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LE RÈGNE DE X'ANARCHIE

les faits à une décision contraire, il est vrai, à leurs intérêts de parti, mais fort honorable pour eux comme particuliers.

Cette longue discussion se termina par l'adoption des conclusions du comité. Le sénat déclara, non-seulement que Kellogg n'était pas le gouverneur légal de • la Louisiane, ni Pinchback le sénateur légal pour ledit État, mais encore il ordonna qu'une nouvelle élection eût lieu, afin que le « règne de l'anarchie» fût renverséd'une façon véritablement républicaine, c'est-à-dire par le suffrage universel.

Invité par le sénat à donner l'explication de sa conduite, le Président Grant avoua que la dernière élection en Louisiane constituait « une gigantesque fraude. » Il reconnut la nécessité d'une nouvelle élection pour déterminer quel était le candidat populaire, du général Mac Enery ou de William P. Kellogg; mais il réserva à son cabinet de choisir le moment opportun pour la réunion des collèges électoraux.

Tout le monde se trouvant d'accord pour considérer comme nulles les dernières élections, Warmoth resta, selon sa prétention, le gouverneur légal, tenu, en cette qualité, de garder le pouvoir et le sceau de l'État jusqu'à la nomination de son successeur.

Rien ne fut fait pour réaliser les vceux du sénat et les conclusionsdu Président. Kellogg craignait d'affronter un second vote. On avait pris envers les nègres des engagements qu'il n'était plus capable de tenir. Le nègre a l'intelligence obtuse; les promesses qu'on lui fait doivent être exposées très-catégoriquement. On avait obtenu des milliers de votes nègres grAce à la promesse de « quarante acres de (erre (hect. 1,60) et une bonne mule » par votant. L'ajournement de cette allocation de terrains et de mules mécontenta donc des milliers de nègres ; et, dans cette situation d'esprit, il était dangereux de s'adressera eux. Aussi Kellogg fut-il autorisé par le Président Grant à re/;ulcr les élections jusqu'à une époque plus propice.

Deux sénats et trois gouverneurs sedisputaient la domination delà Nouvelle-Orléans. Aucun citoyen n'était capable de déterminer à qui il devait obéissance. Le règne de l'anarchie était complet.

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