Chapitre XIII
destiné à surveiller les Indiens encore sauvages qui habitent la Colombie anglaise. Cette immense contrée, qui formait autrefois le quatrième département de la compagnie de la baie d'Hudson, s'étend du grand Océan auxmontagnes Rocheuses, et desÉtats-UnisàTAlaska. Après larivièreSimpson (54 degrés 40 minutes latitude nord), elle prend le nom de territoire de Stekeen. En 1857, ^^^^ forma une colonie, en 1 870 elle fut réunie au Dominion of Canada. Sur les côtes, grâce aux courants du sud, le climat est assez doux, mais dans Tintérieuç il est âpre et rude. La végétation est cependant plus riche et plus belle que celle des contrées qui sont à Touest des Rocky Mountains et sous les mêmes latitudes. Les gisements d'or du Frazer, du Stekeen, les mines de Caribou et d'Ominica, découvertes en 1857, attirèrent un grand nombre d'émigrants, et la population, presque aussi mêlée que dans la Californie, commence-à se livrer sérieusement aux travaux de l'agriculture. Le sud de la Colombie deviendra un jour l'un des centres commerciaux du Pacifique.
Le commandant et tous les agents du fort Chilcotin reçurent les vovageurs avec déférence.
« Quand on me remit en dépôt le bicarbonate de soude et l'acide chlorhydrique, dit le commandant, et qu'on m'expliqua l'emploi réservé à ces agents chimiques, je vous déclare franchement que j'ai été incrédule. Je n'ai point songé à une mortification, mais j'ai cru, comme disent les Français, à une blague.
— Pardieu ! murmura entre ses dents Iwan de KisselofF, cela ne m'étonne pas de la part d'un Anglais.
— Recevez mes excuses, reprit le commaiidant, voire entreprise est hardie et votre œu\Te admirable. Je suis fier de vous recevoir et j'espère que vous accepterez Thospitalité que je vous offi^. Au fort Chilcotin, je m'efface devant vous; messieurs, vous êtes maintenant les maîtres absolus, commandez et vous serez obéis.
— Eh bien, monsieur de Kisseloff, dit doucement M"" Valdy, pour un Anglais, c'est bien parle, il me semble.
— Bah ! répliqua le Russe, il cherche à réparer sa bévue. •
Mais comme tout le monde, n'avait pas les préventions d'Iwan de Kisseloff, Valdy remercia vivement le commandant, et Pickerreek l'appela « brave homme •. 11 fut convenu qu'on déjeunerait au fort et qu'on repartirait ensuite pour se rendre au fort Simpson. Le commandant traita princièrement les voyageurs. Iwan de Kisseloff convint que certains Anglais avaient du bon.
Peut-être ne parlait-il que de leurs vivres.
Après le déjeuner, on appareilla pour le départ.
• Permettez-moi de vous donner un conseil, dit le commandant à Valdy; ne touchez point terre avant d'arriver au fort Simpson. Des Indiens sauvages, cruels et belliqueux, habitent les forêts et les steppes sur lesquelles vous allez passer;