CHAPITRE LXIX
l'auérique a l'école.
Quelques mesures ont été prises pour enrayer un mal qui mo' nace de ravaler les colons blancs au niveau des Criks et des Clié-
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rokis, et de convertir le Potomac et la Savanaah en Niger et en Sénégal américains. Ces mesures, générales ou locales, inquisitoriales ou réparatrices, ont toutes pour objectif le progrès.
11 y a quatre ans, les Américains vivaient dans un rêve. Us savaient que quelques taches déparaient la splendide physionomie de leur pays; mais ils s'imaginaient que, dans son ensemble, leur « république modèle » était un phare brillant, au point de vue de l'instruction populaire. Il y a sept ou huit ans, quel- ([ues zélés observateurs du progrès américain firent remarquer que, par suite des ravages de la guerre et de la misère dans laquelle plusieurs États avaient été plongés , l'Amérique avait non-seulement cessé d'avancer, mais encore qu'elle commençait à reculer. Une enquête fut ouverte. Les faits recueillis en provoquèrent une seconde, dont les résultats remplirent tous les esprits de stupéfaction et même d'épouvante.
Qu'une république présuppose une population instruite, c'est une vérité banale en politique, aussi bien qu'une réalité affirmée par tous les écrivains et tous les orateurs des États-Unis.
« Les républiques ne 'peuvent subsister qu'avec un peuple instruit et éclairé, » dit le président Grant.
a La stabilité et la prospérité de nos institutions dépend nécessairement de l'instruction, » dit Columbus Delano, ministre de l'intérieur.
« L'existence d'une république, si tous ses citoyens ne sont pas instruits, est une impossibilité reconnue, » dit le général Eaton, commissaire de l'instruction publique.
Le Congrès fit passer une loi en vertu de laquelle un bureau d'instruction fut organisé k Washington, dans le but de colliger les faits et de dévoiler la vérité au public. Le général Eaton reçut la direction de ce bureau, et pendant quatre années successives fit un rapport annuel.
Chaque année, les renseignements étaient de plus en plus catégoriques, et l'avertissement devenait aussi de plus en plus sérieux.
Pour l'instant, le général Eaton doit se borner i publier les faits; l'Amérique n'étant pas encore préparée pour un mouvement large et général, il doit laisser parler par eux-mêmes sa théorie et les faits qu'il constate.
En théorie, une république ne peut vivre, à moins que ses citoyens ne soient tous des hommes instruits.
En fait, aux États-Unis, il y a cinq millions six cent mille individus qui ne savent ni lire ni écrire.