CHAPITRE IX
L'Angleterre s'est surtout révélée en Afrique comme puissance guerrière et conquérante. Qu'il s'agisse de l'Afrique Australe, où elle essaye de fonder un empire colonial aux dépens des indigènes et des anciens colons hollandais et portugais, de TAbyssinie, où elle écrase la puissauce naissante du négus Théodoros, ou bien de la côte de Guinée, où elle extermine les Achantis, l'Angleterre n'essaie même pas de se faire accepter : elle s'impose. Il est vrai qu'une fois maîtresse des pays qu'elle convoitait, elle les administre avec sagesse et s'efforce de les initier à la civilisation. Ennemie déclarée de l'esclavage, elle le poursuit avec ardeur dans tous les pays et sous toutes les formes. On peut ne pas éprouver de sympathie pour sa politique froidement égoïste, mais il faut rendre justice à sa fermeté, à son esprit de suite, et ne plus s'étonner du bonheur constant de ses entreprises.
C'est à l'extrémité méridionale du continent, au cap de Bonne-Espérance, que les Anglais établirent leur première possession africaine. Depuis que l'Inde leur appartenait, ils convoitaient cette magnifique possession stratégique et commerciale, mais ils ne pouvaient l'enlever à leurs alliés les Hollandais. En' 1793, lorsque se répandirent dans la colonie les idées d'indépendance qui étaient pour ainsi dire dans l'air, et que les colons hollandais chassèrent leur gouverneur et proclamèrent leur autonomie, les Anglais, qui guettaient celte occasion, intervinrent au secours de leur allié le stathouder de Hollande. L'amiral Elphinstone s'empara du Cap malgré la résistance désespérée des habitants, conduits au feu par le descendant d'une famille française réfugiée, Duplessis. Cette première occupation du Cap fut temporaire. A la paix d'Amiens, signée en 1802, les Anglais rendirent la colonie à la Hollande, devenue
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République Batave, mais ils ne l'abandonnèrent qu'à regret, et, à la reprise des hostilités, envoyèrent une véritable armée, commandée par David Bairds, reprendre possession du Cap. Le gouverneur hollandais Janssen essaya de résister. Il n'avait à sa disposition que des forces insuffisantes. Il fut battu et la colonie fut définitivement occupée par les Anglais. Les traités de 1815 consacrèrent cette conquête.
Afin de mieux asseoir sa domination, l'Angleterre prit tout de suite les mesures énergiques que commandaient les circonstances. Elle ne cacha pas non plus sa résolution d'abolir Vesclavage. Or les anciens colons, qui ne s'étaient résignés qu'avec peine à la perte de leur nationalité, ne voulaient pas renoncer aux avantages du travail servile. Associant leurs rancunes politiques à leurs intérêts froissés, ils annoncèrent leur résolution de résister à outrance. En effet, lorsque, en i8H, furent promulguées les lois pour la protection des esclaves, une révolte éclata. Elle fut durement réprimée, avec cruauté même, car on força les parents des principaux rebelles à assister à leur exécution. Aussi les haines s'envenimèrent, et, en 1834, lorsque l'Angleterre eut proclamé Tabolition de l'esclavage dans toutes ses colonies, les Boers résolurent d'émigrer en masse, afin de se soustraire à une domination détestée.
Le grand exode, ainsi qu'on nomme ce départ volontaire de tout un peuple, faillit ruiner la colonie. Poussant devant' eux leurs immenses troupeaux, entassant sur des wagons leurs familles et leurs mobiliers, les Boers, de même que les Germains leurs ancêtres, s'enfoncèrent dans les solitudes au nord. La nouvelle Chanaan où ils émigraient n'était qu'un territoire de passage, dont les indigènes se disputaient les meilleurs pâtis. Aussi les épreuves du début furent-elles rudes. Les uns, épuisés par la fatigue, périrent de faim et de soif dans le désert; les autres furent exterminés après d'effroyables combats contre les fauves dont ils troublaient le repos. Une bande, plus nombreuse que les autres, franchit les monts Drakensberge, sous la conduite d'un chef d'origine française. Peter Retief, et pénétra dans la splendide contrée connue sous le nom de Natal. Les Zoulous l'occupaient. Leur chef Dingaan promit des terres à Retief, et l'invita à se rendre à son camp,* au kraal de Kingkloof, pour y signer un traité définitif. Deux jours de suite ce ne furent que fêtes et danses. Le troisième jour, à un signal de leur chef, les Zoulous se jetaient sur les Boers, qui, pleins de confiance, s'étaient dispersés, et égorgeaient six cent quatre-vingts d'entre eux, femmes et enfants, blancs et Ilottentots. Cet odieux guet-apens eut lieu sur les bords du torrent de la Couronne Bleue, qui depuis a
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gardé le nom de Mord Spruit ou Ruisseau du Meurtre (1838). A cette nouvelle les Boers se réunirent et repoussèrent une première fois Dingaan dans son kraai. Quelques mois plus tard, conduits par André PretoriuSt ils le battaient de nouveau sur les bords du Bloed-river, s'emparaient du kraal et retrouvaient les squelettes de Retief et de ses compagnons. On reconnut celui de Retief à un lambeau de ses vêtements. Son portefeuille était encore intact et contenait l'acte de cession de Natal aux émigrés (décembre 1838). Les Boers, résolus à se maintenir à tout prix dans une région qui leur paraissait fertile, profitèrent des querelles intestines qui s'élevèrent entre Dingaan et son frère ' Panda, et obtinrent de ce dernier la cession de tout le pays entre le Tonguéla et TOumvolosi. Ce fut alors, en 1840, qu'ils fondèrent la République de Natalia, avec PietermariUburg pour capitale, et organisèrent leur gouvernement. Ils se croyaient en sûreté et s'knaginaient pouvoir enfin jouir du repos : mais ils allaient se heurter contre les Anglais.
Le gouvernemrat anglais, en effet, n'avait pas vu sans un amer regret l'émigration en masse des Boers. 11 n'avait pu s'y opposer : au moins résolut-il d'en profiter. Sous prétexte que le pays de Natal avait été placé en 1824 sous son protectorat, et qu'il importait de défendre les indigènes contre les attaques incessantes des Boers, le gouverneur Napier envoya une petite armée contre eux (1840). Le capitaine Smith, qui la commandait, fut battu par eux à Cenguéla et obligé de s'enfermer dans une redoute, où il resta bloqué jusqu'à l'arrivée d'un corps de secours qui s'empara du pays (juillet 1840) En 1845 un décret annexait le Natal au Cap, « attendu que tout pays habité par des sujets anglais est terre britannique ». En 1845 le Natal était érigé en gouvernement particulier, et en 1856 il formait une colonie tout à fait indépendante par son administration. Les Hollandais, cette fois encore, n'avaient travaillé que pour les Anglais.
Les plus énergiques des Boers ne se résignèrent pas à l'annexion du Natal. Ils se décidèrent à une seconde émigration sous la conduite d'André Pretorius, et fondèrent au sud du Vaal une seconde République, l'État libre de l'Orange. Elle s'étend sur un plateau ondulé qui des Drakensberge s'incline au nord-ouest vers les rivières Vaal et Orange. A ces deux grands fleuves aboutissent de petits tributaires, bordés de pacages magnifiques. De nombreuses collines accidentent la plaine, et donnent naissance à de charmants paysages. Le climat est très sain, à cause de la sécheresse et de l'égalité de la température. Les Boers
se croyaient à Tabri de toute revendication, mais les Anglais les poursuivirent dans ce nouveau refuge. Battu à Boomplats, proscrit, poursuivi à outrance, mais invincible dans son patriotique entêtement, Pretorius décida bon nombre de ses compatriotes à le suivre dans un troisième exil, et fonda entre le Yaal au sud, le Limpopo au nord, et les Drakensberge à l'est et au sud, une troisième République, le Transvaal dont il devint le premier président. L'Ângleteri-e le poursuivit de sa haine, mais, en 1857, fatiguée de l'inutilité de ses efforts, elle se ^décida à retirer ses troupes. Un commissaire spécial remit le pays aux Boers et signa avec eux la convention du 24 février, en vertu de laquelle étaient reconnues comme États indépendants les deux Républiques de rOrange et du Transvaal. C'était un grand succès pour les colons, La ténacité hollandaise avait triomphé de l'obstination britannique.
Pretorius ne jouit pas longtemps de son triomphe. Son fils Pretorius II fut élu à sa place président du Transvaal, et bâtit sur le versant de la mer des Indes une ville qu'il nomma Pretoria en l'honneur du fondateur de la République. En 1859 l'État d'Orange le choisit comme président, et il se trouva ainsi le directeur suprême des deux États ; mais l'Angleterre protesta contre cette réunion comme contraire aux traités antérieurs, et, comme Pretorius II n'avait ni les passions étroites, ni l'intolérance fougueuse, ni l'énergie de son père, il renonça à la présidence de l'Orange et retourna dans le Transvaal.
Son successeur Burgers aurait voulu assurer l'indépendance de ses concitoyens, mais il maintint l'esclavage, et continua à faire aux indigènes une guerre implacable. L'Angleterre, qui n'avait oublié ni ses prétentions ni ses rancunes, saisit ce prétexte pour intervenir et envoya à Pretoria quelques soldats commandés par le commissaire Theophilus Shepston (1877). Ses instructions étaient conçues de manière à justifier l'annexion, s'il croyait devoir la prononcer. Shepston n'hésita pas, et, le 12 avril 1877, s'appuyant sur les pétitions de quelques habitants, il déclara que « le territoire précédemment connu sous le nom de République africaine du Sud ferait partie du territoire britannique ».
C'était une iniquité flagrante. Rien ne la justifiait que le désir de l'Angleterre de fonder un grand empire colonial dans l'Afrique australe. La Hollande et la Belgique s'émurent de cette annexion. Des adresses furent rédigées où Ton faisait appel « à l'esprit de justice » de l'Angleterre. Ces démonstrations platoniques n'ébranlèrent pas la résolution du cabinet que présidait lord Beaconsfield. Des troupes de renfort furent même envoyées en Afrique, afin de rendre l'annexion
définitive. Les Boers retrouvèrent leur ancienne énergie. Sous le commandement de l'énergique Joubert, ils battirent en plusieurs rencontrés les troupes coloniales» et, le 27 février 1881, infligèrenjt même, au mont Majubo, un véritable désastre à l'armée du général Colley. « Nous nous ferons tous tuer plutôt que de consentir à la cession d'un pouce de terrain », avaient déclaré les membres du gouvernement. L'Angleterre comprit qu'elle se briserait à cette résistance désespérée. Elle ouvrit des Yiégociations, et, par le traité de Pretoria (3 août 1881), rendit au Transvaal son autonomie, mais à condition que les affaires extérieures seraient soumises au visa d'un résident anglais.
Si l'Angleterre, contrairement à ses traditions, s'était montrée si accommodante avec les Boers, c'est qu'elle se sentait alors menacée par les indigènes, qui, poussés à bout par ses exigences, venaient d'entrer en campagne. Ces indigènes appartenaient à la grande race des Cafres, qui, sous différents noms, Zoulous, Bassoutos, Betchuanas, occupent le pays depuis le Zambëze jusqu'au Cap. Ce sont de beaux hommes, au crâne allongé, au front bombé, au nez saillant, parfois même recourbé. Ils ne sont pas noirs, mais plutôt d'une couleur jaune brun. Ils eurent jadis leurs jours de gloire et de puissance. L'empire du Monomotapa fut autrefois célèbre. Zimbabyé, l'une de ses capitales, s'élevait au milieu de champs aurifères, et d'anciens auteurs portugais en parlent comme d'une mer\'eille. En 1871, le voyageur Mauch, qui explorait la région entre Vaal et Zambèze, a découvert des ruines disséminées sur un espace de deux lieues carrées. C'étaient des pans de muraille de dix mètres de haut sur cinq d'épaisseur, bâtis en blocs de granit agencés sans mortier, et. ornés d'inscriptions. Les débris d'une seule tour mesuraient 140 mètres de diamètre. Un autre voyageur, l'Autrichien Holub, a vu àTati, dans le pays des Matabélés, d'autres débris de constructions en pierre d'un caractère original, et qui sans doute se rapportent à l'ancienne civilisation cafre. La découverte récente de mines d'or dans l'intérieur du pays, et surtout ces constructions massives, que les traditions indigènes attribuent à une race légendaire d'hommes blancs, donneraient un certain poids à l'opinion qui voit dans ce pays le Sofala des Portugais, le Zophar des Arabes, l'antique Ophir, d'où les navigateurs phéniciens rapportaient de l'or au roi Salomon.
Les Zoulous sont, à l'heure actuelle, les représentants les plus belliqueux de la race cafre. Ce sont de beaux hommes, qui rehaussent leur grande taille en donnant à leur chevelure des hérissements extraordinaires. Leurs kraals se composent de cases de branchages entrelacés et
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assujettis au moyen de lianes. On peut facilement les transporter d'un lieu à l'autre. Les femmes se chargent de la besogne. Ce sont-elles encore qui travaillent aux champs^' rentrent les moissons, vont chercher les provisions de bois et soignent les enfants. Les hommes se contentent de chasser, de bavarder, et surtout d'absorber du tabac soùs toutes les formes. Us savent aussi se battre et viennent de prouver aux Anglais qu'ils ne sont pas de méprisables adversaires. Un de leurs chefs, Chaka, les a organisés d'une manière redoutable dans les premières années An siècle. Ce Néron africain avait enrégimenté toute la nation, et imposé la discipline la plus sévère à ses bandes. Dès Tannée 1816 il attaquait le Natal, alors occupé par de paisibles tribus pastorales, et en exterminait les habitants. Bientôt il fut le maître incontesté de tout le pays entre le Cap et le Limpopo. Quiconque refusait de se soumettre était massacré. Il avait réussi à inspirer à ses guerriers un tel fanatisme que mille d'entre eux, ayant reçu Tordre de se tuer pour honorer les funérailles de sa mère, obéirent et moururent le sourire aux lèvres. Il se plaisait à égorger lui-même ses captifs ou ses propres sujets, et leô bourreaux devaient, sous sa surveillance directe, inventer des tortures qui prolongeaient Tagonie des victimes. Le frère de ce tyran lui succéda en 4838. C'est ce Dingaan contre lequel eurent à lutter les Boers qui fondèrent la Natalia. Dingaan fut remplacé par Panda, et, en 1872, le (ils de Panda, Cetliwayo, devint le chef des Zoulous.
Jusqu'alors les Anglais avaient vécu en bonne intelligence avec ces barbares. Ils les favorisaient même pour tenir en échec lés Boers, et développaient leurs instincts belliqueux. Les relations d'amitié cessèrent brusquement en 1878, après l'annexion du Transvaal. L'Angleterre, en effet, avait bien accordé à Cettiwayo une rectification de frontières, mais elle prétendait lui imposer un résident anglais, et le forcer à renoncer au service militaire obligatoire dans ses États. Cettiwayo refusa nettement d'obéir. D'ailleurs il ne cachait pas son antipathie contre les missionnaires anglicans qui, sous prétexte de prêcher l'Évangile, cherchaient à recruter parmi ses sujets des partisans de l'Angleterre. La guerre devenait inévitable. Le 4 février 1879, quatre colonnes anglaises, commandées, sous la direction de Chelmsford, par les généraux Pearson et Wood et les colonels Glyn et Durford, envahirent le territoire des Zoulous. Les indigènes, bien armés et décidés à résister à outrance, furent d'abord partout vainqueurs. Le jour même de l'entrée en campagne, la colonne Glyn était surprise à Isandhlawana et détruite jusqu'au dernier homme. Les seuls survivants de la catastrophe furent les chiens,
qui, guidés par leur flair, rejoignirent Tarmée, mais efflanqués, mourant de faim, et le corps percé de zagaies. Le 12 et le 28 mars, deux autres coloimes étaient encore taillées en pièces. Chelmsford rallia les débris de ses troupes, et quand il eut reçu quelques renforts, reprît Tofiensive* Vainqueur à Kambula (29 mars) et à Ehowé (3 août), il pouvait poursuivre ses avantages, mais, avant de s'engager à fond pour une seconde campagne, il préféra attendre de nouveaux renforts. D'ailleurs les opérations, à cause de la difficulté des transports, ne pouvaient être poussées qu'avec une extrême lenteur. C'est dans cette période que périt dans une obscure rencontre l'héritier des Napoléons, le prince Louis Bonaparte (1* juin). Tombé dans une embuscade, il se défendit à coups de revolver et mourut en soldat. Chelmsford ordonna bientôt après la marche en avant, et, le 4 juillet, remporta en avant d'Ulundi la victoire décisive qui détruisit la puissance de Cettiwayo; mais il ne recueillit pas le fruit de cette laborieuse campagne, et, par ordre supérieur, céda le commandement à Garnet Wolseley. Ce dernier occupait Ulundi, la capitale des Zoulous, le 10 juillet, et, le 27 août, après une poursuite acharnée, s'emparait du chef zoulou. Sa dynastie était déclarée déchue, et le Zoulouland divisé en treize districts, sous des chefs nommés par l'Angleterre et soumis à la surveillance d'un résident anglais.
L'annexion du Zoulouland donna le signal de l'anarchie, et les Anglais, pour faire cesser la guerre civile, furent obligés de recourir aux bons offices du chef qu'ils avaient détrôné. Cettiwayo, conduit à Londres, où il prêta serment de fidélité à la reine Victoria, fut ramené à Ulundi; mais les chefs qui s'étaient partagé ses dépouilles ne voulurent plus le reconnaître, et la guerre continua. La mort de Cettiwayo en 1884 ne l'interrompit point. Les Anglais avaient attaché à leurs flancs de bien dangereux ennemis. Le fils de Cettiwayo, Dinizoulou, essaya bien de reconstituer l'ancien empire de Chaka et de Dingaan, mais il mourut en 1888. Néanmoins les Anglais paraissent aujourd'hui à peu près les maîtres du Zoulouland. Cette conquête leur a coûté bien cher, et elle est précaire. Les indigènes se sont, il est vrai, inclinés devant la force, mais ils n'obéissent que sous la pression des baïonnettes. Le dernier mot n'est pas encore dit sur la question du Zoulouland.
Deux autres régions voisines du Cap, le Bassoutoland et le Griqualand, furent annexées plus facilement. Les Bassoutos habitent vers les sources du fleuve Orange et de son affluent le Caledon. Ijcur pays est une sorte de Suisse africaine, aux sites ravissants, toute couverte de conifères odorants et parsemée de fraîches cascades. Les Bassoutos entrèrent en
lutte avec les Boers, qui les auraient expulsés de leur territoire sans l'intervention du gouvernement anglais. Il est vrai que, pour prix de sa protection, l'Angleterre prononça la réunion de leur territoire, l'équivalent de quatre de nos départements, à la colonie du Cap (1873).
Quant aux Griquas, tribu de l'Afrique australe issue du mélange des Boers avec leurs esclaves hottentotes, ils étaient déjà assez nombreux au commencement du siècle pour se cantonner dans les monts Roggewelde au nord-est du Cap. Poussés en avant par les Boers lors de la grande
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