais ou jayet dont le reflet luisant rappelle celui du minéral qui porte ce nom ; le noir mal teint dont la nuance irrégulière tire par-ci par-là sur le brun, en perdant la pureté de sa teinte.
2. Le blanc est par excellence la couleur simple et élémentaire ; il est mat, ou sale, ou porcelaine. Le premier est le blanc proprement dit, le second tire sur le jaunâtre, le troisième offre un reflet bleuâtre qui ne manque pas de distinction.
3. Le rouge donne des robes un peu plus compliquées ; on le trouve à la fois dans les nuances que l'on désigne par les mots alezan et bai,
1! alezan est la couleur élémentaire du genre, mais il varie par ses teintes du jaune au rouge-cerise et au brun-marron. Son étymologie le fait synonyme de courageux, et semble dénoter la bonté de la race ; il se généralise dans la robe qui peut offrir des marques particulières, mais point de poils noirs.
Le bai, au contraire, est un composé de rouge et de noir; cette couleur se distingue notamment en ce que le mélange cesse aux crins et aux extrémités inférieures des membres,
qui sont exclusivement noires, comme la crinière et la queue.
Du reste, les nuances de l'alezan et du bai, qui se rapprochent beaucoup, sont assez nombreuses. Voici d'abord celles qui prennent la même appellation dans les deux genres :
Le bai ou l'alezan fauve, teinte jaunâtre se rapprochant de celle des bêtes fauves, cerf ou chevreuil;
Le bai ou l'alezan clair, qui n'a pas besoin d'être défini ;
Le bai ou l'alezan cerise, teinte vive de Y acajou qui le caractérise parfaitement ;
Le bai ou l'alezan foncé, teinte légèrement brune ;
Le bai ou l'alezan châtain, nuance brune plus prononcée, complètement analogue à celle de l'écorce de la châtaigne.
Voici maintenant Y alezan brûlé dont la teinte foncée rappelle la couleur du café torréfié , et Y alezan poil de vache, dont la nuance est très-pâle et terne ;
Puis le bai marron, qui est un mélange de bai-brun et de bai-cerise, et qui se rapproche beaucoup de la couleur du marron d'Inde ;
Et le bai-brun, nuance brune foncée, avec une teinte claire, fauve, ou un reflet d'un rouge vif au nez, aux flancs et aux fesses; et enfin le bai lavé, qui correspond à l'alezan poil de vache.
4. La robe souris offre la teinte grise particulière au pelage de la souris des maisons ; elle affecte l'une de ces trois nuances : ordinaire, claire ou foncée.
5. "Là robe isabelle, formée de poils jaunes, réfléchit naturellement une teinte jaunâtre qui présente les mêmes degrés que la précédente : ordinaire, clair, foncé. Ce qu'on nomme soupe au lait et café au lait se rapporte à ce groupe : la première de ces robes est un intermédiaire entre l'isabelle clair et le blanc sale ; l'autre tire un peu au rougeâtre et se montre claire ou foncée.
On donne le nom de louvet à un mélange de jaune et de noir qui se trouve sur le même poil , le noir étant toujours à l'extrémité libre. La robe entière est ainsi composée. M. Lecoq en fait un isabelle foncé à crins et extrémités noirs, et ill'appelle un isabelle charbonné, qui peut être lui-même clair ou foncé.
6. Le gris donne une robe composée résultant d'un mélange de poils noirs et de poils blancs dans des proportions très-variées. La teinte est naturellement d'autant plus foncée que le noir domine plus. Les variétés nombreuses du genre peuvent réellement se passer de définition; il suffit de les nommer, et les voici : gris clair, gris ordinaire ou cendré, gris foncé, gris sale, gris argenté, gris ardoisé, gris de fer. Ce n'est pas tout; certaines particularités ajoutent à cette liste, et Ton distingue encore : le gris tourdille, qui est celui de la grive ; le gris étourneau, qui rappelle le plumage de cet oiseau ; puis les gris pommelé, tigré, tisonné, charbonne, ainsi caractérisés par les dispositions particulières du poil noir par rapport au blanc ; puis encore le gris truite, parsemé de petites taches alezanes, plus ou moins nombreuses et rapprochées, rappelant les taches de la truite ; et enfin le gris vineux, qui a une nuance vineuse due à la dissémination uniforme des poils rouges au milieu de poils blancs et noirs.
La robe grise est celle dont les modifications dues à l'âge sont les plus apparentes : les poils noirs blanchissent ou diminuent à mesure que l'animal vieillit. Très-distinguée dan plusieurs de ses nuances , cette robe est aussi la plus commune dans la variété appelée gris sale. Les rellets brillants donnent beaucoup d'éclat au manteau , mais la couleur pale, éteinte et sale, donne à l'animal une physionomie fort peu avenante.
7. La robe aubère est constituée par le mélange des deux couleurs élémentaires, rouge et blanc, avec les crius pareils ou de Tune des deux couleurs sans mélange. Parfois elle a une nuance rosée qui la fait appeler fleur de pêcher, et les chevaux ainsi couverts sont dits pèchards. On distingue Y aubère ordinaire, dans lequel le mélange des deux poils est à peu près égal ; Yaubère clair, déterminé par la prédominance du blanc sur le rouge , et Y aubère foncé , caractérisé par la condition inverse. Mais l'intensité de cette robe, ses reflets divers dépendent aussi de ce que les poils rouges qui en composent le fond peuvent affecter les différentes nuances que nous avons définies dans la couleur alezane. Chez certains chevaux, les poils rouges et les poils blancs sont disséminés
tu
en petits bouquets distincts qui font dire la robe — mille fleurs. Enfin beaucoup, parmi ceux qui sont aubères , n'ont que du poil rouge à la tête et aux extrémités. Ces sortes de particularités aident parfois à l'exactitude des signalements.
8. Les trois couleurs élémentaires — blanc, noir et rouge — diversement réunies ou mélangées à la surface du corps, donnent ce qu'on a appelé rouan. Quelquefois le corps ne montre que le rouge et le blanc, tandis que la queue, la crinière et les extrémités sont presque exclusivement noires. Cette particularité fait dire à M. Lecoq que le rouan est à l'aubère à peu près ce que le bai est à l'alezan.
Une robe ainsi composée offre nécessairement plusieurs espèces que le caprice peut même multiplier à plaisir, selon que l'une ou deux des couleurs est ou sont dominantes, et que leur teinte s'éclaircit ou se fonce. Celles qu'on rencontre le plus communément sont le rouan ordinaire, le rouan clair, le rouan vineux, le rouan foncé. Très-dédaignée autrefois , cette robe commence à se répandre; on voit à présent beaucoup de chevaux rouans parmi ceux qu'emploie le luxe.
9. Le pie constitue un genre de robes composées de deux couleurs séparées par plaques, dont l'une d'elles est nécessairement le blanc. Pour les désigner, on ajoute au mot pie, que le blanc représente, le nom de l'espèce caractéristique de l'autre couleur constituante.
H y a ainsi des pie noir, des pie alezan, bai, gris, etc.
10. Particularités des robes. — Si précises qu'elles soient en théorie, ces distinctions ne sont pas toujours en pratique d'une application très-nette. Plusieurs nuances se touchent de si près qu'il est très-facile de les confondre, ainsi du bai clairet du bai cerise, du noir mal teint et du bai-brun, etc., etc. Il était nécessaire d'arriver à une plus grande exactitude; on en a trouvé le moyen dans la notation d'une foule de marques particulières qui , de secondaires qu'elles paraissent , deviennent souvent tout à fait essentielles. Nous indiquerons les principales en quelques mots Seulement.
Le mot rabican indique la présence de poils blancs sur un ou plusieurs points de la surface des robes simples et du bai. On dit alezan, noir, bai, etc., rubican à la tête, aux lianes,
aux côtes, à l'encolure, à la croupe, etc., etc., suivant que les poils blancs sont mélangés avec ceux de l'une ou de l'autre de ces régions. S'ils sont nombreux , on ajoute le mot fortement; s'ils sont rares, on dit légèrement rubican.
Moucheté mouc/ietures. Petits bouquets de poils différents de la nuance du fond de la robe ; on dit gris moucheté, aubère moucheté.
Argenté. Reflet blanc métallique produit par les poils blancs.
Truité. Indique des bouquets de poils rouges disséminés sur des robes grises; on dit gris truité fortement ou légèrement, suivant que ces marques sont plus ou moins nombreuses et prononcées*
Vineux. Mélange de poils rouges qui donnent une teinte vineuse. On reconnaît les gris vineux des rouan vineux.
Tisonné ou charbonné. Marques noirâtres, irrégulières sur les robes ; on les dirait faites par le frottement du charbon.
Marqué de feu. Présence de poils d'un rouge plus ou moins vif. On les remarque généralement aux naseaux, aux flancs ou aux fesses.
Zébré. Lignes noirâtres, ressemblant à celles du zèbre : c'est surtout aux membres qu'on les observe ; elles sont placées en travers.
Tigré. Larges mouchetures ayant de l'analogie avec celles de la robe d'une panthère.
Raie de mulet. Ligne noire sur l'épine dorsale depuis le garrot jusqu'à la queue.
Cap de maure. Tête noire. Cette particularité se fait remarquer surtout dans les gris ardoisés.
Lavé. Crins ou poils d'une couleur moins foncée que celle du fond de la robe. On dit alezau crins lavés , extrémités lavées, parce que les poils semblent décolorés parle lavage.
Bordé. Lorsqu'une robe se compose de deux couleurs tranchées, comme celle des chevaux pies, par exemple, le noir et le blanc se mélangent quelquefois à leur ligne de démarcation, de manière à former une sorte de bordure grise de peu de largeur. C'est principalement aux balzanes et aux petites pelotes en tête que l'on observe cette particularité.
Balzanes. — Taches blanches de forme et d'étendue trèsvariables, placées aux extrémités des membres chez un grand nombre de chevaux, et qui tranchent plus ou moins fortement sur le reste du pelage. Elles partent généralement delà couronne et remontent plus ou moins haut vers le genou et le jarret. On a soin de les mentionner dans l'état signalétique de l'animal qui les porte en les désignant d'une manière trèsdistincte quant au nombre, quant à la forme et quant à l'étendue.
Quelquefois on n'observe que quelques poils et on la qualifie de la sorte ; un peu plus prononcée, elle fait dire trace de balzane, et on indique son siège au talon, ou à la partie antérieure du paturon de tel membre antérieur ou postérieur, etc. Plus prononcée encore et embrassant une certaine partie de la circonférence de l'extrémité, sans l'entourer tout à fait, elle est incomplète.
Quand elle ne dépasse pas la couronne , elle n'est qu'un principe de balzane; quand elle arrive au niveau du boulet, elle est petite, par opposition à la grande, qui atteint le milieu du canon. Lorsqu'elle s'élève plus et s'approche du genou ou du jarret, on la dit haut-chaussée.
Elle a d'autres qualifications encore , et l'on ne doit en oublier aucune dans un signalement composé. Ainsi, elle est bordée quand les poils blancs se mélangent avec ceux du fond de la robe de manière à la terminer par une sorte de bordure ; elle est dentée ou dentelée lorsqu'elle se confond irrégulièrement avec la robe par des dentelures plus ou moins prononcées. Elle devient enfin mouchetée, truitée, tigrée ou herminée, dénominations faciles à définir et à reconnaître.
Pour abréger le signalement, on a admis des formules dont il est bon de ne pas s'écarter, sous peine d'être moins intelligible. Existe-t-il deux balzanes, par exemple, on désigne simplement le bipède qui les porte, antérieur, postérieur ou latéral, diagonal droit ou gauche. S'il y en a trois, on indique le bipède antérieur ou postérieur qui en est pourvu, et celui des deux autres pieds qui est marqué aussi ; alors la formule est celle-ci : trois balzanes dont une postérieure gauche ; ou bien , balzanes au bipède latéral droit haut-chaussées,
un principe de balzane au pied postérieur gauche, etc., etc.
Pelote , étoile , liste. — Les chevaux de toute nuance ont souvent une tache blanche sur le front; elle est ordinairement arrondie, quelquefois elle se prolonge en forme de liste. Dans le premier cas, on dit cheval marqué en tête ; dans le second, liste en tête, prolongée sur le chanfrein ou jusqu'au bas du nez, suivant qu'elle descend plus ou moins bas.
Cette liste s'élargit quelquefois de manière à gagner tout le chanfrein. Le cheval alors est appelé belle face.
Si les lèvres sont blanches, on dit que le cheval boit dans son blanc. Les pelotes, comme les listes, sont quelquefois bordées.
Ladre. Des taches blanchâtres qui semblent dépourvues de poils sont appelées taches de ladre. On les observe surtout aux endroits où la peau est fine, autour des lèvres, des naseaux, des yeux, au fourreau, à l'anus.
Épis. La divergence des poils, leur convergence sur un point ou leur direction opposée sont désignées sous le nom d'épis. H y a donc des épis convergents ou divergents, suivant que ces poils se dirigent vers un centre ou dans un sens opposé.
D n'est pas inutile d'indiquer la couleur des sabots, qui sont quelquefois blancs, lorsque cette rticularité peut servir avec avantage à un signalement.
B. Les signalements.
Le signalement d'un cheval est l'indication détaillée de tous les caractères extérieurs qui peuvent le faire distinguer individuellement d'un autre et reconnaître en toutes les circonstances. Donc on le simplifie ou bien on le complique en raison des besoins.
M. F. Lecoq a très-complétement et très-clairement établi . la manière de procéder pour la confection du signalement. Nous lui donnerons la parole, et nos lecteurs y gagneront une instruction très-précise et très-nette.
« Le signalement est simple lorsqu'il ne contient que l'indication sommaire de ces caractères ; il est composé ou corn-
pliqué lorsqu'aux caractères du premier on ajoute des détails tellement circonstanciés que toute confusion devient absolument impossible. Le premier suffît dans le plus grand nombre de cas ; le second est employé pour rendre l'identité plus facile à constater dans des circonstances spéciales , comme , par exemple, dans les contestations pour cause de vices rédhibitoires.
« A part quelques caractères qui doivent se trouver en première ligne, aucun ordre n'est exclusivement préférable dans l'établissement d'un signalement. Il suffit d'en suivre un quelconque, afin d'éviter les omissions.
« Les éléments du signalement sont les suivants :
« 1° Le nom de l'animal, s'il en a un, comme dans les haras et les régiments de cavalerie ;
« 2° L'espèce et le sexe;
« 3° La race, si les caractères en sont bien marqués ;
« 4° Le service auquel il est propre ;
« 5° L'état de la queue et des crins;
« 6° La robe. On commence par établir le genre et l'espèce, en disant que l'animal est sous tel ou tel poil , et l'on indique ensuite les particularités générales de la robe, puis celles des diverses régions, en terminant par les extrémités ;
« 7° L'âge. Si l'animal est arrivé exactement à la fin de la période annuelle ; si , par exemple, il a terminé sa quatrième année, on le dit simplement âgé de quatre ans ; s'il a dépassé cette époque de quelques mois, on le dit âgé de quatre ans faits; s'il approche de cinq ans sans les avoir encore, on le dit prenant cinq ans. Enfin, si, l'âge étant déjà avancé, il y a doute, on exprime ce doute en disant qu'il est âgé d'environ tant d'années;
« 8° La taille. On a soin d'indiquer si l'animal a été mesuré sous potence ou à la chaîne;
« 9° Les marques particulières, telles que les taches blanches accidentelles de la robe, les cicatrices indélébiles, comme celles • produites par la cautérisation, les couleurs insolites des yeux, la perte de l'un de ces organes ou de tous deux, l'absence d'une ou de plusieurs dents incisives, les moustaches, etc. ; pour les bêtes bovines, l'absence, le volume moindre, la fausse direc-
tion d'une corne, etc., etc., en évitant toujours de signaler des tumeurs ou cicatrices récentes qui pourraient avoir disparu lorsqu'on vérifiera le signalement ;
« 10° La date du signalement. Sans cette précaution, il devient impossible de constater l'âge, de vérifier la taille des jeunes chevaux. Par la date seule on peut expliquer les modifications de la robe, qui a pu perdre en hiver le reflet doré ou argenté qu'elle avait en été, passer d'une nuance claire à une nuance plus foncée et réciproquement.
« L'exemple suivant d'un signalement simple récapitule tous ces éléments, dont quelques-uns sont, du reste, assez souvent négligés :
« BIJOU, cheval hongre, de race limousine, propre à la selle, anglaisé; sous poil alezan clair doré, légèrement en tête, balzanes au bipède diagonal gauche, trace de balzane au pied antérieur droit; âgé de six ans faits; taille de lm,54, mesuré sous potence; marqué d'un P sur la cuisse droite.
« 1er juillet 1855. »