CHAPITRE Vil
L'Afrique, à Texception des côtes septentrionales, fut à peu près délaissée par les peuples de l'Europe et resta terre inconnue et mystérieuse pendant les longs siècles du moyen âge. On n'a pour s'en convaincre qu'à parcourir les rares cartes de l'époque, que le hasard des circonstances a consei-vées jusqu'à nos jours. Qu'il s'agisse de la mappemonde des frères Pizzigani ou de celle de Hereford, des caries manuscrites du British Muséum, de Leipzig, de Turin, de Copenhague ou de celles que nous conservons à la Bibliothèque nationale, à Sainte- Geneviève ou à Reims, le littoral est toujours tracé comme au hasard. Tantôt il s'infléchit brusquement au sud de l'équateur pour aller rejoindre le golfe Arabique, tantôt il est comme terminé par une immense terre inaccessible « à cause des grandes chaleurs ». Des fleuves courent dans tous les sens, ici traversant des lacs énormes, là sillonnant des déserts. Les montagnes de la Lune sont marquées soit ail sud, soit au centre du continent. Çà et là des villes fantastiques ou des peuples étranges. Les traditions de l'antiquité se mêlent aux légendes orientales. Il en résulte une extrême confusion et une ignorance à peu près absolue non seulement de la topographie, mais aussi des habitants et des productions africaines. Les rares géographes du temps, plus ignorants encore que les cartographes, augmentent comme à plaisir la confusion, en enregistrant gravement les opinions les plus extraordinaires. Plus que jamais l'Afrique reste le pays des mystères. Deux peuples cependant vont, à l'aurore des temps modernes, dissiper ces ténèbres, et de nouveau lancer l'Afrique dans le grand courant de la civilisation. Ce sont les Français et les Portugais.
Si Ton en croit de respectables traditions, la France serait la pre»mière puissance européenne qui aurait déployé son pavillon sur les côtes africaines. Il se pourrait même que, dès le ix" et le x* siècle de notre ère, les Northmans, qui venaient d'être établis à poste fixe en Neustrie, eussent continué leurs courses vagabondes le long de l'Espagne et du Portugal et se fussent avancés sur le littoral de l'ancienne Mauritanie. La tradition l'affirme : mais est-elle bien authentique? Mieux vaut arriver tout de suite au xi*" siècle, au règne réparateur de Charles V, et raconter, en nous appuyant cette fois sur des documents historiques, les voyages entrepris par les descendants des « rois de la mer ».
Dieppe, vers le milieu du xiv® siècle, était le plus important de nos ports. Ses négociants étaient aussi actifs que ses corsaires étaient braves, ses matelols aussi vaillants soldats que hardis pêcheurs. Ils n'hésitaient pas à poursuivre en pleine mer la baleine ou le cachalot, et, dans leur ardeur, se laissaient emporter par la tempête à d'énormes distances. En l'année 1364, quelques armateurs dieppois s'associèrent, et firent partir pour les îles Canaries deux vaisseaux de cent tonneaux chacun. Emportés par « ce désir de gaaigner » qui jadis avait poussé leurs compatriotes jusqu'au fond de la Méditerranée, ils résolurent de profiter du voisinage pour visiter la côte d'Afrique et essayer d'établir des relations avec les indigènes. Ils furent bien accueillis par les nègres, qui leur apportèi'ent, en échange de verroteries et d'étoffes brillantes, de l'ivoire, de l'ambre et des cuirs. Après avoir successivement abordé au cap Vert et à Sierra Leone, ils s'arrêtèrent à l'embouchure d'une petite rivière, près d'un village qu'ils nommèrent le Petit Dieppe. Us y complétèrent leur cargaison, et revinrent en Normandie en mai 1365, très heureux de leurs découvertes et plus heureux des profits de leur voyage.
Les Normands causent volontiers de leurs affaires. On connut bientôt dans toute la Normandie l'heureux résultat de l'expédition. Quelques armateurs de Rouen proposèrent à ceux de Dieppe de tenter à frais communs un nouveau voyage. Quatre vaisseaux furent bientôt équipés. Les deux premiers devaient explorer la côte depuis le cap Vert jusqu'au Petit Dieppe et y charger de l'ivoire et du poivre. Les deux autres devaient pousser plus avant et ouvrir de nouveaux marchés. Ce second voyage fut également heureux. Les deux premiers navires étaient de retour à Dieppe en mars 1366 avec beaucoup de cuirs, de poivre et d'ivoire. Des deux autres vaisseaux, le premier s'arrêta sur la côte qu'on nomme aujourd'hui côte du Poivre, et dans le village de Grand Sestre, auquel les matelots donnèrent le nom de Paris. Il y
ramassa si promptement une telle quantité de poivre, qu'il ne voulut pas compromettre cette riche cargaison et revint à Dieppe. Le quatrième navire longea la côte appelée depuis Côte de TOr, et y récolta une grande quantité de poudre d or.
Les Dieppois, en apprenant ces heureuses nouvelles, furent comme saisis de la fièvre des voyages. En peu de temps ils installèrent sur toute la côte de Guinée de nombreux comptoirs. Les indigènes, attirés vers nos compatriotes par leur entrain sympathique, par leur absence de morgue, par la facilité de leurs mœurs, apportaient en abondance à ces comptoirs la poudre d'or, l'ivoire, les plumes d'autruche, les dépouilles d'animaux et surtout le poivre, « la malaguelte », que les Normands revendaient en France à des prix exorbitants. Peu à peu des relations régulières s'établissaient. Les Africains comprenaient même notre langue, et recevaient avec empressement ceux de nos compatriotes qui n'hésitaient pas à s'enfoncer dans l'intérieur du pays.
En novembre 1380, nouveau voyage de découverte. La Notre-Dame de Bon Voyage s'avance au sud de la Côte de l'Or et entre en relations avec des indigènes qu'on avait représentés comme moins traitables que les précédents. Elle y fonde le comptoir de la Mine. Quelques mois plus tard, en septembre 1381, la Vierge, le Saint-Nicolas et V Espérance partaient de Dieppe pour le nouveau comptoir. Les capitaines fondent de nouvelles loges à Pantin, Akara, Dabou et Cormentin, et vantent si bien les richesses de la contrée et la douceur des indigènes à leurs armateurs, que ceux-ci prennent la résolution d'y fonder une véritable colonie. Ce fut le premier établissement à poste fixe des Français sur le continent noir, et il grandit rapidement, car il fallut bâtir pour les nouveaux arrivants une église et un fort.
Cette prospérité ne fut pas de longue durée. Les Anglais avaient profité de nos discordes civiles pour envahir la France. L'heure était mal choisie pour fonder une France africaine, alors que la patrie était foulée par l'étranger, et que la Normandie devenait un des principaux théâtres de la guerre. Dès l'année 1413 la Mine était abandonnée. Nos autres comptoirs l'étaient déjà depuis plusieurs années. Peu à peu on renonça aux voyages à la côte de Guinée. Le souvenir même de ces aventureuses expéditions se perdit, surtout lorsqu'une autre nation, le Portugal, substitua son influence à la nôtre sur les tribus indigènes, et, plus jalouse de ses droits que nous ne l'avons jamais été des nôtres, non seulement chassa nos négociants des marchés dont ils avaient longtemps eu le monopole, mais encore nous enleva, par-devant
l'histoire et la postérité, la gloire légitime de l'avoir précédée dans ces régions.
Nous n'avons pas à renouveler ici le débat historique soulevé à ce propos. Le grand argument de nos contradicteurs est l'absence de documents officiels relatifs aux expéditions dieppoises. Il est certain que les relations authentiques des voyages de nos compatriotes aux côtes de Guinée ont disparu. Tous les documents, tous les journaux de bord qui, d'après un vieil usage, étaient déposés aux archives de l'amirauté à Dieppe, ont été brûlés lors du bombardement de cette ville par les Anglais en 1694. De même la partie la plus ancienne des archives de Rouen a été détruite par Charles VI, en 1387, lors delà révolte de la Harelle; mais, chaque jour, grâce à l'activité ingénieuse de nos savants, l'histoire se modifie et les erreurs se dissipent. De quelque greffe de campagne, de quelque sacristie où il dort depuis des siècles, de quelque armoire municipale peut sortir tout à coup une découverte importante. De ces découvertes tardives on a des preuves récentes, et tout justement à l'occasion des voyages de nos Normands sur les côtes d'Afrique. Il s'agit d'une lettre de Charles V, datée du bois de Vincennes (1^ juillet 1571). Ce document, conservé au Cabinet des titres, a été inséré dans le recueil des mandements et actes divers de Charles V. C'est un avis de paiement au chevalier Jacques dePencoedit de sept cents francs en or. « Nous envoyons notre ami et féal chevalier... devers notre très amé cousin le roy de... pour certaines choses qui touchent grandement notre honneur et le prolfît de nos subiez et de notre royaume. » Or à cette lettre est annexée la quittance de Pencoedit, en date du 24 juillet 1311. Le souverain dont le nom ne figure pas sur la missive royale y est nommé en toutes lettres. C'est le roi de Gosel, c'est-à-dire le souverain du pays d'Afrique appelé Gozola sur tous les portulans de l'époque, et qui paraît correspondre aux côtes de Guinée. Dès lors non seulement l'authenticité des voyages de nos compatriotes à la côte occidentale d'Afrique n'est-elle pas démontrée, mais encore la participation directe de la royauté à ces voyages?
Aussi bien il y a d'autres preuves encore de la réalité de ces fructueuses exjpéditions. Ce n'est pas Villaut de Bellefonds, auteur d'un mémoire sur les côtes d'Afrique appelées Guinée, présenté à Colbert en 1669, qui seul a gardé le souvenir de ces voyages. Bien avant lui, dès 1625, Samuel Braun avait raconté tout au long la fondation de la Mine par les Français. En 1643, le père Fournier, dans son Hydrographie, avait écrit ces lignes décisives : ce Avant que les Portugais nous
eussent enlevé la Mine, toute la Guinée estoit remplie de nos colonies qui portèrent le nom des villes de France dont elles estoient sorties. » En 1668, le médecin hollandais Dapper découvrait dans les ruines d'un fort de la côte africaine une pierre sur laquelle il pouvait encore lire les deux premiers chiffres du millésisme 1500. En 1687, Gabriel Ducasse retrouvait cette pierre et il ajoutait : « L'opinion commune des gens originaires du pays est que ce sont les François qui ont fait les premiers la découverte de cette coste avec quatre vaisseaux. Ils en racontent des particularités qui paroissent fabuleuses, et que les François ont séjourné longtemps sur le lieu. » Il serait facile d'alléguer d'autres autorités, par exemple ce curieux traité signé en 1687 par Louis XTV avec un roitelet africain de Guinée, le roi de Commendo, où il est dit : « La tradition s'étant toujours conservée depuis plusieurs siècles de l'amour et de l'affection que les rois mes prédécesseurs ont eue pour la nation françoise >>, etc.
Il y a mieux. En Afrique même, et également à Dieppe, il reste encore des traces encore persistantes des voyages et du séjour de nos compatriotes. La langue française se maintint longtemps en Guinée. « Monsieur, je vous remercie », répondait à Villaut de Bellefonds une princesse indigène dont il portait la santé. Au Grand Sestre, tous les habitants comprenaient et parlaient notre langue. « Ils n'appellent pas le poivre « sextos » à la portugaise,, écrit à ce propos Villaut, ni « grain » à la . Hollandaise, mais « malaguette », et, lorsqu'un vaisseau aborde, s'ils en ont, après le salut, crient : « Malaguette, tout plein, tout plein 1 « Tout à terre plein de malaguette !» On a prétendu que ce mot « malaguette^)* n'était pas français, mais il n'a d'équivalent ni en espagnol, ni en portugais, ni en italien, et dans la langue française du moyen âge il a toujours servi à désigner le poivre. Cette malaguette arrivait en telle quantité dans nos ports de Normandie, qu'on la taxait au quintal pour les droits d'entrée. Où donc nos matelots allaient-ils chercher la malaguette, sinon sur cette côte qui s'appelle encore Côte du Poivre, et dont ils avaient été les premiers à signaler les richesses?
Les Normands rapportaient également beaucoup d'ivoire des côtes de Guinée. Dès la fin du xv!** siècle, la ville de Dieppe, où abordaient ces navires chargés de cette précieuse denrée, eut comme le monopole de la fabrication des objets en ivoire. Les artistes de cette ville augmentaient la valeur de cette matière, que les marins allaient chercher sur la côte occidentale du continent africain, en la convertissant en cornes sculptées, en hanaps, en crucifix, en bracelets. La tradition s'est per-
pétuée, et, de nos jours encore, Dieppe est de toutes les villes de France celle dont les ivoiriers exécutent les travaux les plus nombreux et les plus délicats.
Les Dieppois ont donc réellement découvert et colonisé les côtes de Guinée au xiv* siècle. Nous avions le droit, et nous dirons volontiers que le devoir s'imposait à nous de remettre en lumière ces explorateurs trop oubliés.
Nous aurions également mauvaise grâce TV fyi
à passer sous silence les exploits, ceux-là incontestés, de deux autres Français, le Normand Jehan de Béthencourt et le Saintongeois Gadifer de la Salle. Ces deux vaillants compagnons étaient en quête d'aventures, lorsqu'ils se rencontrèrent à la Rochelle en 1402. Ils résolurent de chercher fortune au delà des mers, dans cet archipel des Canaries dont on commençait à parler vaguement depuis que le Génois Lancelot Maloisel, au xni* siècle, y avait fondé un établissement, et que les Portugais en disputaient la possession aux Espagnols. Il est probable que Béthencourt avait reçu en Normandie quelques informations sur ces îles de la part d'aventuriers français qui y avaient fait des incursions en compagnie de l'Espagnol AlonsoBeceiro. Il n'en connaissait pas exactement la situation, mais il en avait entendu vanter la richesse. Les deux associés débarquèrent à l'Allegranza, touchèrent à Graziosa, construisirent un fort à Lanzarote et allèrent visiter Fortaventura. Comme ils n'étaient pas en nombre pour conquérir ces îles, alors habitées par de belliqueux indigènes, les Guanches, Béthencourt passa en Espagne pour y chercher des renforts, olifant sculpté par les indigènes
. •. cp A li'iJ • DE LA CÔTE DE GUINÉE
et revmt en effet avec le titre de seigneur "^ ^ ^
des îles Canaries, que lui avait octroyé le roi de Gastille Henri III. Son collègue et lui réussirent à convertir au christianisme la plus grande partie des Guanches, et soumirent les iles de Fer et de Palma. Ils voiilurent étendre leurs conquêtes jusqu'aux .côtes d'Afrique, et s'embarquèrent avec vingt hommes seulement dans un bateau qui toucha au cap Bojador. De fâcheuses discussions s'étant élevées entre les deux associés, et le roi de Castille s'étant prononcé en faveur de Béthencourt, Gadifer renonça par dépit à ses droits sur les Canaries. Béthencourt au contraire y resta quelques années encore, bien résolu à y fonder un établissement sérieux. A diverses reprises il alla chercher et fit venir de Normandie des colons et ouvriers; mais il se lassa vite de sa conquête, en abandonna la jouissance à son neveu Maciot, et alla finir ses jours en Normandie. L'occupation des Canaries par la France ne fut donc que temporaire, mais le souvenir s'en est perpétué dans les iles, et, à l'heure actuelle, bon nombre d'insulaires se vantent encore de descendre du conquérant.
Ce fut seulement au xv!"" siècle que recommencèrent les expéditions françaises à la côte d'Afrique, et, cette fois encore, les Normands prirent les devants. Fidèles à leurs habitudes de prudence commerciale, ils se seraient peut-être contentés de glaner là où ils avaient jadis moissonné, s'ils ne s'étaient heurtés contre les Portugais qui les avaient remplacés dans la région et qui défendaient leurs droits avec une telle âpreté que les Normands en vinrent bientôt à de sanglantes représailles. Ils ne se contentèrent plus de négocier : ils s'improvisèrent pirates. Le vieux sang « des rois de la mer » s'échauQa, et les Portugais n'eurent que trop souvent à se repentir de ne pas avoir admis nos compatriotes au partage des richesses africaines. Le grand armateur dieppoisJean Ango, et ses capitaines, Jean Cousin, les frères Parmentier, etc., jouèrent dans cette guerre le rôle principal. Voici comment l'un d'entre eux, Jean Parmentier, décrivait la contrée visitée de préférence par ses collègues : « La Guinée fait partie de l'Afrique et touche aux côtes de Barbarie. Elle commence au cap Vert...; c'est la basse Ethiopie, dont les peuples parlent différentes langues et sont gouvernés par des rois assez nombreux, auxquels ils obéissent comme nous obéissons à nos princes; ces peuples sont idolâtres. Leurs habillements, formés d'une étoffe de coton, diffèrent toujours pour la forme. Depuis le cap Vert jusqu'à la rivière de Manicongo, on ne rencontre qu'un seul château ou foileresse, qu'on appelle le château de la Mine, où le roi de Portugal à placé une centaine de personnes pour commercer avec les nègres, qui
descendent des hautes terres avec de Tor et de la malaguette, et l'échangent aussi au rio'de Sestî, où se fait le plus grand commerce de la côte. Dans la partie de cette rivière qui est fréquentée par les Portugais, on ne voit aucune fortification ni bâtiment qui tienne pour eux plutôt que pour les Français, et, si les premiers en exportent des marchandises, ils sont obligés de les acheter aux naturels en payant des droits à leurs princes et rois, et en échangeant des marchandises, car ces peuples n'ont point de monnaie. Les Français sont reçus avec une grande satisfaction par les seigneurs du pays. «
C'est ce penchant qui poussait les nègres de Guinée vers la France qui exaspérait les Portugais, et les engageait à poursuivre avec acharnement et à traiter comme de véritables contrebandiers toUs ceux de noâ négociants qui tentaient fortune dans ces parages. Soit par ignorance, soit par indifférence, nos souverains ne firent rien pour encourager leurs sujets à parcourir ces pays où, comme l'écrivait Ango en 1532, « oncques chrestien n'estoit encore allé ». Ils finirent même par leur interdire tout commerce d'outre-mer. Nos négociants éludèrent cette impolitique ordonnance. Malgré de dangereuses surprises, malgré des interdictions que rien ne justifiait, ils ne cessèrent pas un instant de commercer aux côtes occidentales d'Afrique. Aussi bien n'était-ce pas le chemin des Indes Orientales, de ce pays de merveilles et d'enchantements dont tous les peuples convoitaient la possession, et ne fallait-il pas s'assurer des stations sur la route qui y conduisait? Cette belle ardeur ne dura pas. Au xvi* de même qu'au xiv* siècle, la guerre civile s'abattit sur la malheureuse France, et nos négociants, réduits à leurs propres ressources et découragés par des désastres répétés, renoncèrent peu à peu à ces lointains voyages aux côtes de Guinée. L'obstination portugaise triompha donc de la persévérance française, et nos négociants furent obligés de ne plus visiter ces comptoirs où, s'ils avaient été mieux secondés, ils auraient pu, dès le règne de Charles V, fonder une France Équatoriale.