‹ La conquête blancheChapitre 18 sur 130 · L'AMOUR ET LA MORT · texte numérisé non relu

L'AMOUR ET LA MORT

avez réussi, pendant un temps, à. échapper aux agents lancés à votre poursuite, et vous avez fini par vous imaginer que vos crimes étaient oubliés, que votre sécurité était désormais assurée, lurortuné! vaine illusion! Le sang de vos victimes criait incessamment vengeance ; pour vos crimes, pas d'oubli ; pour TOUS, pas de rémission. On peut retarder l'action de la justice : on De l'élude jamais. L'Etat dont vous avez violé les lois, dont vous avez massacré les citoyens, s'est levé pour vous demander compte (le vos forfaits. Tout a été mis en jeu,, hommes et argent, et vous avez été pourchassé avec une opiniâtreté infatigable et d'inépuisables ressources. Vous avez été suivi pas à pas dans toutes vos courses vagabondes ; vos vicieux compagnons sont devenus d'efficaces instruments entre les mains des vengeurs. Le camp où vous cherchiez un refuge était aussitôt assailli par les agents de l'autorité. Parmi ceux de vos associés en qui vous aviez le plus de confiance, on a trouvé l'homme disposé à vous trahir. A une

telle poursuite, vous ne pouviez échapper, et vous voilà ici

ici, avec le souvenir d'une existence qui approche heureusement de sa fin et dont nul acte de générosité ou même de courage n'atténue la dépravation absolue. Vous avez osé réclamer l'assistance de vos compatriotes dans votre présente détresse; cet appel a reçu la réponse qui lui était due et que vous méritez. Indignés de vos atrocités, tous ont refusé non-seulement de vous aider à éviter un juste châtiment, mais de vous témoigner la sympathie que vous invoquiez. Ils vous ont laissé vous présenter seul devant la barre de la justice. Souvenez-vous de vos nombreuses victimes, pensez à l'éternité qui va s'ouvrir pour vous, et n'espérez ni gréice, ni atténuation. Tout ce que pouvait imaginer le zèle ou inspirer l'éloquence a été mis en œuvre pour sauvegarder votre pitoyable existence. Mais les jurés ont entendu l'histoire de vos crimes racontée par vous-même; ils ont cru devoir accepter la responsabilité d'une juste pénalité; dans leur &me et conscience, ils ont décidé que vous êtes indigne de vivre, — décision qui rencontrera une approbation unanime. — Après ce verdict, il ne reste plus à la Cour qu'à prononcer la peine, — peine proportionnée aux crimes dont vous avez été convaincu, au triple meurtre qui souille vos mains. Cette peine, c'est la mort. La Cour ordonne donc que vous serez emmené d'ici et remis entre les mains du shérif de Santa-Clara, qui vous gardera jusqu'au vendredi, 19mars 1875; que, ce jour-là, entre neuf heures du matin et quatre heures de l'après-midi, vous serez pendu

par le cou jusqu'à ce que mort s'ensuive. Que Dieu ait pitié de votre Ame! »

Ensuite de cet arrêt, Vasquez fut transféré, puis exécuté. On craignait une tentative pour sauver le condamné; mais les citoyens blancs étaient sur leurs gardes, et la populace dut comprendre que tous ses efforts viendraient se briser contre les précautions prises pour la circonstance.

Et le vendredi, 19 mars, le capitaine Vasquez, le plus fameux des brigands californiens, dansait au bout d'une corde, dans la ville de San-José.

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