‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 125 sur 234 · Chapitre XIII · texte numérisé non relu

Chapitre XIII

t A quelle hauteur se trouvent les nuages?

demanda Valdy.

— A 2,000 mètres environ, répondit Pickerreek.

— Allons au-dessus d'eux. »

L'aéronef s'éleva et perça les nues. Aucun rayon de soleil ne vint l'égayer. Il s'éleva encore, maiâ toujours en vain. La couche nuageuse, le croira-t-on? était épaisse de plusieurs kilomètres!

t Le plus sage est de courir des bordées, dit Pickerreek, nous n'irons pas vite, mais nous avancerons. •

Ce conseil fut aussitôt mis en pratique. Le Céleste se maintint à 500 mètres environ de terre et présenta obliquement son avant à la direction du vent. Dans les instants d'accalmie, il prenait une certaine avance et luttait avantageusement contre les rafales. Sans la pluie qui ne cessait de tomber, le retard eût été insignifiant. Enfin, après toute une longue journée d'efforts et de fatigues, l'aéronef s'abattit sur un rocher à côté de la Nouvelle-Arkhangel.

« Depuis notre départ d'Europe, dit Valdy, nous n'avons jamais autant navigué et si peu avancé qu'aujourd'hui, 17 septembre. Nous n'avons franchi que 300 kilomètres environ. »

Malgré le mauvais temps , les habitants de la Nouvelle-Arkhangel quittèrent leurs demeures et vinrent examiner le Céleste. Le gouverneur de l'Alaska, les facteurs, les principaux agents de la Compagnie russo-américaine, rivale de celle de la

baie d'Hudson, offrirent leurs bons offices aux voyageurs; ceux-ci les acceptèrent avec gratitude et pénétrèrent dans la \îlle, désireux, surtout, de réchauffer leurs membres raidis par le froid.

C'est une triste ville que la Nouvelle-Arkhangel; elle est sur la côte occidentale de Tîle de Sitka (archipel du roi Georges). Les fortifications, les habitations, les casernes, les magasins, les cales sont en bois. La population est d'environ i ,500 habitants.

Bientôt Valdy et ses compagnons s'asseyaient autour d'un poêle bourré de bûchettes de sapin et rouge de chaleur.

• Vous paraissez ne pas avoir bonne impression de notre pays? dit le gouverneur.

— Je vous avoue, monsieur le gouverneur, répondit Valdy, que je le juge assez défavorablement.

— C'est un peu votre faute. Vous nous arrivez au moment de l'équinoxe, au commencement de la saison des pluies, conditions climatériques qui nous envoient de longues tempêtes et répandent une humidité qui pénètre tout et rend nos arbres spongieux, mais le reste de l'année notre séjour est très- supportable. Si le territoire d'Alaska éprouve une température des plus rudes dans les pays baignés par la mer de Behring et par l'Océan arctique, il n'en est pas ainsi pour oeux qui avoisinent le grand Océan. Nous avons moins de froid que les contrées situées sous la latitude de Tîle de Sitka, mais en revanche plus de pluies et plus de brouillards.

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