‹ La conquête de l'AfriqueChapitre 25 sur 76 · MADAGASCAR · texte numérisé non relu

MADAGASCAR

progrès de la petite colonie. Son successeur Flacourt ne fut pas plus heureux, mais on connaît mieux son administration, car il nous a laissé la relation de son séjour à Madagascar. Grâce à lui, nous savons que les Français créèrent de nouveaux postes à Sainte-Luce, à Antongil, à Sainte-Marie, à Fénériffe, à la baie de Saint-Augustin et même sur l'île Mascareiihas, qui reçut alors le nom de Bourbon. Pour marquer de leur vrai nom tous ces nouveaux comptoirs, Flacourt appela Madagascar la France Orientale. Pendant sept années il présida à son développement et crut à son avenir. Il s'était pris d'amour pour ce ciel limpide et clément, et croyait à la perpétuité de l'occupation française. Son souvenir ne doit-il pas être conservé avec respect?

Sous les successeurs de Flacourt, l'influence française ne cesse de grandir à Madagascar. Peu à peu nos relations avec les insulaires devinrent plus sûres. Chacun de nos postes était comme un refuge, d'où rayonnait au loin notre influence. Fouquet et surtout Colbert, qui voulait faire de la grande île africaine le centre de nos possessions orientales, ne cessaient d'encourager les colons et les fonctionnaires qu'ils y envoyaient. Colbert accordait même au gouverneur le titre de vice-roi ; mais ses choix né furent pas toujours heureux. En 1670, un certain Delahaye, qui ne connaissait ni le pays ni les habitants, commit tant de maladresses que les insulaires, exaspérés, se soulevèrent contre sa tyrannie, se ruèrent sur nos établissements et massacrèrent nos malheureux compatriotes. Delahaye abandonna traîtreusement Fort-Dauphin et passa à Surate avec ses troupes. C'était un vrai désastre, et, par malheur, la France était alors engagée dans une série de guerres impolitiques qui lui ôtaient toute liberté d'action au delà des mers. En eflet, pendant tout le reste du règne de Louis XIV, aucune expédition nouvelle ne fut envoyée à Madagascar : il est vrai que nulle puissance européenne ne chercha à infirmer ou à menacer nos droits sur la grande île africaine.

Au xvm^ siècle, et malgré l'abandon dans lequel tombèrent les aflaires coloniales, les droits de la France furent soigneusement réservés et même revendiqués par une série d'actes et de décrets. On reprit même les projets de colonisation. En 1768, sous le ministère du duc de Praslin, un officier distingué, Fédherbe de Maudave, persuadé que la force était un mauvais moyen de persuasion, proposa un plan de colonisation basé sur le travail agricole. Il voulait abolir l'esclavage et autoriser les unions avec les indigènes. « Il s'agit, écrivait-il, de policer un peuple libre et de nous l'incorporer. La liberté indéfinie des mariages est un excellent moyen d'y parvenir.... La société est toute formée. Nous

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