TARIFS PAR KILOMÈTRE
G" trAiiibaoa. C'° du Congo.
Voyageurs de l''« classe . 0 fr. 222 1 fr. 25 Voyageurs indigènes . . 0 fr. 055 0 fr. 275 Marchandises tarif max. . 0 fr 333 2 fr. 50 à la montée.
2 fr. 525 à la descente.
— min. . 0 fr. 200 2 fr. 50 à la montée.
0 fr. 212 à la descente.
En somme, la compagnie d'Ambaca, qui rend d'immenses services au commerce, est à la veille d'obtenir des résultats satisfaisants. Ces résultats augmenteront sensiblement lorsque les divers embranchements entrepris par la compagnie seront terminés.
guella et la rade de Lobito, à quelque distance de Tembouchure du fleuve Catumbella. De Lobito, un projet actuellement très en faveur consisterait à lancer une lii;ne vers le liaut Coubango, qui est navigable sur la plus grande partie de son cours. On desservirait ainsi le marché important de Caconda et la région aurifère du Gassinga. Un syndicat anglo-allemand-belge a pris l'atTaire en main (janvier 1898) et parait devoir aboutir.
Enfin la compagnie de Mossamédès, qui exploite un immense territoire dans le district de ce nom, projette un chemin de fer qui relierait la côte à la grande ville de Huilla, située dans une région très riche, très fertile et absolument saine à près de 1 700 mètres d'altitude.
Si tous ces plans se réalisent, l'Angola ne tardera pas à compter parmi les plus belles colonies tropicales. Déjà sa prospérité s'accroît rapidement. Sur la côte et dans l'intérieur, les maisons de commerce et les entreprises industrielles se sont multipliées et ont considérablement étendu leurs affaires. La grande compagnie hollandaise de l'Afrique occidentale, la Nieuwc Africaansclic Ilandelsvenootscliap , a de nombreuses factoreries dans le Congo portugais. Elle s'occupe exclusivement du commerce de l'ivoire et du caoutchouc. Il en est de même du Comptoir coiiDiicrcial belge, cré(' en 18U8 à Benguella. D'autres sociétés ont fond(' des exploitations agricoles. Dans le nord, une soci('t(' belge a obtenu une concession de 10 000 hectares sur la rive du Congo et dans l'île de Bulicoso. Non loin de là, une société allemande
DDS POSSESSIONS PURTLOAISliS l<i3
a erré une grande exploitation de cannes à sucre. Dans la même région un syndicat anglo-allemand s'est fait attribuer i 5000 kilomètres carrés, où il pratique avec succès la culture et l'f'levage.
Outre ces sociétés étrangères, plusieurs maisons portugaises tirent des profits importants de la culture du café qui réussit en maint endroit, surtout dans le district d'Ambaca où d'immenses plantations ont été créées. D'autres s'adonnent plus spécialement au commerce de l'ivoire, qui malheureusement diminue, du caoutchouc, des gommes, des cires, etc. Enfin, les côtes, extrêmement poissonneuses, fournissent à l'exportation des cargaisons entières du poisson salé.
A côté de ces entreprises nombreuses et souvent
prospères, mais constituées. généralement avec de
petits capitaux, il convient de faire une place à
part à la puissante compagnie de Mossamédès.
Cette société, constituée en 1894, a été dotée d'une
charte qui lui confère les droits les plus étendus.
C'est un véritable gouvernement fermier que le
Portugal s'est substitu(' à lui-même. La compagnie
a reçu, non à litre de concession, mais en toute
propriété, 2:} millions d'hectares peuplés de 2 à 3
millions d'habitants, et desservis par trois ports,
Mossamédès, Port-Alexandre et la baie des Tigres.
Les chances de succès ne lui manquent pas. La
plus importante est le climat qui est favorable à
rEurop('en. Aussi la compagnie avait-elle pu
prendre l'engagement d'installer dans le pays ."iOO
familles portugaises ; elle a tenu parole au moins
en partie, car la ville de Mossamédès, sur G 000 ha-
iC)i SITUATION KCONOMIQUE KT COMMERCIALE
Litants, compte drjà plus de 2 000 Portugais. D'autre part, des Boërs nomades se pressent à la frontière orientale. Ils avaient même eu l'idée de s'y constituer en Etat indépendant^ et ne renoncèrent à ces projets téméraires que sur les sages conseils du président Krûger. Depuis lors, ils vivent en bonne intelligence avec les autorités portugaises. On peut prévoir que les deux éléments se fondront peu à peu ensemble et constitueront avec le temps une nouvelle famille à^Afrikandrrs semblable à celle qui peuple déjà la moitié de l'Afrique du Sud.
Le d('veloppement de la race blanche sera d'ailleurs facilité par la nature du sol, qui se prête à toutes les sortes de cultures. En plaine, la canne à sucre, le café, le coton, prospèrent. Sur les hauts plateaux, on récolte les céréales et les fruits de la zone tempérée : le blé, le seigle, la vigne, etc. Quant à l'élevage, il a réussi au delà de ce qu'on pouvait espérer, et cette industrie est déjà si bien organisée que, lors de l'expédition du Dahomey, nos intendants ont pu s'adresser à Mossamédès pour assurer le ravitaillement de nos troupes.
Enfin, le pays paraît bien pourvu de richesses minières. Déjà le guano et le nitrate sont exploités sur la côte. Dans l'intérieur, l'or a été signalé de côté et d'autre et a fait l'objet de deux concessions importantes, l'une à la Cassinga concession Company, l'autre à la South African concession Company. (>('s deux sociétés, constituées à l'aide de capitaux anglais, ont acquis de la compagnie de Mossamc'dès le droit de rechercher et d'exploiter toutes les mines sur une grande partie de son
DES POSSESSIONS l'ORTUC. AISES IGo
territoire. Une Iroisicme concession est en voie (l'ôtre altribuôc aux docteurs. Esser et IToescli, qui demandent TOI) OOO hectares dans la vallée du rio Jabo, Tous CCS événements sont encore de date trop récente pour que l'on puisse juger de leurs conséquences, mais les nouvelles paraissent favorables, et les expéditions de recherches envoyées par les sociét('s intc-ressées sont revenues pleines d'espoir.
Somme toute, la compagnie de Mossamédès, où la France a mis de nombreux capitaux, a un bel avenir devant elle '. Jusqu'à présent, les résultats sont encore insignifiants, mais ce n'est pas en cinq ans qu'une affaire de cette nature peut se dégager des embarras et des difficultés de la première heure. D'autre part, il manque à la compagnie un débouché vers la mer. Elle a trois bons ports, mais aucun d'eux n'est sérieusement amé-
1 La compap-nie de Mossaméilèsa été constituée sous la forme anonyme le 2S février 1894, au capital de 13.750.000 fr. Le siège social est à Lisbonne. Le conseil est portugais, mais un comité français fonctionne à Paris. La majeure partie du capital a été souscrite en France. Le premier exercice 1894-95 a laissé un déficit de 72 000 fr. A la lin de 1897, ce déficit n'était plus que de 29 000 fr., ce qui tend à faire croire que l'ère des difficultés est passée. Le capital est représenté par un droit de propriété sur 23 millions d'hectares, des comptoirs à Mossamédès, Port-Alexandre, Cliibia, Hiimbé, une grande ferme à Ediva, des troupeaux, etc. Elle possède en outre 110 000 actions <le la Cassii)r/a concession et 200 000 actions de la South African concession Ci/, ainsi qu'un droit à une rente annuelle de 120 shellings pour chaque claim exploité par ces sociétés. Enfin, elle n'a aucune dette. Pour être moins tapageuse que sa redoutable voisine, la Chartered anglaise, la compagnie de Mossamédès n'en est pas moins dans une situation financière infiniment meilleure.