‹ La conquête blancheChapitre 41 sur 130 · GUERRES INTESTINES DES CHÉROKIS · texte numérisé non relu

GUERRES INTESTINES DES CHÉROKIS

— Ces nouvelles, dites-vous, vienueEt du Texas. Mais le Texaa «st bieo loin de Vinita.

— Bah I Les reporters texiens sont de fines mouches. Aussi SÛT qu'Aigle-Gris a scalpé le pauvre Germain et enlevé ses filles,. Billy-Ro66 scalpera les hommes de Vinita et emmènera le& femmes à son campement. Les hommes se défendront, c'est certain ; mais on serait heureux de savoir le train de femmeset d'enfants & l'abri sous les canons du Fort-Scott. »

Tinita, où je me rends, est le campement principal des Chérokis, quoique leur capitale nominale soit Tahléquah. C'est une agrégation de huttes de terre et de bois nichées dans des plants de maïs et des hautes herbes. Il y a là une église, uneécole et un débit de boissons — ce dernier anonyme, les Chérokis n'ayant le droit ni de vendre ni d'acheter du whisky.

Vinita a été et sera probablement encore le théâtre de nombreuses tragédies. Beaucoup de sangy a été répandu; mais, ainsi que je m'en suis assuré, ce n'est pas celui des blancs. Quoi qu'en {lisent les reporters, il n'y a pas de femmes blanches & Vinita^ en fait d'hommes de la même race, il ne s'y trouve que sept ou huit employés du chemin de fer et une douzaine d'individus, mariés & des squaws.

Les seuls blancs qui aient été inquiétés à Vinita sont deux scalawags' qui y avaient introduit des liqueurs spîritueuses et avaient essayé de les débiter contrairement à la loi.

Quelques guerriers s'enivrèrent; une émeute eut lieu pendant laquelle les deux vendeurs de whisky furent pendus. Nul ne put me dire comment était arrivé ce fait, accueilli, au reste, par une indilTërence générale. Qui s'inquiète d'un scalawag de plus ou de moins? Et, après tout, un créancier mort ne peut plus présenter des notes à payer.

Un événement plus grave menace la prospérité de Vinita. Les Chérokis entretiennent entre eux une guerre intestine; ce qui leur est commun, d'ailleurs, avec toutes les autres tribus indiennes.

Quand il fut décidé que les Chérokis seraient expulsés de leurs terrains de chasse, dans la Géorgie et l'Alabama, on leur oS^t en échange les réserves qu'ils occupent actuellement et qui

I. Tenne de mépriB appliqué aux Datifs qui soutieiiDcnt Ira Carpet-baggtrs [voir la noie, pa|^ lEO], En argot politique, tout aventurier élranger est un Carpeiixigger, tout pai Umu de l'opposition un Scalawag. Je coniene ces deux mots qui n'oDt pas d'équivalents en ftançais. {Noie du traducteur.)

devaient rester leur propriété « tant que l'herbe pousserait et que l'eau coulerait ». Dans le conseil indien, les avis étaient partagés.

Un guerrier, aussi fin qu'habile, qui avait pris le nom de Ross, devint le chef de ceux qui persistaient à considérer les Visages- Files comme des ennemis, & reruser l'échange de terres proposé et à résister tant qu'ils auraient la force de tendre un arc et d'enlever une chevelure.

Un autre guerrier, nommé Adair, fut reconnu pour chef par la fraction de la tribu qui consentait & se plier aux usages des blancs, à accepter la nouvelle localisation, à abandonner les terrains de chasse et à cultiver le sol.

Féodalité et radicalisme se trouvaient ainsi en présence. Du cdté de Ross, peinture de guerre, vol de bestiaux, communisme, gouvernement despotique. Du côté d'Adair, lavage complet, habitations fixes, individualisme, égalité devant la loi.

Dans le parti radical, l'autoriié elTeclive appartenait à deux frères, Strong-Buck, la tête, Stand-Watie, le bras. Adair n'en était que le chef nominal. Un planteur français, nommé Elias Boudinot, avait envoyé Strong-Buck & l'école. L'Indien avait appris & lire, s'était fait catholique, avait pris le nom de son bienfaiteur et épousé une métisse.

Tandis que la tribu des Ciiérokis se dirigeait vers le nouveau territoire qui lui avait été assigné, Ross et ies siens ne nourrissaient que des idées belliqueuses ; au contraire , celles de Boudinot et de ses partisans étaiopt toutes paciGques.

La divergence d'opinion se dessina davantage encore quand on approcha du fort Gibson. Ross demandait aux Chérokis de vivre, conformément à leurs traditions, sous le régime de la communauté et de l'absolutisme. Boudinot voulait se plier aux usages des blancs, obéir à la loi et partager les terres entre tous les chefs de famille.

Des mots on en vint aux coups.

Un jour, trente guerriers de la bande de Ross se rendirent au campement de Boudinot. Ils rencontrèrent ce dernier dans la campagne surveillant une de ses plantations et lui demandèrent de venir soigner une squaw malade. En regagnant sa loge pour préparer le médicament, il tomba dans une embuscade dressée & l'avance et fut assailli par une douzaine d'hommes qui lui plantèrent leurs couteaux dans le cœur.

Stand-Watie s'imposa la mission de venger son frère. Selon la '

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