ÉGORGEMENT DES ESCLAVES
heurtent aux préjugés indigènes; là, dans le Limbah et la Soulimamâ, ils sont tantôt exploités, tantôt respectés par les indigènes, qui les regardent comme des magiciens redoutables. La grande difficulté était l'alimentation de l'escorte, et aussi la nécessité de s'arrêter à chaque village pour entrer en pourparlers avec les roitelets africains et endormir leurs méfiances. Tous s'accordaient à dire que les sources du fleuve étaient sacrées, et que boire leurs eaux c'était s'exposer à une mort certaine. Nos explorateurs arrivèrent enfin à Tantafara. Ils voyaient déjà se profiler à l'horizon les montagnes d'où sort le fleuve, mais ils furent tout à coup arrêtés par le roitelet local, qui ne voulut pas les laisser aller plus loin.
Ils ne tinrent pas compte de ces interdictions et poussèrent en avant Aussitôt les indigènes prirent une attitude hostile. Zweifel et Moustier ne purent s'avancer que jusqu'au village de Foriab, et ils eurent la satisiaction de contempler de loin la source et le cours supérieur du Niger. Trois pics de granit se dressaient devant eux. De l'un de ces pics, le Tembi, s'échappe la source sacrée. Les voyageurs auraient bien vou\u s'en approcher davantage, mais le prêtre gardien de la source redoutait le contact des Européens qui détruisaient son prestige en éclairant les Africains. Promesses, menaces, tout fut inutile. On se heurtait contre une mau-