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Chapitre XIII

« Pick, dit Valdy, dépêchez -vous. Et nous, aux armes ! »

Chacun prit une carabine, des revolvers et des munitions.

Les Tchougatches poussèrent des cris aigus; immédiatement ils furent rejoints par une soixantaine de guerriers de leur nation. Ce renfort accrut leur audace, et ils avancèrent en brandissant des lances, des tomahawks et des haches.

« Cré nom ! cria Pickerreek, je ne serai pas de la partie !

— M"® Valdy restera auprès de vous, dit Iwan de Kisseloff, nous ne voulons pas qu'elle s'expose. »

M"® Valdy souriait.

t Je n'ai point peurt, répondit-elle simple^ ment.

Les sauvages se rapprochèrent encore, confiants dans les quelques mauvaises armes à feu qu'ils possédaient. Un chef tira le premier coup de fusil.

t Ah ! mes mignons , vous commencez la danse, dit Cardounet; eh bien, nous vous fournirons les dragées. »

Une seconde balle passa au-dessus du Céleste.

« Feu 1 feu ! • commanda Valdy.

Les carabines éclatèrent comme un tonnerre.

Trois Tchougatches morditent la poussière.

• En avant! reprit Iwan de KissélofF; notfe attitude effrayera cette canaille. •

Les cinq hommes s'élancèrent au-devant des Indiens et déchargèrent presque à bout portant les deux premiers coups de leurs revolvers. Quatre ennemis tombèrent encore. Les blessés hurlaient comme des possédés. Ce premier mouvement intimida les Tchougatches, qui se figuraient que les visages pâles détenaient la foudre dans leurs mains, car ils ne connaissaient pas Tusage da revolver. Valdy commanda une décharge générale... Aussitôt les Indiens disparurent derrière la colline en proférant des menaces et en poussant des cris d'appel.

« Courons au Céleste^ dit Will Tooke, et partons. Je connais les mœurs de ces sauvages; ils vont revenir avec du renfort. Toute une horde se précipitera sur nous, et nous succomberions sous le nombre !

— Cest le parti le plus prudent», répondit Valdy. ^

En allant vers Taéronef, Dernghuiz aperçut, derrière un bouquet de saules nains, une tête bariolée de tatouages. Était-ce un retardataire, était-ce un éclaireur, une sentinelle, un espion? Le Tatar courut sur Tlndien; celui-ci, se voyant découvert, brandit son tomahawk et le projeta en avant. Dernghuiz esquiva le coup; puis, rapide comme la pensée, il passa derrière le Tchougatche et lui asséna sur la tète la crosse de sa carabine. Le sauvage roula à terre tout étourdi. Iwan de KisselofF vint aider son courageux serviteur. Tous les deux désarmèrent le prisonnier,

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