‹ La conquête de l'AfriqueChapitre 13 sur 76 · ALEXANDRE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE

11 était en relations avec les Arabes, les Indiens et tous les peuples de la Méditerranée. Il avait même envoyé des négociants dans le sud à la recherche des sources du Nil. Plus encore que lui, son fils Philadelphe encouragea le commerce. Il s'était entouré de hardis découvreurs, d'audacieux marins qui l'excitaient à de nouvelles entreprises. L'un d'eux, Timosthènes, remonta le cours du Nil, et, en soixante jours, alla de Syène à Méroé. Le même amiral explora aussi les côtes du golfe Arabique, et les décrivit avec soin. Aristocrène s'enfonça plus avant dans le sud, et, de concert avec Satyros et Eudémos, explora des contrées inconnues, d'où il rapporta de l'ivoire et des esclaves. Afin d'utiliser leurs découvertes, Philadelphe reprit le grand travail de Néchao et de Darius, la jonction de la Méditerranée et de l'Océan. Seulement il ne la tenta point par l'isthme de Suez, mais par le Nil. C'était un grand canal de cent coudées de largeur que pouvaient traverser les plus gros navires. On en suit encore aujourd'hui les traces. De plus il fonda sur les côtes de la mer Rouge les deux cités commerçantes de Bérénice et de Mios Hormos, que fréquentèrent les navigateurs des mers indienne et éthiopienne. Enfin, dans le pays des Troglodytes, c'est-à-dire sur la côte abyssinienne, il établit des colonies militaires ou commerciales, Adulis, Ptolémaïs, dont les ruines subsistent encore. Sous les règnes suivants continuèrent cette activité commerciale, ces voyages scientifiques et cette sage tolérance. Du côté de l'Orient, Alexandrie était alors en rapports suivis avec l'Arabie et avec l'Inde par des lignes de navigation régulières; avec Palmyre, déjà la reine du désert, par ses caravanes ; du côté de rOccident' avec la Grèce et l'Italie. Au sud, l'Ethiopie était parcourue dans tous les sens, et à des distances auxquelles ne parviennent que les plus intrépides de nos voyageurs contemporains. Même lorsque aux grands rois du début succédèrent des princes dégénérés, même lorsque l'Egypte devint la proie des factions, et commença cette longue décadence qui, pour elle, se termina par la ruine, elle conserva un certain éclat grâce à son commerce. Celte prospérité continua sous les Romains et sous les Arabes. Les Turcs seuls arrêtèrent ces progrès.

De toutes ces expéditions, la mieux conçue et celle qui faillit entraîner les résultats les plus inattendus fut le voyage autour de l'Afrique entrepris par Eudoxe de Cyzique. Ce vaillant capitaine était rié à Cyzique vers 155 ou 160 avant Jésus-Christ. Il avait de la fortune. Ilavait reçu une éducation développée, car il était au courant des problèmes qui préoccupaient le monde savant. Il recherchait les occasions de s'instruire, et, comme les Anglais de nos jours, ne reculait pas devant la pensée d'un

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voyage lointain, s'il pouvait croire que son instruction en serait augmentée. Envoyé en Egypte par ses concitoyens sous le règne de Ptolémée VII Physcon, et admis à l'honneur de conférer avec le roi et ses ministres, ce il s'enquit tout d'abord, raconte son biographe Strabon, des moyens de remonter le Nil, en homme avide de connaître les curiosités du pays, mais qui était déjà remarquablement instruit à cet égard »• Une circonstance fortuite changea le cours de ses idées, et dirigea son attention vers d'autres problèmes géographiques. A deux reprises il fut envoyé aux Indes par Ptolémée et s'acquitta avec honneur de sa mission. Au second voyage, lors du retour, il fut poussé par les vents vers a la côte qui s'étend au-dessus de l'Ethiopie », c'est-à-dire sur la côte d'Afrique, et probablement très au sud, car le pays était inconnu, et on ne comprenait pas la langue des naturels. Eudoxe « aborda successivement en plusieurs points et sut se concilier l'esprit des indigènes, en partageant avec eux son blé, son vin, ses figues, toutes denrées qu'ils n'avaient pas ». Il était donc aimé dans un pays où jamais n'avait pénétré d'Européen, car autrement les indigènes auraient connu le blé et le vin. Le soin avec lequel Eudoxe releva la côte « en se faisant indiquer les aiguades, et en réclamant des pilotes », prouve encore qu'il n'avait pas eu de devanciers dans cette partie du continent. Il avait même pris la précaution toute moderne « de se faire dicter un certain nombre de mots dans la langue du pays à l'effet d'en dresser des listes ». Il frayait ainsi la voie à ses successeurs et leur fournissait le moyen d'entrer en relations directes et immédiates avec les peuples récemment découverts. N'est-ce pas ainsi que, dès lors, ont procédé et procéderont tous les voyageurs sérieux ?

Aussi bien Eudoxe prenait tant de précautions parce qu'il avait déjà formé le grand projet qui devait immortaliser sa mémoire. Ayant trouvé \ors de son voyage aux Indes les débris d'un navire gaditan, transporté à cette énorme distance de son point de départ soit par la tempête, soit par la poussée incessante des vagues, il en concluait qu'un navire dirigé par une volonté suivie pouvait exécuter le voyage accompli par cette mystérieuse épave. Supposant, et c'est là sa grande découverte, que l'Afrique n'était pas inaccessible au midi, et que les Éthiopiens occidentaux et orientaux correspondaient par mer, persuadé en un mol qu'on pouvait faire le tour de l'Afrique, il espéra qu'un bon navire conduit par un pilote habile et résolu triompherait de tous les obstacles, et démontrerait ce que le hasard seul avait jusqu'alors indiqué.

Eudoxe n'avait pas eu à se louer de Ptolémée : il avait été accusé de

détournements considérables ; mais ce qui semblerait indiquer que Taocusation n'était pas sérieuse, c'est qu'on lui laissa toute sa liberté. Il en profita pour aller chercher hors d'Alexandrie les ressources dont il avait besoin pour entreprendre sa grande expédition, et revint tout d'abord dans sa ville natale. Il aurait voulu donner à ses concitoyens l'honneur et le profit de ses futures découvertes. Nul n'a jamais été prophète dans son pays. Les Cyzicéniens le traitèrent de visionnaire, et refusèrent de s'associer à son aventure. Eudoxe, sans se décourager, « met tout son bien sur un navire », et parcourt la Méditerranée, quêtant de port en port des protecteurs et des compagnons. Il se rendit d'abord à Dicasarchia, la moderne Pouzzoles, où il « fait annoncer à son de trompe son entreprise ». Dicœarchia était alors le port le plus considérable de ht côte italienne et un des plus importants de la Méditerranée. Ses projets furent goûtés. Non seulement il réussit à attacher à sa fortune quelquesuns de ces hardis matelots dont les desoendantsdevaient, treize siècles plus tard, être les premiers à se lancer dans les mers inconnues sur la foi de l'aiguille aimantée, mais encore entraîna quelques négociants auxquels il fit entrevoir dans un avenir prochain de fantastiques dividendes. De Dicœarchia Eudoxe gagna directement Massalia. Il y fut bien accueilli, non seulement parce que les Massaliotes ont toujours bien reçu les étrangers, mais aussi parce qu'il s'adressait à une population vive et intelligente,^ et que bien des imaginations durent s'échauffer à son ardente parole. Massalia fut une étape importante dans le voyage d'Eudoxe. Simple capitaine il était entré dans le port : il en sortit chef d'expédition.

Nous le retrouvons à Gadès, sur ce rivage fameux d'où, par une singulière coïncidence, s'élancèrent à la découverte d'un monde nouveau les hardis aventuriers du xv* siècle. Il était à l'avance assuré d'y trouver les renseignements et les secours dont il avait besoin, car la ville était remplie de négociants habitués aux grandes affaires, et qui connaissaient les côtes d'Afrique, puisqu'ils y envoyaient leurs navires et que de simples barques de pêcheurs s'aventuraient sur les côtes de Mauritanie jusqu'au Lixus. Les Gaditans, en effet, le reçurent si bien qu'il ramassa en peu de temps assez d'argent pour équiper, outre son navire, deux transports. Il les munit d'approvisionnements de tout genre, embarqua des musiciens, des médecins, des artisans et se lança dans l'inconnu.

Eudoxe gagna d'abord la haute mer, et son calcul était excellent, car les remous entretiennent le long des côtes une dangereuse agitation, tandis qu'au large les courants et les vents réguliers permettent de

suivreune direction normale; mais il eut à lutter contre les vents d'ouest, et ses compagnons effrayés le forcèrent à se rapprocher du rivage. Eudoxe avait le pressentiment d'une catastrophe : il ne céda qu'avec répugnance. Malgré le soin qu'il avait pris de confier la direction de la flotte à des pilotes qui avaient pratiqué ces parages, le plus gros des trois vaisseaux, celui qu'il montait, fut jeté à la côte par une forte marée, mais on sauva les marchandises et la meilleure partie de la carcasse même du bâtiment. Eudoxe répara vite ce malheur. Un troisième navire fut bientôt construit avec les épaves, et l'on reprit la mer.

Les auteurs anciens qui ont conservé le souvenir d'Eudoxe ne donnent que peu de détails sur la dernière partie de la navigation. « Il poursuivit son voyage, raconte Strabon, jusqu'à ce qu'il eût rencontré des populations dont la langue contenait les mêmes mots que ceux qu'il avait déjà recueillis dans ses listes, et il en conclut naturellement qu'elles étaient de môme race que ces premiers Éthiopiens. » Nous avons peine à croire qu'un explorateur aussi ardent, qu'un homme que rien encore n'avait arrêté, ni l'injustice de Ptolémée, ni la difficulté d'entraîner à une pareille entreprise des équipages et d'équiper des vaisseaux, ni le manque d'argent, ni même un naufrage, soit ainsi retourné en arrière au moment décisif, à la veille de voir ses efforts récompensés, et ait renoncé aux bénéfices de son entreprise, uniquement parce qu'il avait trouvé des indigènes parlant le langage qu'il avait observé dans un voyage antérieur. N'est-il pas plus probable ou bien que les provisions firent défaut et qu'il n'osa s'aventurer plus loin, ou bien ne fut-il pas forcé d'obéir à son équipage fatigué par une longue campagne et terrifié par les spectacles extraordinaires dont il était témoin?

On ne sait jusqu'à quel point Eudoxe s'est avancé. Les connaissances positives des Grecs et des Romains semblent ne pas avoir dépassé la côte de Guinée. Le voyage d'Eudoxe ne fournit aucune donnée nouvelle. Luimême croyait que les pays qu'il venait de découvrir touchaient aux États du roi Bocchus », c'est-à-dire à la Mauritanie. Il aurait donc reconnu les côtes du Sahara et de la Sénégambie, en partie celles de Guinée, et serait revenu sur ses pas en voyant le rivage s'infléchir brusquement à l'est. Telle est la partie certaine du voyage. Quelques écrivains, entre autres Pomponius Mêla, lui ont en outre attribué la découverte de toute une série de peuples fantastiques, Astomes et Arrhines, tribus sans bouches et sans nez, Monophtalmes à l'œil unique, Opislodactyles aux doigts retournés, Pygmées qui disputent leurs aliments aux grues. « Au delà de ces contrées désertes, raconte gravement Mêla, on rencontre des peuples

qui ne se font entendre que par gestes. D'autres n'expriment aucun son avec leur langue. 11 en est même qui n*ont pas de langue. Â ceux-ci les deux lèvres adhèrent. Ils adaptent à leurs narines un tuyau, par lequel ils aspirent la boisson, ou, quand ils ont faim, avalent les productions du sol. On en trouve même qui, avant l'arrivée d'Eudoxe, ignoraient l'usage du feu, et qui l'aimèrent tellement, dès qu'ils le connurent, que c'était pour eux un plaisir d'embrasser les flammes et de les porter dans leur sein. » Faut-il ne voir dans cette énumération que la fantaisie d'une imagination en délire, ou bien, à travers les fictions et les embellissements de commande, dégagerons-nous un certain fond de vérité? Remarquons néanmoins que nous sommes en Afrique, dans la terre des étrangetés, où les phénomènes inexplicables deviennent souvent des phénomènes mal étudiés et les peuples fantastiques des peuples mal observés. Sans trop forcer la vraisemblance, les tribus sans nez qu'Eudoxe aurait découvertes ne ressemblent-elles pas aux tribus de l'Afrique australe, dont en effet les lèvres épaisses cachent les nez épatés? Les peuplades qui ne parlent pas, nous les retrouvons sur les côtes occidentales du continent africain, dont les indigènes ont toujours été craintifs. Surpris par des étrangers dont ils ne connaissaient pas la langue, ils se taisaient ou cherchaient à s'expliquer par des signes, comme le feront tous les barbares qui, pour la première fois, verront des étrangers. Ceux dont les lèvres adhèrent rappellent les Hottentots, les Namaquas, qui se percent la lèvre supérieure en y introduisant une rouelle d'ivoire. Quant à ces peuples primitifs qui ne connaissaient même pas l'usage du feu, bien que cette ignorance nous semble fabuleuse, d'autres la partagent. Eudoxe se serait donc avancé peut-être plus loin qu'on ne pense, et quelques-unes des tribus découvertes par lui se retrouveraient à la rigueur en Afrique australe, mais rien n'est moins prouvé.

Eudoxe ne revint pas à Gadès. Avait-il été forcé, pour conserver son autorité, de sacrifier quelques-uns de ses compagnons, dont plusieurs étaient Gaditans, ou bien cherchait-il simplement un nouveau théâtre à son activité? On l'ignore, mais on le voit débarquer en Mauritanie et se rendre auprès du roi de la contrée, Bocchus, dans l'espoir d'organiser une seconde exploration de l'Atlantique. Bocchus l'accueillit avec faveur. Il lui accorda même toute sa confiance, et lui promit d'équiper à ses frais une flotte dont il lui confia le commandement. Tout s'annonçait bien, mais Eudoxe avait des ennemis. Ces envieux persuadèrent au despote africain que le Grec n'était venu en Mauritanie que pour étudier les ressources du pays et attirer sur ses traces une nuée d'étrangers nécessiteux.

Bocchus n'écouta plus que les conseils de Tégoïsme, et chercha à se dégager de la parole donnée : seulement, comme il croyait à la réussite de l'expédition et s'imaginait qu'Eudoxe gardait par-devers lui d'importants secrets qu'il dévoilerait une fois en route, il résolut de le laisser partir, mais ordonna à un de ses confidents de monter sur le même vaisseau, puis d'en prendre le commandement et de déposer le Grec dans une lie déserte. Ëudoxe, défiant comme un homme qui n'a pas eu à se louer des souverains qui l'ont employé, se tenait sur ses gardes. Il éventa le complot tramé contre lui, et, comme on le laissa libre de ses mouvements, il en profita pour gagner le territoire romain et revint dans cette Ibérie qui l'avait déjà si bien accueilli.

Gomme il était de la race des intrépides que rien ne décourage, Eudoxe résolut de faire appel à l'initiative individuelle. Il réussit à armer deux navires et.à embarquer de nombreux colons. 11 avait l'intention d'hiverner dans une île dont il avait naguère relevé la position, puis d'achever son vpyage, tel qu'il l'avait conçu dans l'origine. Aucun doute ne planerait désormais sur le problème géographique, dont il avait entrepris la solution. Ge problème, l'a-t-il résolu? A-t-il, en un mot, fait le tour de l'Afrique avant Gama? Nous ne pouvons rien affirmer, car nous ne connaissons pas le reste de ses aventui-es. Yoici pourtant comment Strabon termine son récit de la vie d'Eudoxe : « Ge que j'ai raconté de ses voyages suffit à démontrer que l'Océan décrit un cercle autour de la terre habitée ». Si donc Eudoxe n'a pas fait lui-même le tour de l'Afrique, en tout cas il s'est avancé très au sud sur les côtes orientales aussi bien qu'occidentales, et dès lors les connaissances géographiques acquièrent sur ce point une stabilité remarquable. Strabon parle à plusieurs reprises de la communication des mers entre elles, et admet la possibilité du périple de l'Afrique. Pomponius Mêla nomme « l'Afrique qui se termine en pointe ». L'auteur du périple de la mer Erythrée, sans doute quelque marchand qui vivait à la fin du i" siècle de notre ère, écrit ces mots significatifs : « Au delà de l'Azanie, l'Océan, jusqu'à présent inexploré, tourne à l'ouest, enveloppe des contrées qui regardent les parties méridionales de l'Ethiopie, de la Libye et de l'Afrique, et va rejoindre la mer occidentale ». Solin, au ni** siècle, affirme qu'on peut aller, avec un vent favorable, de Gadès aux Indes. Enfin les Arabes, héritiers des traditions et de la science antique, acceptent sans répugnance cette théorie. A Eudoxe reviendrait donc la gloire sinon d'avoir précédé Gama, en montrant à ses contemporains la route des Indes, au moins d'avoir reconnu une grande partie de la côte africaine, et d'avoir affirmé

une fois de pkis ce que peut la persévérance humaine aux prises avec les difficultés matérielles.

La comparaison entre Eudoxe et Colomb s'impose. Nés tous les deux dans un port de mer, curieux, ardents, enthousiastes, ils parcourent le cercle des connaissances de l'époque. Peu à peu ils se hasardent à des voyages qui passaient pour dangereux. Bientôt une unique pensée les occupe : ils voudraient frayer des voies nouvelles. L'un et l'autre arrivent avec peine à réaliser leurs projets. Eudoxe s'adresse aux villes commerçantes du bassin de la Méditerranée; Colomb est obligé de recourir à divers princes. Ils montrent tous les deux dans un magique horizon les richesses de l'Inde, et proposent d'aborder au même pays, l'un en faisant le tour de l'Afrique, l'autre à travers l'Atlantique. C'est en Espagne qu'ils réussissentet leur point de départ est le même. Vingt lieues à peine séparent Gadès de Palos. Un gros vaisseau et deux transports, telle est la flotte d'Eudoxe; une forte caravelle et deux grosses tartanes, telle est la flotte de Colomb et de ses associés. Bocchus voudrait enlever à Eudoxe l'honneur et le profit de ses découvertes; Jean II de Portugal, une fois maître des projets de Colomb, entreprend de les exécuter pour son propre compte. Un complot se forme contre Eudoxe; Colomb est victime d'une intrigue. Le premier- revient souvent dans les mêmes parages; le second entreprend quatre fois le voyage d'Amérique. L'un et l'autre subissent les mêmes traitements. On leur conteste des droits évidents ; on les abreuve d'amertumes. Toute leur vie ils ont souffert, mais rien n'a lassé leur persévérance. Colomb a réussi : son œuvre est immortelle. Eudoxe est à peu près inconnu. Son grand malheur est d'avoir été trop hardi pour son époque. Il n'eut qu'un tort, mais n'est-ce pas le suprême honneur que d'encourir un pareil reproche : il vécut seize siècles trop tôt.

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