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CHAPITRE LXVIII

L IGNORANCE EN AHËRIQUE.

On a, en Europe, les oreilles tellecaent rebattues de la valeur des écoles publiques en Amérique, qu'on y est porté à supposer :

D'abord, qu'il existe un système scolaire en Amérique, comme en Angleterre ; ensuite, que tous les enfants américains, filles et garçons, vont & l'école, comme en Suisse; enfin, que l'instruction départie & ces enfants est aussi bonne qu'en Allemagne.

Autant d'opinions erronées.

11 n'y a pas de système scolaire, comme en Angleterre; TinstructioD D'y est pas obligatoire, comme en Suisse, ni universelle et efficace, comme en Allemagne.

A deux exceptions près, la république, entant que république, ne s'occupe en aucune façon de l'iîducation de ses citoyens. Ces deux exceptions sont l'école militaire et l'école navale, situées, la première à West-Point, dans l'État de New- York, la seconde & Annapolis, dans l'État de Maryland. Ces écoles, restreinte» dans leurs dimensions, ne visent qu'aux rangs élevés du service public.

L'éducation des masses est al>andonnée par la république à ses différents États, par chacun de ceux-ci à ses comtés, et par chaque comté, en règle générale, h ses communes. Quand cette commune comprend dans ses limites une cité, elle laisse l'éducation aux soins des citoyens.

11 y a si peu de système scolaire américain en Amérique, qu'il n'est pas vrai de dire qu'il y a un système scolaire peonsylvanien en Pennsylvanie, ou un système scolaire new-yorkais à New- York. Il existe un système sur le golfe du Mexique, un autre dans les montagnes Rocheuses, un troisième dans la région de la Nouvelle-Angleterre. On use à peine d'hyperbole en aOinnant que les États-Unis possèdent autant de systèmes scolaires que de communes.

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