‹ La conquête blancheChapitre 93 sur 130 · L WASHINGTON · texte numérisé non relu

L WASHINGTON

A peine arrivé à Wasliington, je me rends à la Maison- Blanche pour voir le Président.

En traversant le parc, je rencontre les ministres Fish et Bristow, avec lesquels j'échange les dernières nouvelles de la Louisiane. Le comité du Congrès, ému par le rapport de ses délégu6s, part tout entier pour le Sud. Personne cependant ne croit qu'une enquête nouvelle mette en lumière des faits nouveaux. Toute la vérité est connue. Mais, tout en s'inclinant devant l'opinion publique, le Préaident Grant semble conserver l'idée que les élections du Sud ne doivent pas être abandonnées au seul scrutin.

Le Président élanl occupé, j'entre au salon.

Je suis reçu par Mme Grant, qui me présente à son fils, le colonel Grant, et à la femme de ce dernier. Il n'y a pas de princesse plus digne, plus affable que Mme Grant. Elle aime beaucoup, dit-elle, la Maison-Blanche, et peu de femmes -la connaissent mieux qu'elle.

« Avant que nous ne vinssions nous établir ici, beaucoup de mes amies m'assurèrent que c'était un trou, une véritable niche à chien, me dit-elle gaiement. Je leur glissai dans l'oreille que si je ne pouvais en faire ma demeure habituelle, je lesenverrais chercher. »

Dans l'état actuel des esprits, on trouverait dans celte plaisanterie une nuance de césai'isme féminin.

Les fenêtres du salon s'ouvrent sur un jardin au bout duquel s'élève la colonne non terminée de George Washington, qui coupe la ligne du Potomac et les montagnes de la Virginie.

Vanité des vanités I Cette colonne qui devait monter jusqu'au ciel s'est arrêtée court : ce fleuve que l'on considérait comme la plus sûre défense de la capitale fédérale a été profané par les

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