SAN-CARLOS
foule des plants de sauge el de thym. Toutes les herbes odorantes croissent à profusion sur ce terrain.
Il n'y a pas bien longtemps, l'emplacement occupé actuelle-' ment par les quais de San-Francisco était connu sous le nom de Yerba Buena, c'est-à-dire Bonne Herbe, le synonyme espagnol de menthe.
Et cependant, cet enclos de San-Cartos n'est qu'un désert
Ruines de San-Carlos (Calirornie],
disparaissant sous les ronces, et converti par les travaux souterrains des taupes en dangereuses fondrières.
Le long de la palissade extérieure s'étendent les débris d'une école et d'un bastion, d'une maison et d'un hôpital; les monceaux de ruines sur les bords de la mer de Galilée * n'ont pas un
]. Lac d« Ttbériadt on de Cénéaarelh. {NoU du traducteur).
aspect plus désolé. Les huttes de pierre, où logeaient les Peaux- Rouges, où priaient les moines chrétiens, n'ont plus que Jcs quatre murs tapissés de plantes, couronnés de mousse. De cette enceinte, où habitaient jadis quelques centaines d'indigènes, il ne reste plus que ces amas de terre et de poussière. Les murs lie pisé se détruisent promptement; le soleil tes réduit en poudre, les pluies d'hiver les convertissent en terre. Chaque brise enlève une parcelle de glaise et la sème dans les bois et les champs. Avant qu'il soit longtemps, les amateurs du passé les chercheront vainement.
La pierre résistera quelques années de plus que la palissade de terre.
San-Carlos est une église construite avec de mauvais matériaux, dans le style mexicain, grossier mais prétentieux. Rien n'attire l'œil dans les bâtisses ni dans leur entourage ; mais un édifice sacré est toujours solennel, et une arcade brisée semble aussi touchante que l'épitaplie d'un ami. Si l'on se sent ému devant San Carlos, c'est parce que l'on se souvient que c'est la ruine d'une église indienne.
Pas de porte fermant l'entrée de la nef, pas de grille défendant les marches de l'autel. Une portion du toit repose encore sur des poutres solides ; le reste s'est effondré et a contribué k l'encombrement de la nef et du sanctuaire. Personne ne semble s'en inquiéter.
Je me fraye un chemin à travers les pierres, chassant les écureuils de leurs trous, les oiseaux de nuit de leurs nids.
Près de la porte, une chapelle ; dans le sanctuaire, une porte ouvrant dans la sacristie.
Quelques vestiges de peintures murales sur les parois et sur la voûte, des ex-voto comme on en voit dans les églises de village de Castille.